JAMIN Pierre, Théophile

Par Michel Thébault

Né le 25 février 1884 à Martaizé (Vienne), massacré le 22 août 1944 à Saint-Lambert-des-Levées, commune aujourd’hui rattachée à Saumur (Maine-et-Loire) ; marchand de bois, scieur, domicilié à Chouzé-sur-Loire (Indre-et-Loire) ; victime civile.

Pierre Jamin était le fils de Marie Jamin âgée de 24 ans. Lors de la conscription en 1904, il était domicilié avec sa mère à Pouancay (Vienne) au lieu-dit La Motte Bourbon et exerçait la profession de conducteur de machines. Il fit son service militaire d’octobre 1905 à octobre 1907 dans la 21ème section d’infirmiers militaires, envoyé en Algérie d’octobre 1905 à janvier 1907. Il se maria à Montsoreau le 26 février 1910 avec Adelaïde, Louise Loiseau. Il fut mobilisé le 1er août 1914 et fit toute la guerre dans des sections d’infirmiers militaires. Il fut cité dès 1914 à l’ordre de la 18ème DI avec la mention suivante : « n’a cessé depuis le début de la campagne de donner l’exemple du plus grand dévouement aux blessés et malades et s’est particulièrement fait remarquer dans l’accomplissement de son devoir professionnel » et reçut la Croix de guerre. Démobilisé en mars 1919 comme père de deux enfants, il revint s’installer à Montsoreau. Employé en octobre 1919 à la scierie de Vauzelles à Brain-sur-Allonnes (Maine-et-Loire) il devint ensuite marchand de bois et scieur de scierie mécanique et était en 1944 domicilié à Chouzé-sur-Loire, commune de l’Indre-et-Loire mais limitrophe du Maine-et-Loire à proximité de Saumur.

Dans la deuxième quinzaine d’août 1944, la situation des troupes allemandes au sud de la Loire devint de plus en plus difficile, les troupes américaines se trouvant au nord du fleuve. Les unités allemandes en position défensive sur la rive sud du fleuve avaient eu l’ordre de s’y maintenir afin de protéger le repli général des forces du sud-ouest. Placés sous le commandement du major Eckert environ 1500 hommes étaient chargés de défendre le front de Saumur, entre Trêves-Cunault et Candes. Harcelées par les forces FFI , ces unités montraient d’évidents signes de tension, procédant à Saumur à des tirs d’artillerie le 17 août sur les quartiers au nord du fleuve, puis le 19 et le 20 août en incendiant des maisons et en arrêtant et exécutant des civils (Saint-Lambert-des-Levées). C’est dans ce contexte que le 22 août 1944 à 22 heures Pierre Jamin fut abattu d’une rafale de mitraillette par un soldat allemand route de Rouen à Saint-Lambert-des-Levées. Il était âgé de 60 ans.

Il obtint la mention mort pour la France et son nom est inscrit sur le monument aux morts de Chouzé-sur-Loire (Indre-et-Loire).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article244692, notice JAMIN Pierre, Théophile par Michel Thébault, version mise en ligne le 7 janvier 2022, dernière modification le 7 janvier 2022.

Par Michel Thébault

SOURCES : Arch. Dép. Vienne et Indre-et-Loire (état civil, registre matricule) — Marc Bergère Une société en épuration, Épuration vécue et perçue en Maine-et-Loire. De la Libération au début des années 50. Éditeur Presses Universitaires de Rennes. 2004 — Augustin Girouard Le Charnier de Saumur Société des Lettres, Sciences et Arts du Saumurois tome n° 96 Janvier 1947, pages 63 à 71 — Mémorial genweb.

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