LETEURTRE Émile, Jules

Par Jean-Jacques Doré

Né le 12 janvier 1878 à Darnétal (Seine-Inférieure, Seine-Maritime), mort à Sotteville-lès-Rouen (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) le 30 janvier 1926 ; ajusteur aux ateliers de Sotteville ; cheminot ; militant socialiste et syndicaliste CGT de Seine-Inférieure ; conseiller municipal de Sotteville-lès-Rouen.

Fils d’un fileur et d’une ourdisseuse, Émile Leteurtre mobilisé le 14 novembre 1898 fut libéré par anticipation comme soutien d’une veuve le 22 septembre 1900. Il entra comme ajusteur aux ateliers de Sotteville de la Compagnie des chemins de l’Ouest le 11 mai 1901. Militant très actif du syndicat CGT des Cheminots et conseiller municipal socialiste, son nom figurait sur la liste des anti-militaristes de la Seine-Inférieure dressée par la sûreté en 1911.

Mobilisé à son poste, il participa en 1916 à la renaissance du syndicalisme aux côtés d’Edmond Dubois et, majoritaire déclaré, se tint dans une prudente réserve lors des mouvements qui agitèrent les cheminots entre 1918 et 1920.

Lors du VIIe congrès tenu à Dieppe le 3 juillet 1921, les minoritaires emmenés par Maurice Gautier et Victor Engler prirent le contrôle de l’Union départementale qui rejoignit la CGTU début 1922.

Avec l’assistance du maire socialiste de Sotteville, Eugène Tilloy, un groupe de cheminots majoritaires, presque tous conseillers municipaux, constituèrent ainsi le bureau provisoire d’un nouveau syndicat fidèle à la CGT le 30 décembre 1921 : Émile Leteurtre (secrétaire), Alphonse Aubry (secrétaire adjoint), Émile Morel (trésorier) et Albert Delanef (trésorier adjoint). Grâce à ce noyau de militants, le syndicat confédéré fut totalement organisé le 5 mars 1922, Émile Leteurtre s’effaça devant Louis Reine, mais prit en charge le poste d’archiviste qu’il occupa jusqu’à sa mort survenue brutalement le 30 janvier 1926.

Face aux 1 200 membres du syndicat unitaire (CGTU) dirigé par Émile Pairaudeau ou aux 3 200 syndiqués des Cheminots unis avant l’échec des grèves de 1920, c’était une organisation certes bien modeste de 110 encartés mais qui constitua l’un des ferments de la future Union départementale confédérée.

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Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article24511, notice LETEURTRE Émile, Jules par Jean-Jacques Doré, version mise en ligne le 19 juin 2020, dernière modification le 28 juillet 2022.

Par Jean-Jacques Doré

SOURCES : Arch. Dép. Seine-Inférieure, 10 MP 1410 Syndicats dissous avant 1936, 4 MP 2410 Réunions et conférences 1914-1918. — La Dépêche de Rouen, 27 décembre 1921. — État civil, Matricule militaire.

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