LE LAGADEC Joseph

Par Renaud Poulain-Argiolas

Né le 24 novembre 1913 à Paris, mort le 10 mars 1945 à Gusen (Autriche) ; employé de bureau ; militant communiste clandestin ; déporté à Mauthausen.

Joseph Le Lagadec était domicilié au 43, rue de Fécamp à Paris (XIIe arr.). Au début de l’Occupation, il animait des réunions de propagande des Jeunesses communistes clandestines de son secteur. Ces réunions, organisées par Jean Canard, rassemblaient également Armand et Jean Feldmann, Raymond G., Henri, Robert Migdal et Roland Pannetrat. Certaines se tenaient dans la rue, près des grilles d’entrée d’immeuble, comme au 10, rue Tourneux et dans la rue Édouard-Robert. D’autres avaient lieu de temps en temps chez Robert Poing, dont le père était souvent absent le soir de son domicile du 10, rue Tourneux (il pourrait s’agir d’un autre groupe). La nuit tombée, les militants diffusaient tracts et journal, inscrivaient des slogans à la craie ou collaient des papillons sur les murs.

Le 25 janvier 1941, la perquisition policière au centre clandestin de propagande du 15, rue Édouard-Robert (situé chez Ludovic G et Raymond G.) entraîna une vague d’arrestations le lendemain. En interrogeant les G., la police obtint une liste de militants habitués à fréquenter l’appartement. Pierre Pannetrat, Ludovic et Raymond G. étaient désignés comme les responsables du lieu. Treize autres personnes étaient mises en cause : Marguerite Pannetrat (la femme de Pierre), Gilbert et Roland Pannetrat (leurs fils), Robert Poing, les frères Feldmann, Jean Canard, Roger Stéphan, Henri et André Migdal, Marcel Lozet, Louis Vadkerti et Joseph Le Lagadec. Tous furent inculpés d’infraction au décret du 26 septembre 1939 et conduits au Dépôt à disposition du Procureur de la République. Selon André Migdal, 36 personnes furent raflées au total. Ses camarades étant jugés le 30 mai 1941 par la XVe Chambre correctionnelle de la Seine, on peut supposer que Joseph Le Lagadec comparut le même jour.

Le 6 avril 1944, il était à bord du convoi I. 199 transportant 1489 personnes au départ de Compiègne. Le train arriva deux jours plus tard au camp de Mauthausen, où Joseph Le Lagadec reçut le matricule 62683. Il fut affecté au kommando de Gusen en Autriche. Les Allemands y exploitaient des carrières de granit, notamment grâce à l’envoi depuis 1940 de milliers de Républicains espagnols. Depuis 1943, une grande quantité de prisonniers y étaient utilisés dans les usines appartenant aux firmes Steyr, Daimler, Puch et Messerschmitt pour fabriquer des pièces de fusils et des moteurs d’avions. En 1944, pour protéger la production des attaques aériennes, des galeries souterraines abritèrent des chaines de montage. Des milliers de prisonniers furent alors mobilisés pour les travaux de creusement de Gusen II. C’est à Gusen que Joseph Le Lagadec trouva la mort le 10 mars 1945.

D’après le site "Mémoire des Hommes", les archives du Service historique de la Défense de Caen possèdent des éléments le concernant.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article245264, notice LE LAGADEC Joseph par Renaud Poulain-Argiolas, version mise en ligne le 31 janvier 2022, dernière modification le 9 février 2022.

Par Renaud Poulain-Argiolas

SOURCES : SHD Caen, AC 21 P 475 508 (nc). — Notice biographique d’Henri Migdal par Claudine Cardon-Hamet sur le site Déportés politiques à Auschwitz. — Site Mémoire vive. — Livre-Mémorial, Fondation pour la Mémoire de la Déportation, écrit Lelagadec.

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