LETEURTRE Émile, Jules

Par Jean-Jacques Doré

Né le 12 janvier 1878 à Darnétal (Seine-Inférieure, Seine-Maritime), ajusteur aux ateliers de Sotteville-lès-Rouen (Seine-Inférieure) ; militant socialiste et syndicaliste CGT de Seine-Inférieure ; conseiller municipal de Sotteville-lès-Rouen.

Fils d’un fileur et d’une ourdisseuse, Émile Leteurtre était, avant la Première Guerre mondiale, conseiller municipal socialiste de Sotteville et militant très actif du syndicat des cheminots. Son nom figurait sur la liste des anti-militaristes de la Seine-Inférieure dressée par la sûreté en 1911.

En 1916, il participa à la renaissance du syndicalisme aux côtés d’Edmond Dubois et, majoritaire déclaré, se tint dans une prudente réserve lors des mouvements qui agitèrent les cheminots entre 1918 et 1920.

Lors du VIIe congrès tenu à Dieppe le 3 juillet 1921, les minoritaires emmenés par Maurice Gautier et Victor Engler prirent le contrôle de l’Union départementale qui rejoignit la CGTU début 1922.

Avec l’assistance du maire socialiste de Sotteville, Eugène Tilloy, un groupe de cheminots majoritaires, presque tous conseillers municipaux, constituèrent ainsi le bureau provisoire d’un nouveau syndicat fidèle à la CGT : Émile Leteurtre (secrétaire), Alphonse Aubry (secrétaire adjoint), Émile Morel (trésorier) et Albert Delanef (trésorier adjoint). Grâce à ce noyau de militants, le syndicat confédéré fut totalement organisé le 5 mars 1922, Émile Leteurtre s’effaça devant Louis Reine, mais prit en charge le poste d’archiviste qu’il occupa jusqu’en 1927.
Face aux 1 200 membres du syndicat unitaire (CGTU) dirigé par Émile Pairaudeau ou aux 3 200 syndiqués des Cheminots unis avant l’échec des grèves de 1920, c’était une organisation certes bien modeste de 110 encartés mais qui constitua l’un des ferments de la future Union départementale confédérée.

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Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article24511, notice LETEURTRE Émile, Jules par Jean-Jacques Doré, version mise en ligne le 19 juin 2020, dernière modification le 19 juin 2020.

Par Jean-Jacques Doré

SOURCES : Arch. Dép. Seine-Inférieure, 10 MP 1410 Syndicats dissous avant 1936, 4 MP 2410 Réunions et conférences 1914-1918. — La Dépêche de Rouen, 27 décembre 1921. — État civil.

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