VALOT Jean, Paul, Victor

Par Jean-Louis Ponnavoy

Né le 12 mars 1923 à Gerbéviller (Meurthe-et-Moselle), exécuté sommairement le 17 août 1944 à Maixe (Meurthe-et-Moselle) ; résistant du mouvement CDLL et du BOA homologué aux FFC, aux FFI et DIR.

Jean Valot était le fils de Raymond, receveur des contributions indirectes, et de Aline Valot, brodeuse. Il avait une sœur, Simone née en 1920. La famille était domiciliée rue Maurice Barrès, à Gerbéviller (Meurthe-et-Moselle).
Dès fin 1940, étudiant en médecine dentaire, il participa à la fronde contre l’occupant et anima avec ses camarades universitaires un noyau de futurs résistants qui allaient former le secteur 416. Il adhéra au mouvement "Ceux de la Libération" et fut un des premiers maquisards du département de Meurthe-et-Moselle, à Badonviller, la Chapelotte, puis après la dissolution de ce dernier, Parroy. Il rejoignit ensuite le Groupe Maquis BOA, secteur 416 de Lunéville où ses services furent homologués du 15 novembre 1942 au 16 août 1944.
Le 16 août 1944, une équipe de résistants du secteur 416B composée de Paul Banzet, Jean–Pierre Hertz, François Peyre, Jean Claude Peyre et Jean Valot, se sentant menacée, dut s’éloigner de Lunéville (Meurthe-et-Moselle) et trouva refuge dans une sape de la 1ère Guerre mondiale à proximité de la forêt de Parroy, sur la commune de Raville. Ils y furent surpris par un détachement de parachutistes allemands qui cantonnait à Einville (Meurthe-et-Moselle) et se rendait au terrain d’exercice de Jolivet.
Jean Valot abattit l’officier qui commandait le détachement, mais rapidement submergés par le nombre, les cinq hommes furent encerclés. Jean Valot fut blessé et fait prisonnier et Jean Claude Peyre fut frappé à mort au moulin de l’Étang ou de Raville (nom donné par la Résistance), à Einville-au-Jard. Jean Valot fut conduit au siège de la Sipo-SD, à Lunéville et torturé ainsi que Jean Chrétien qui avait été capturé peu après. À un officier allemand qui leur promettait la vie sauve s’ils parlaient, Jean Valot répondit avec courage : « Nous savons ce que vaut la parole d’un officier allemand, vous pouvez nous tuer tout de suite, nous ne parlerons pas ». Leurs corps seront retrouvés huit jours plus tard à la Sape du Bois de Saurupt, à Maixe.
Les trois autres maquisards réussirent à s’échapper en entendant la fusillade.
Jean Valot obtint la mention « Mort pour la France » et le titre de "Déporté et interné résistant" et fut homologué au grade de lieutenant des Forces françaises combattantes (FFC) et des Forces françaises de l’Intérieur (FFI).
Il fut élevé à titre posthume au grade de Chevalier de la Légion d’honneur par décret du 20 mai 1947 publié au JO le 23 mai 1947 avec la citation suivante : "Chef du secteur de Lunéville, a volontairement participé à plusieurs actions de sabotage, notamment à la destruction de la sous-station de Hériménil. Résistant de la première heure, par son dévouement et son courage, a réussi à réceptionner un parachutage d’armes dans des conditions périlleuses. Blessé, a été sauvagement torturé et assassiné par les allemands le 16 août 1944 à Raville-sur-Sanon. "Croix de guerre avec palme". Il reçut également à titre posthume la Médaille de la Résistance par décret du 04 octobre 1954 publié au JO le 14 novembre 1954.
Son nom figure sur la plaque commémorative "A la mémoire des combattants de la Résistance tombés héroïquement pour la Libération de la France le 16 août 1944", à Einville-au-Jard, sur le monument aux morts, la plaque commémorative FFI, le monument commémoratif FFI, et la plaque commémorative 1939-1945 de l’église Sainte Jeanne d’Arc, à Lunéville (Meurthe-et-Moselle).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article244796, notice VALOT Jean, Paul, Victor par Jean-Louis Ponnavoy, version mise en ligne le 10 janvier 2022, dernière modification le 10 janvier 2022.

Par Jean-Louis Ponnavoy

SOURCES : Service historique de la Défense, AVCC, Caen, Cote AC 21 P 167289 (nc) ; SHD, Vincennes GR 16 P 583971 et GR 19 P 54/9 page 20.— La bataille de Lorraine Action des Forces françaises de l’intérieur.— Mémoire des Hommes.— Mémorial Genweb.— Recensements de population 6 M 33/220 années 1926 à 1936.

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