G. Raymond (non identifié)

Par Renaud Poulain-Argiolas

Né vers 1921 ; militant des Jeunesses communistes du XIIe arrondissement de Paris sous l’Occupation.

Raymond G., 19 ans, était le fils de Ludovic G., 47 ans, membre du PCF d’avant-guerre, qui fut chargé en septembre 1940 par Pierre Pannetrat d’accueillir dans leur appartement du 15, rue Édouard-Robert (Paris, XIIe arr.) un centre de diffusion de tracts clandestin.
Des réunions de propagande des JC étaient organisées dans le XIIe arrondissement par Jean Canard sous la direction de Joseph Le Lagadec. Raymond G. y participait ainsi qu’Henri et Robert Migdal, Roland Pannetrat et les frères Armand et Jean Feldmann. Certaines réunions se tenaient dans la rue, près des grilles d’entrée d’immeubles, comme au 10, rue Tourneux ou à la rue Édouard-Robert. Des réunions avaient également lieu au 10, rue Tourneux chez Robert Poing, dont le père était souvent absent le soir (peut-être s’agissait-il d’un autre groupe). Une fois la nuit tombée, les militants diffusaient leur journal, des tracts, collaient des papillons dans le voisinage et inscrivaient des slogans à la craie, comme « Thorez au pouvoir ».

En décembre 1940 et janvier 1941, la brigade spéciale des renseignements généraux remarqua une importante activité de propagande communiste dans l’arrondissement. Surveillances et filatures aboutirent à une perquisition au domicile de Ludovic G. le 25 janvier 1941. Dans un coffre à charbon les inspecteurs découvrirent 15 000 tracts ronéotypés et dans l’appartement diverses brochures, 90 exemplaires de l’Avant-Garde, 70 tickets de souscription pour les chômeurs et 530 papillons gommés. Ludovic et Raymond G. furent conduits à la préfecture de police pour y être interrogés. Ils reconnurent leur implication. André Migdal parla plus tard d’« un père et son fils qui ne résistèrent pas aux interrogatoires ». Ainsi Raymond G. signa une liste nominative des contacts dont il connaissait l’identité : « Je certifie que les susnommés prennent part à la propagande clandestine est [sic] qui venaient chez mon père chercher les tracts ».

Le procès-verbal du 27 janvier mentionnait Ludovic G., Raymond G. et Pierre Pannetrat comme principaux responsables chargés de la répartition du matériel. De plus, ils étaient tous les trois accusés « d‘avoir tenté de regrouper, sous le couvert d’un « comité populaire de chômeurs », des militants de l’ex Parti communiste actuellement sans travail ». L’action de Raymond G. « s’exerçait plus particulièrement en direction des éléments ayant appartenu à l’ex « Fédération des Jeunesses communistes de France » et tendait à leur regroupement en vue de les faire participer à la propagande révolutionnaire clandestine ».
Les autres militants désignés par lui furent appréhendés à leur domicile respectif : Marguerite, Gilbert et Roland Pannetrat, Henri et André Migdal, Robert Poing, Armand, et Jean Feldmann, Joseph Le Lagadec, Jean Canard, Roger Stéphan, Marcel Lozet et Louis Vadkerti.
Tous furent inculpés d’infraction au décret du 26 septembre 1939 et conduits au Dépôt à disposition du Procureur de la République. Trois de ces personnes furent relâchées, aucun délit n’ayant été relevé à leur charge.
Selon André Migdal, ce fut une véritable rafle qui visa au total 36 personnes, la moitié d’entre eux étant des jeunes.

Le 30 mai 1941, la 15e Chambre correctionnelle de la Seine jugea les militants incriminés dans l’affaire du centre clandestin. On ignore quelle fut la condamnation encourue contre Raymond G. : parmi ses camarades, deux ont été fusillés (Armand Feldmann, Robert Poing) et sept déportés (Jean Canard, Jean Feldmann, Joseph Le Lagadec, André Migdal, Henri Migdal, Roland Pannetrat et Louis Vadkerti).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article245344, notice G. Raymond (non identifié) par Renaud Poulain-Argiolas, version mise en ligne le 9 février 2022, dernière modification le 9 février 2022.

Par Renaud Poulain-Argiolas

SOURCES : Site Mémoire vive. — Biographie d’Henri Migdal par Claudine Cardon-Hamet sur le site Déportés politiques à Auschwitz.

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