LÉON François, Joseph

Par Annie Pennetier

Né le 18 mars 1901 à Plouguerneau (Finistère), décapité le 15 septembre 1943 à Cologne (Allemagne) ; militaire, gardien de phare ; déporté résistant.

François Léon était le fils de Guillaume Léon, gardien de phare sur la côte des Abers et de Marie Catherine Gouez.
Engagé volontaire pour quatre ans à la mairie de Brest, le 22 octobre 1920 au titre du 2e régiment d’infanterie coloniale, il embarqua pour l’Indochine en avril 1922 et en revint en mai 1924 après des campagnes au Cambodge et au Tonkin. Il se réengagea pour trois ans, et partit de Bordeaux pour Casablanca en septembre 1925 et quitta le Maroc en août 1927 après avoir participé à des opérations dans le cadre de la guerre du Rif. Soigné pour paludisme au Maroc et pour bronchite en France, il fut réformé et pensionné.
François Léon était gardien du phare de l’île Wrac’h sur la côte des Abers dans le nord Finistère. Il vivait avec son épouse et sa fille.
Rappelé à l’activité au 48e régiment d’infanterie le 18 avril 1940, il fut fait prisonnier à Brest le 23 juin 1940 et interné au stalag XIII B. Il fut libéré par les autorités allemandes et rapatrié le 7 décembre 1941. Le centre de démobilisation de Grenoble le démobilisa le 17 décembre 1941.
Le 11 janvier 1942, il fut arrêté par des soldats allemands sous l’inculpation de détention d’armes et déclaré responsable des attaques par l’aviation anglaise des vedettes rapides allemandes basées à l’Aber Wrac’h et qui auraient été provoquées par des signaux du phare.
Interné, il fut déporté (carte 1004 23277) depuis la gare de l’Est à Paris le 4 juin 1942 dans le convoi comprenant 57 hommes et 11 femmes classés Nacht und Nebel (NN). Les détenus étaient enfermés dans des wagons de troisième classe, dont les compartiments étaient aménagés en cellules aux fenêtres grillagées. Le train s’arrêta à Trèves, puis pour les hommes, à la gare de Reinsfeld, dernière étape avant la marche vers le SS-Sonderlager Hinzert, à environ sept kilomètres.
François Léon emprisonné à Wittlich avec les autres hommes en attendant d’être appelé par le tribunal de Cologne, alors que la plupart des détenus furent condamnés à des peines de travaux forcés puis de prison, François Léon fut le seul condamné à mort. Il a été guillotiné le 15 septembre 1942 dans la prison Klingelpütz à Cologne.
Après de nombreuses recherches, la famille n’apprit l’exécution de François Léon qu’en 1945.

Reconnu Mort pour la France, il a été homologué déporté résistant (DR) et décoré à titre posthume de la médaille de la Résistance le 1er juillet 1955.
Son nom est gravé sur le monument aux morts 1939-1945 de Plouguerneau.
Les noms gravés des victimes sont : Jean-Marie Kérandel , François Léon , Jacques Normand, Gabriel Le Roy , Jean Sanquer

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article245239, notice LÉON François, Joseph par Annie Pennetier, version mise en ligne le 31 janvier 2022, dernière modification le 17 septembre 2022.

Par Annie Pennetier

SOURCES : AVCC, Caen, AC 21P 476137 (nc). — SHD, Vincennes, GR 16P 362847 (nc). — Registre matricule 1920, n°2454. — Mémoire des hommes. — Fondation pour la mémoire de la déportation FMD, Livre mémorial en ligne. — Yves Bramoullé, article dans Mouez Plougerne n°23, 1994, et photos transmis par Nadette Kérandel, janvier 2022. .

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