CARBONNEL Jean, Marie

Par Eric Panthou

Né le 18 décembre 1904 à Mur-de-Barrez (Aveyron), disparu le 8 août 1944 à Massiac (Cantal) ; ouvrier du bâtiment ; résistant au sein de l’ORA homologué FFI.

Fils de Jean Marie Carbonnel, 34 ans, cultivateur, et de Julie Manhès, 29 ans, coutuière, son épouse, Jean Carbonnel habitait Saint-Cirgues-La-Loutre (Corrèze) en 1944. Il était célibataire et il a travaillé durant l’Occupation sur les chantiers de Saint-Geniez-Ô-Merle en vue de la construction d’une usine Hydro Electrique. Ce secteur du Barrage de l’Aigle a été un foyer de Résistance important, aux limites du Cantal et de la Corrèze, en particulier des ouvriers Espagnols issus des groupement de travailleurs étrangers (GTE).
Il a rejoint la Résistance au sein du maquis de Pleaux (Cantal) relevant du groupe Eynard, de l’ORA du Cantal.

Il est décédé dans la nuit du 7 au 8 août 1944 à Bussac, commune de Massiac (Cantal). On ignore les circonstances de ce décès. Le même jour, Joseph Serre, Raymond Coudert dans la même commune. A-t-il lui aussi été fusillé ?
Depuis le 1er août 1944 le commandement allemand dans le Massif Central connaît de sérieux ennuis avec les volontaires de l’est. Les Azerbaïdjanais qui avaient accompagné la colonne Jesser, sont retirés et envoyés à Mende. Eugène Martres raconte :« Ils quittèrent le Puy-de-Dôme le 6 août ; ils étaient en marche vers Saint-Flour via Massiac le 7 août lorsqu’ils tombèrent dans une embuscade tendue sur la nationale 9, entre Lanau et le Babory. Un petit groupe de FFI du groupe Merla (Alllard) dirigé par le gendarme Gaston Thomassin attendait là une colonne allemande annoncée venant de Saint-Flour ; ce sont les Azerbaïdjanais venant de Lempdes qui se présentèrent. Thomassin et ses camarades attaquèrent au fusil-mitrailleur. Un habitant d’un village voisin témoigne qu’il vit de son grenier les Allemands charger des morts dans un camion et des blessés dans deux ambulances ; on retrouva sur les lieux 40 ampoules antitétaniques. Une dizaine de tués selon Fayard, 1 mort et 9 blessés selon Brodowski. Un FFI fut tué ou fusillé (Florin) ; les autres se retirèrent. C’est alors que Thomassin fut pris. Dans l’après-midi du même jour, la colonne allemande captura deux autres FFI (du groupe Allard) et les fusilla à la sortie sud de Massiac, route de St-Flour : Joseph Serre, Raymond Coudert ). L’ennemi apprit la présence de la 3è section de la compagnie Bertrand du groupe Fayard au nord de Massiac, entre Bussac et Chabannes. Dans la nuit du 7 au 8 août 1944 la colonne allemande s’y rendit. La section, qui se gardait, put se replier après une fusillade mais laissa un prisonnier (Carbonnel). Les germano-azerbaïdjanais gagnèrent St-Flour le 8 août avec leurs deux prisonniers (Thomassin - Carbonnel). Le 9 août les premiers éléments azerbaïdjanais continuèrent leur marche vers le sud : ils se heurtèrent près de Garabit à un groupe FFI (du maquis Revanche) commandé par Crevon (Pasteur) sans perte de part et d’autre -semble-t-il -. Le 11 août 1944 le gros de la colonne allemande quitta St-Flour pour Mende après avoir fusillé au pont de Freyssinet deux FFI arrêtés vers Massiac (Thomassin et un inconnu non identifié : Carbonnel ou un israëlite) ».
Les corps de ces deux résistants ont été trouvés le 13 août vers 16 heures dans le bois de Freyssinet. Une description précise en est faite dans le registre de l’état civil de Saint-Flour. Gaston, Paul Thomassin a ainsi pu être identifié (cheveux longs, blond foncé, ondulés et rejetés en arrière, blouson kaki avec ruban tricolore sur la patte d’épaule droite (...), alliance, chevalière avec blason de la ville de Nevers). Son compagnon anonyme ne semble pas être Carbonnel et la mention "circoncis" confirmerait qu’il s’agissait bien d’un "israëlite".

Son acte de naissance mentionne un jugement du 25 août 1955 du tribunal de Tulle qui a prononcé l’absence de Jean Carbonnel et l’a déclaré disparu depuis la nuit du 7 au 8 août 1944 à Bussac, commune de Massiac. Son corps n’a visiblement jamais été retrouvé. Il n’y a aucun acte de décès le concernant à Massiac.

Il a été homologué FFI pour la période du 15 juillet au 8 août 1944.

Son nom apparaît sur le monument aux Morts de Mur-de-Barrez, sur le Mémorial de l’Usine Hydro Electrique de Saint-Geniez-Ô-Merle et sur le Monument de Saint-Cirgues-la-Loutre (Corrèze).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article244715, notice CARBONNEL Jean, Marie par Eric Panthou, version mise en ligne le 8 janvier 2022, dernière modification le 10 janvier 2022.

Par Eric Panthou

SOURCES : SGD Vincennes, GR 19 P 15/59 : liste nominative des membres de la formation Groupement Eynard C10 ORA Cantal. — SHD Vincennes, GR 19 P 15/1 : liste nominative des tués, fusillés, déportés non rentrés du département du Cantal, dressée en 1947. — AVCC Caen,AC 21 P 38205, dossier Jean Carbonnel (nc). — SHD Vincennes, GR 16 P 105968, dossier résistant pour Jean Carbonnel (nc). — Le Maquis de PLEAUX. Groupement Eynard C10 - ORA site Xaintrie Passions. — Mémorialgenweb. — État civil Mur-de-Barrez (en ligne).

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