BARBÉCOT Jean-Baptiste [BARBEROT]

Né le 26 septembre 1822 aux Brotteaux (banlieue de Lyon, Rhône), mort le 13 décembre 1881 ; ouvrier charpentier ; militant ouvrier ; républicain.

Fils d’un cabaretier, Jean-Baptiste Barbécot était, dès la fin de la monarchie de Juillet, signalé comme militant du mouvement ouvrier lyonnais. En 1848, il fut élu conseiller municipal de la Guillotière (banlieue de Lyon, Rhône). Il participa, en juin 1849, à l’émeute de la Croix-Rousse (Rhône), ce qui lui valut, au 2e conseil de guerre, une condamnation à un an de prison et cinq ans d’interdiction de séjour. Voir Jean-Claude Chardonnet.

A la suite du 2 décembre 1851, il fut arrêté de nouveau (16 janvier 1852) et la Commission mixte du Rhône, qui voyait en lui un « affilié aux sociétés secrètes » et un « possesseur de plusieurs écrits socialistes », le condamna à la déportation en Algérie (Mers-el-Kébir). Il fut rapatrié en 1853. Selon une autre version, il aurait été mis en liberté le 16 juin 1852 et aurait encore fait cinq mois de prévention en 1854, dans l’affaire de la Vente La Sentinelle d’Annonay. A l’époque de ce procès de 1854 on disait de lui qu’il avait été affilié à la charbonnerie, était passé dans la société Montagnarde, qu’il était de celle des Voraces.

Au moment de l’attentat d’Orsini (1858), il fut incarcéré pendant six mois, comme membre des Invisibles, dans de si mauvaises conditions, qu’il contracta une grave maladie des yeux.
Après la chute de l’Empire, le 15 septembre 1870, il fut élu membre du conseil municipal de Lyon qui remplaça le Comité de Salut public. Officier d’état civil pour la Guillotière, il prit tout au moins une attitude conciliatrice sinon position contre le mouvement populaire du 30 avril 1871 qui, à Lyon, visait, entre autres objectifs, à soutenir la Commune de Paris.

Il conserva son mandat de conseiller municipal jusqu’en 1876. Il n’était plus alors qu’un républicain radical, hostile aux socialistes.
Le 28 mai 1872, un rapport du cabinet du préfet le prétendait toutefois « très populaire parmi la classe ouvrière de la Guillotière [...] chaud partisan de la Commune, libre penseur, franc-maçon... » et, selon la même source il était réputé « comme faisant bien ses affaires ». Sa femme était « Mère » des compagnons charpentiers. Il subissait, semble-t-il, l’influence de son ami, le Dr Crestin, leader radical lyonnais.
Voir parmi les militants ouvriers poursuivis en 1858 : P. Baton, Cl. Buchet, E. Cornu, Cl. Droux, B.-J. Pascot.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article24475, notice BARBÉCOT Jean-Baptiste [BARBEROT], version mise en ligne le 9 février 2009, dernière modification le 3 octobre 2018.

SOURCES : Arch. Nat., F 7*/2587. — Arch. Dép. Rhône, série M, Notice individuelle, n° 147. — Arch. Dép. Rhône, série M, Victimes du Deux Décembre. — Dr Crestin, Souvenirs d’un Lyonnais, Lyon, 1897. — Sébastien Commissaire, Mémoires, Lyon et Paris, 1888. — Justin Godart, Journal d’un bourgeois de Lyon en 1848, Paris, 1924. — Gazette des Tribunaux, 29 et 30 mai 1854, p. 526 (Barbecot) ; 26 juin 1858 (Barberot). — Notes de Pierre Baudrier.

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