RODSKIDSKI Eloi, Jean-Baptiste [Dictionnaire des anarchistes]

Par Dominique Petit

Né le 13 décembre 1856 à Paris (XIe arr.) ; mécanicien ; anarchiste parisien.

Photo anthropométrique Alphonse Bertillon. Collection Gilman. Métropolitan museum of art. New-York

Sa famille était d’origine polonaise, mais son père était déjà français.
Eloi Rodskidski tira au sort à Paris (XIe arr.) avec la classe 1876. Il servit cinq ans au 12e régiment de chasseurs à cheval à Rouen.
Le 19 mai 1883, il se maria à Paris (XXe arr.) avec Nathalie Rabiat. Ils eurent deux enfants.
En 1890, il était arrêté sous l’inculpation de viol d’un enfant mais avait été relaxé le lendemain.
Depuis 1892, il travaillait comme ouvrier mécanicien chez MM. Robert et Breton, décolleteurs de métaux, 21 rue Saint-Maur. Il gagnait 0,80 fr. de l’heure et travaillait 10 heures par jour.
Le 30 juin 1894, le Préfet de police délivrait un mandat de perquisition et d’amener à l’encontre d’Eloi Rodskidski et chargeait le commissaire Evrard du quartier de Bélair, au titre de l’article 10 du Code d’instruction criminelle, de procéder à la perquisition et à son arrestation. Il était soupçonné de participer à une entente établie dans le but de préparer ou de commettre des crimes contre les personnes ou les propriétés (art. 265 et 266 du Code pénal. Loi du 18 décembre 1893).
Le 1er juillet 1894, à quatre heure du matin, Paul Evrard, commissaire du quartier de Picpus et Bel Air, se présentait au domicile de Rodskidski, 180 rue du Faubourg Saint-Antoine, dans une chambre au 4e étage d’un hôtel meublé et le trouvait couché avec une femme.
La perquisition de la chambre ne permettait de saisir aucun objet suspect. Rodskidski était conduit au poste de police du quartier Sainte-Marguerite, puis au commissariat à 9 heures, pour être interrogé. Il déclara au commissaire qu’il n’était pas anarchiste : « Je n’ai jamais assisté à une réunion électorale depuis l’élection de M. Paterne, conseiller municipal du quartier de Charonne, du comité duquel je faisais partie, il y a de cela 5 ou 6 ans. Je ne sais comment il se fait qu’on me considère comme anarchiste. J’ai dû être dénoncé comme tel par des personnes qui m’en veulent. » Il était ensuite envoyé au Dépôt pour y être photographié par le service de l’identité judiciaire, dirigé par Bertillon.
Le 4 juillet 1894, il était présenté au juge d’instruction Anquetil devant lequel il réaffirma ne pas être anarchiste. Le juge le fit incarcérer à la prison de Mazas.
Le 5 juillet 1894, le juge écrivait au commissaire de police pour demander des informations complémentaire sur Rodskidski. Celui-ci répondait le 9 juillet, qu’il ne savait pas s’il avait des relations avec M. Paterne, ni avec les anarchistes.
Le 9 juillet le juge Anquetil le fit mettre en liberté.
Selon la Préfecture de police, Rodskidski avait été signalé comme étant un anarchiste militant. Il se serait vanté d’avoir en sa possession deux lettres que lui avait adressé Vaillant, mais il n’était pas connu comme fréquentant les réunions anarchistes.
Son dossier à la Préfecture de police portait le n°333.302.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article244763, notice RODSKIDSKI Eloi, Jean-Baptiste [Dictionnaire des anarchistes] par Dominique Petit, version mise en ligne le 9 janvier 2022, dernière modification le 11 janvier 2022.

Par Dominique Petit

Photo anthropométrique Alphonse Bertillon. Collection Gilman. Métropolitan museum of art. New-York
Fiche photo anthropométrique Alphonse Bertillon. Collection Gilman. Métropolitan museum of art. New-York

SOURCES : Archives de la Préfecture de police Ba 1500. — Archives de Paris. État civil et D.3 U6 carton 50.

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