BASSET Léonce, Léonard [Léonard, Léonce sur l’acte de naissance]

Par Robert Kosmann

Né le 11 octobre 1845 à Cognac-le-Froid (Haute-Vienne), mort en mai 1914 à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), médecin, militant républicain puis blanquiste, boulangiste, puis radical, maire de Châlus (Haute-Vienne) de 1878 à 1880 puis maire de Saint-Ouen en 1881, 1887, puis de 1888 à 1889 et de 1896 à 1898.

Léonce Basset, fils de Laurent Basset (27 ans), percepteur des contributions indirectes et de Léonarde, Julienne Montazaud Durand (25 ans), vécut son enfance à Cognac-le-Froid (Haute-Vienne), puis entama des études de médecine à Paris, il obtint son diplôme de docteur en médecine en 1870 au Val-de-Grâce, puis partit à l’armée au 1er bataillon des mobiles de la Seine qui se trouvait à L’Ile-Saint-Denis. Il participa au combat d’Epinay.
Après l’armistice il termina ses études à la faculté de Montpellier où il fonda la « Fédération Républicaine des Écoles ». Pendant ses études parisiennes il avait été le président des Étudiants Républicains.
Il s’installa en 1872 à Châlus (Haute-Vienne) près de son père. Pour avoir combattu « l’ordre moral » il fut traduit quatre fois en correctionnelle. Il fut élu maire de la ville de 1878 à 1880.
Il s’installa ensuite à Saint-Ouen (Seine Seine-Saint-Denis) et participant à une coalition il fut élu maire de la ville le 22 janvier 1881 comme maire « radical-républicain ». Il démissionna de sa fonction en novembre de la même année.
Léonce Basset fut considéré par ses contemporains comme un « personnage trouble, ambitieux » et comme une « girouette politique ». [Il appartint successivement aux radicaux républicains, puis se réclama des socialistes révolutionnaires (blanquistes) partisans d’Edouard Vaillant, s’en éloigna, en 1890, en soutenant une partie d’entre eux qui approuvaient le général Boulanger. Il fut candidat « républicain-socialiste-révisionniste » à la députation en 1891. Il se fit réélire, par la suite, de nouveau comme radical-socialiste en opposition à un autre candidat socialiste malgré une forte contestation dans son propre groupe : « On ne pouvait pas voter pour d’autres ! ». Dans un bilan de son action, il fut critiqué en 1904 par le journal républicain pro-gouvernemental le « Journal de Saint-Denis » comme « atteint de nationalisme et ayant été inoculé par le virus anti-juif ».
Pourtant il conserva un électorat qui lui manifesta sa confiance, il fut réélu pendant dix-neuf ans, sans interruption comme conseiller général de la Seine (1893-1912).
Le 30 avril 1887 il avait été élu maire de Saint-Ouen soutenu par le conseil municipal blanquiste. C’est sous son mandat que furent créées une crèche, une boucherie et un abattoir municipal et que fut supprimée la fête patronale.
Il fut démis rapidement (31 août 1887) de ses fonctions à l’occasion de la distribution des prix aux écoles jugée « contraire à la morale ». Les livres incriminés traitaient « des femmes et la révolution », des chansons d’Eugène Pottier et des traités de médecine. Il fut alors remplacé par Jean Pernin le 3 novembre 1887. Léonce Basset resta conseiller municipal.
Léonce Basset fut réélu maire de Saint-Ouen le 19 mai 1888 après que Jean Pernin lui ait rendu son fauteuil. Durant cette nouvelle mandature Léonce Basset suivit la politique de son conseil municipal révolutionnaire blanquiste. Il participa à la création de la première Bourse du travail de la ville dans les locaux de la mairie « pour soustraire les travailleurs des deux sexes à l’exploitation des bureaux de placement » et pour faciliter leur recherche d’emploi. Il soutint l’ensemble des grèves locales et nationales de la période (terrassiers, verriers) et dans une conférence il intervint sur l’historique des grèves de Decazeville et de Vierzon de 1886. Devant la cherté de la vie il suivit la proposition de son conseil pour la création d’une boulangerie municipale, qui fut refusée par le préfet. Il refusa également le renouvellement des crédits à la police de Saint-Ouen.
