MARCHENOIR Alice, Lucie, Berthe, née CAMBOURDET

Par Gilles Morin

Née le 21 juin 1894 à Orléans (Loiret), morte le 30 mars 1988 à la Chapelle Saint-Mesnin ; ouvrière et syndicaliste à la manufacture de tabac.

Fille d’Alexandre Cambourdet, serrurier, et de Berthe Gasnier, Alice Marchenoir, titulaire du certificat d’études primaires se maria à Orléans le 24 janvier 1920 avec Joseph Marchenoir, cheminot. Elle entra dans l’administration des tabacs en 1912 à Orléans, puis fut mutée comme chef de service d’une section de machines à Paris en 1924.
Le couple habitat habitait Paris, (XIIe arr.), au 70 avenue du maréchal Michel Bizot. En 1935, elle était secrétaire du syndicat des ouvriers et ouvrières de la manufacture des Tabacs de Paris-Reuilly dont le siège était à la Bourse du Travail de Paris. Ce syndicat groupait environ 200 adhérents (voir Marchand Jeanne). Elle partageait les idées politiques de son époux, syndicaliste révolutionnaire, pacifiste, abonné au Libertaire.
Durant l’Occupation, le couple effectua une conversion. Ils adhèrent au RNP ((Rassemblement National Populaire de Marcel Déat) en juillet 1942, puis au Front social du travail. Elle obtint un congé en 1944, pour devenir secrétaire d’un responsable du parti ou de la Milice française selon les sources.
L’enquête après la Libération, recueillit des témoignages selon lesquels elle a manifesté durant toute l’Occupation des sentiments collaborationnistes. Elle aurait exalté la bravoure des Allemands, ainsi que les méthodes de ceux-ci et aurait approuvé l’envoi d’ouvriers en Allemagne, laquelle devait gagner la guerre selon elle. Mais elle n’aurait dénoncé personne. Elle prétendra devant la justice que c’est son mari qui l’a fait adhérer en même temps que lui.
À la Libération, des FFI vinrent les arrêter le 25 août 1944 mais, après explications, ne le firent pas immédiatement. Le couple quitta alors Paris et se réfugia à Arpajon (Essonne) chez l’épouse d’un ami, également cheminot et RNP. Elle fut mise à la retraite d’office le 1er septembre 1944 en raison de son attitude pendant l’Occupation.
Arrêté le 19 novembre 1944, libérée, elle a été arrêtée de nouveau le 27 décembre 1944, transférée à Fresnes le lendemain, puis mise en liberté provisoire le 28 mai 1945 après six mois d’internement. Son affaire fut classée sans suite par la Cour de Justice le 24 juillet 1945
Son mari, Joseph Marchenoir, né le 7 août 1896 a été interné à Fresnes, comme membre du RNP et Milicien. Il fut condamné à 5 ans de Travaux forcés et à la dégradation nationale le 19 octobre 1945.
Selon des témoignages, ils auraient eu chez eu un buste de Déat, avec cette dédicace "A Déat notre chef".

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article244691, notice MARCHENOIR Alice, Lucie, Berthe, née CAMBOURDET par Gilles Morin, version mise en ligne le 5 janvier 2022, dernière modification le 5 janvier 2022.

Par Gilles Morin

SOURCES :
Archives Nationales Z/6/83/1279. — Archives de la Préfecture de Police 1W1141/58650, 77W384/164597.

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