FRÈREJEAN Lucien

Par Jacques Girault

Né le 27 février 1927 à Lyon IIe arr. (Rhône) ; instituteur dans la Loire puis animateur culturel dans un lycée agricole en Dordogne ; syndicaliste et militant communiste de la Loire puis de la Dordogne ; conseiller municipal de Coulounieix-Chaniers (Dordogne).

Sa mère, fille d’ouvriers du peigne d’Oyonnax, mourut assez jeune. Ses quatre enfants furent alors pris en charge par l’Assistance publique. Lucien Frèrejean, élevé par des agriculteurs à Saint-Marcel d’Urfé (Loire), suivit une scolarité à l’école primaire supérieure de Montbison et réussit premier au concours pour devenir élève-maître en 1944. Il obtint le baccalauréat au lycée Fauriel à Saint-Étienne (Loire) en 1947. Après une année de formation professionnelle à l’École normale d’instituteurs de Montbrison, il fut nommé instituteur à partir d’octobre 1948 à Neulise. Titulaire du baccalauréat et du certificat d’aptitude professionnelle à l’enseignement agricole en 1956, il fut nommé instituteur itinérant dans les communes voisines. En 1965, après avoir suivi une formation d’animateur socio-culturel à Paris, il fut nommé en 1966 en Dordogne. Il fut dispensé du service militaire en raison des états de service de son frère Paul Frèrejean dans la Résistance qui, grièvement blessé au combat, vint le rejoindre à Neulize en 1951 et milita au Parti communiste français.

Lucien Frèrejean se maria avec Renée Bonhomme, fille de tisseurs résistants dont Claudius Bonhomme, son père, maire communiste de Neulise à la Libération. Employée des PTT, son épouse était membre du PCF comme son frère. Le couple eut quatre enfants.

Militant du Syndicat national des instituteurs depuis 1946, responsable syndical à l’école normale, militant de la FEN-CGT, Lucien Frèrejean suivit une école syndicale nationale de la FEN-CGT en 1949. Organisateur des activités de l’amicale laïque de Neulize, dans les années 1960, il était le secrétaire cantonal des œuvres laïques.

Lucien Frèrejean adhéra à l’Union de la jeunesse républicaine de France (UJRF) en 1947, puis au PCF en 1950. Secrétaire de la cellule communiste de Neulise depuis 1952, militant du Mouvement de la paix, il fut arrêté en juin 1952 pour son action contre la guerre d’Indochine. Secrétaire de la section rurale de Saint-Symphorien-du-Lay (Loire) depuis 1958, il entra au comité de la fédération communiste en 1960 et ne fut pas reconduit lors de la conférence fédérale de décembre 1961. La direction fédérale constatait qu’il limitait son action à ses responsabilités locales. Lors de la conférence fédérale, son intervention porta sur la discussion des thèses des communistes chinois et albanais. Il indiqua alors : « N’y aurait-il pas intérêt à répartir les richesses des pays socialistes entre tous ces pays ? », ce qui s’éloignait de la ligne de la direction du PCF sur cette question.

Lucien Frèrejean fut le candidat suppléant lors des élections législatives de 1958 et de 1962 dans la 5e puis dans la 6e circonscription de la Loire (Feurs).

À partir de 1966, Lucien Frèrejean, devenu animateur culturel au lycée agricole de Coulounieix-Chaniers, fut le secrétaire de la section du Syndicat national de l’enseignement technique agricole public et participa pendant deux ans au bureau académique du SNETAP. Membre de la Fédération de l’éducation nationale, il participa à la vie du courant « Syndicalisme Vivant » animé par l’instituteur Marcel Cousteil. Membre du bureau de la Fédération des œuvres laïques, secrétaire d’une cellule communiste de Coulounieix-Chaniers, il soutint les positions de Roger Garaudy* et sa cellule fut la seule dans la fédération communiste de la Dordogne à exprimer son opposition à la ligne de la direction nationale. Il fut, malgré la direction fédérale, élu conseiller municipal en 1977, et fut responsable de l’information municipale. Participant aux contestations qui se développaient dans le PCF, d’accord avec les analyses de Pierre Juquin*, il quitta le Parti communiste pour participer, au milieu des années 1980, au mouvement « Alternative démocratie socialisme » fondé par Marcel Rigout*, aux côtés de Roger Ranoux.

Retraité en 1982, Lucien Frèrejean se retira quelques années plus tard à Cadenet (Vaucluse).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article24553, notice FRÈREJEAN Lucien par Jacques Girault, version mise en ligne le 14 février 2009, dernière modification le 5 juin 2009.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Renseignements fournis par l’intéressé.

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