Un an après son élection Léonce Basset démissionna de nouveau le 11 mai 1889, laissant une seconde fois la place à Jean Pernin.
Le court épisode de la popularité du général Boulanger eut une influence à Saint-Ouen en divisant la majorité blanquiste. En août-septembre 1891, les boulangistes se présentèrent aux élections municipales sous une étiquette « Liste de concentration républicaine socialiste révisionniste » dirigée par Léonce Basset. Elle ne fut pas élue.
Le 5 septembre 1891 le maire Jean Pernin fut révoqué avec l’ensemble du Conseil municipal qui avait protesté contre le massacre de Fourmies. Le Conseil fut dissous par le préfet, les électeurs audoniens soutinrent la municipalité sortante et la même liste blanquiste fut réélue intégralement dont Léonce Basset fit partie.
En 1893, Léonce Basset fut candidat aux élections du Conseil général de la Seine, il fut élu au second tour. Il fut également candidat à la députation en 1893 pour « l’Union des comités républicains-socialistes-révisionnistes » dans la deuxième circonscription de Saint-Denis mais ne fut pas élu.
L’année 1896 avait marqué un changement politique pour la ville de Saint-Ouen, les socialistes révolutionnaires perdirent la municipalité au profit des radicaux-socialistes. Léonce Basset qui avait changé d’orientation dirigeait la liste intitulée « Union républicaine radicale et socialiste ».
Il fut élu maire le 16 mai 1896. Pendant son mandat furent votées la création d’une pharmacie municipale, d’un hôpital et d’une clinique ophtalmologique.
En 1898 il fut candidat aux élections législatives sous une nouvelle étiquette de « radical-socialiste-indépendant », battu il démissionna de son mandat de maire le 26 mai 1898 en espérant provoquer une nouvelle élection qui lui serait favorable. Une élection complémentaire eut lieu en juillet suivant mais Léonce Basset fut battu et ne retrouvât pas son poste. En 1902 dans un cadre de vive division à l’intérieur du même camp radical-socialiste il dirigea au premier tour une liste arrivée en quatrième position qui fut battue.
Il se représenta en 1904 aux élections du Conseil général en tant que candidat sortant, cette fois comme « candidat radical-socialiste » « antirévolutionnaire », réélu, et à nouveau, dans la confusion des listes et des appartenances, dans la même orientation, renouvelé pour un troisième mandat en 1908.
En 1908, toujours radical-socialiste mais indépendant il mena une « liste Basset » aux élections législatives qui n’obtint que très peu de voix.
Léonce Basset décéda le 23 mai 1914, il fut inhumé au cimetière communal de St Ouen, puis transféré le 23 juillet 1928 dans son ancienne commune de Châlus. Une petite rue à Saint-Ouen créée en 1929 porte son nom : la rue du Docteur Léonce Basset.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article244867, notice BASSET Léonce, Léonard [Léonard, Léonce sur l'acte de naissance] par Robert Kosmann, version mise en ligne le 14 janvier 2022, dernière modification le 14 janvier 2022.

Par Robert Kosmann

SOURCES : Archives communales de Saint-Ouen : Léonce Basset éléments de biographie, ville de Saint-Ouen service Archives-Documentation-patrimoine. Gray Ernest Nos Ediles, Ed. La Nouvelle Revue Française illustrée, 1895. — Kernoa Catherine, Saint Ouen, du village à la ville industrielle (1830-1914, maîtrise d’Histoire contemporaine, Paris I, sous dir. M. Agulhon et A. Corbin, 1990. — B. Épin, J. Lefort, Chez nous à Saint-Ouen, Temps actuels, 1982. –- Félix Barbier, magazine A saint Ouen, n°10 octobre 2003. — Brunet Jean-Paul, Saint-Denis la ville rouge 1890-1939, Hachette, 1980. — Site Filae.

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