MONINO Marguerite [née ORLIANGES Marguerite]

Par Paul Boulland, Rachel Mazuy, Claude Pennetier

Née en décembre 1906, morte en avril 2004 ; militante communiste ; secrétaire de rédaction de Mon Camarade ; Membre du SRI en Espagne ; résistante ; directrice de la librairie Racine, rue Racine à Paris, librairie liée au Parti communiste.

A Madrid en 1938 et Marguerite Monino (à droite) et la Bibliothèque du Combattant pendant la guerre d’Espagne - © Pascal Convert, Joseph Epstein - Bon pour la légende, 2007
A Madrid en 1938 et Marguerite Monino (à droite) et la Bibliothèque du Combattant pendant la guerre d’Espagne - © Pascal Convert, Joseph Epstein - Bon pour la légende, 2007

Marguerite Orlianges était fille d’un militant socialiste membre de la SFIO jusqu’à la fin de ses jours. Issu d’une famille paysanne corrézienne, il travaillait comme entrepreneur de travaux publics.

Elle adhéra au Parti communiste en octobre 1924 sous l’influence de sa sœur aînée Yvonne Clavel et de son beau-frère Louis Clavel. Une autre sœur, Marie Orlianges, milita au Parti communiste jusque vers 1929-1930. Au moment de son adhésion, Marguerite Orlianges terminait son baccalauréat au lycée de Fontainebleau (Seine-et-Marne) et fut reçue à l’École des arts décoratifs. Elle suivit les cours d’initiation au marxisme de Charles Rappoport à Fontainebleau en 1925.

Militante communiste du VIe arr. de Paris, très liée au milieu des intellectuels communistes, amie de Paul Vaillant-Couturier, Marguerite Orlianges travailla chez Gallimard dans les années trente, comme "responsable du cabinet de lecture" à la NRF jusqu’en 1936. En avril 1931, Adrienne Monnier avait également signé pour elle un certificat de travail. Elle fut également secrétaire de rédaction de la revue communiste pour enfants Mon Camarade (1933-1939), dirigée par Georges Sadoul, dans laquelle sa soeur Yvonne Orliange-Clavel écrivit des articles. Durant l’été 1934, elle effectua avec Yvonne un voyage en URSS dans la délégation d’étudiants, de professeurs du primaire et du secondaire invitée en août par le Narkompros (commissariat du peuple à l’Éducation).

En 1934 toujours, elle avait rencontré son futur mari, Juan Monino, fils d’un aristocrate désargenté. Durant la Guerre d’Espagne, ce dernier devint officier dans l’armée républicaine espagnole et servit en Andalousie. Capturé par les franquistes, il ne retrouva la liberté qu’en 1943. Marguerite Orlianges, devint Marguerite Monino en Espagne, où elle arriva avant la guerre civile. Entre 1936 et 1939, elle travailla pour le Secours rouge international. Introduite par un ami de sa famille, Ettore Quaglierini, surnommé Pablo Bono, ou le Grand Pierre, auprès de Luigi Longo (Gallo), commissaire général inspecteur des Brigades Internationales, on lui donna pour tâche de créer des bibliothèques et des journaux muraux pour les combattants. En lien avec les Brigades internationales, elle s’occupa donc d’une bibliothèque itinérante (La Bibliothèque du combattant). Elle fut blessée d’un éclat d’obus à la tête en mars 1937, mais continua par la suite ses activités. Elle aurait adhéré au parti communiste espagnol durant cette période.

Avec Mathilde Taurinya-Péri et Pauline Marty, elle fit partie de ceux qui prirent en 1939 le dernier bateau qui, depuis Valence, rapatriait les Brigadistes et les Républicains espagnols en France. Enceinte de son fils José, elle accoucha en France en décembre 1939.

Elle refusa la proposition de Denise Ginollin, la secrétaire de Maurice Tréand de participer à la re parution de l’Humanité. Elle avait repris contact avec le PCF et la CGT en 1940, par le biais de plusieurs de connaissances d’avant-guerre dont faisait partie Paul Epstein, Georges Mercader (frère de Ramon Mercader) et sa compagneGermaine Frère (Germaine Luciani), mais aussi Joseph Minc et Frejda Strykowska-Tollet (Frana Tollet), l’épouse d’André Tollet.. Résistante, elle fut agent de liaison dans un groupe communiste composé de plusieurs militants polonais immigrés comme Paula et Joseph Epstein,, fusillé par la suite au Mont-Valérien en avril 1944. À la demande d’Epstein, elle servit notamment de boîte à lettres avec l’Ambassade d’URSS en France. Elle devint permanente en 1943. Elle travaillait alors au rayon librairie du BHV.
_Après la Libération, elle devint directrice de la libraire du Parti communiste, située rue Racine dans le VIe arrondissement. Elle participa à ce titre avec Elsa Triolet aux « Batailles du livre » menées par le PCF au début des années cinquante.

Son fils José mourut en 1994. Yves Monino, son deuxième fils, né en 1946, a été ethnolinguiste au CNRS. Veuve depuis 1980, Marguerite Monino habitait toujours dans la Ve arrondissement de Paris à la fin de sa vie et elle restait membre du PCF.

Marguerite Monino a fait don d’une partie de ses archives au Musée de la Résistance de Champigny-sur-Marne.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article24508, notice MONINO Marguerite [née ORLIANGES Marguerite] par Paul Boulland, Rachel Mazuy, Claude Pennetier, version mise en ligne le 11 février 2009, dernière modification le 7 décembre 2022.

Par Paul Boulland, Rachel Mazuy, Claude Pennetier

A Madrid en 1938 et Marguerite Monino (à droite) et la Bibliothèque du Combattant pendant la guerre d'Espagne - © Pascal Convert, Joseph Epstein - Bon pour la légende, 2007
A Madrid en 1938 et Marguerite Monino (à droite) et la Bibliothèque du Combattant pendant la guerre d’Espagne - © Pascal Convert, Joseph Epstein - Bon pour la légende, 2007

SOURCES : l’Humanité, 10 avril 2004. — Renseignements communiqués par Yasmine Siblot. — Rachel Mazuy, Croire plutôt que voir. Le voyage en Russie soviétique, Odile Jacob, 2002.— Pascal Convert, Joseph Epstein. Bon pour la légende. Lettre au fils, Editions Atlantica-Séguier, 2007. — Pascal Convert, Raymond Aubrac. Résister, Reconstruire, Transmettre, Ed. du Seuil, 2011. — Entretien de Rachel Mazuy avec Marguerite Monino du 2 novembre 1991. — Richard Medioni, Mon Camarade, Vaillant, Pif Gadget, L’histoire complète, 1901-1994 les journaux pour enfants de la mouvance communiste et leurs BD exceptionnelles, Ed. Vaillant Collector, 2012.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément