BOURG Marcel, Léon, Marie

Par Madeleine Singer

Né le 21 décembre 1925 à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; maître de conférence en sciences physiques ; militant de la JEC puis syndicaliste, membre du comité national du Syndicat général de l’éducation nationale (SGEN) de 1959 à 1968, secrétaire académique d’Aix-Marseille de 1956 à 1967.

Marcel Bourg était l’unique enfant d’Adrien Bourg, peseur, juré de commerce. Il fit ses études secondaires au lycée Saint-Charles de Marseille, passa le baccalauréat en 1944 et entra à la faculté des sciences de la ville où il obtint en 1949 la licence de sciences physiques ; il prépara alors les concours de professeur de lycée. Nommé en 1951 professeur certifié à l’annexe d’Hyères du lycée de Toulon (Var), il devint en 1956 assistant à la faculté des sciences de Marseille et fut promu maître-assistant, puis maître de conférence dans cette faculté, devenue en 1970 l’université de Provence. Il y prit sa retraite en 1989. Il avait soutenu en 1963 une thèse sur les Propriétés optiques de couches minces transparentes, thèse que les Annales de physique publièrent l’année suivante. Il s’était marié en 1951 et il eut trois enfants.

Après avoir été jéciste tant au lycée qu’en faculté, Marcel Bourg adhéra au SGEN en arrivant à Hyères à cause de l’appartenance du Syndicat à la CFTC et devint très vite secrétaire de son établissement. Nommé à Marseille en 1956, il fixa sa résidence dans cette ville et succéda en tant que secrétaire académique à Lindenmann. Marcel Bourg qui voulait se consacrer à son académie, laissa toutefois jusqu’en 1959 son collègue Lucien Boyer, professeur au lycée d’Avignon (Vaucluse), représenter Aix-Marseille au comité national. Celui-ci y siégeait depuis 1955 en qualité de titulaire et avait été empêché, par des raisons de santé, de se rendre au congrès de mars 1956 où il devait exprimer le point de vue de la majorité de la section académique, favorable aux positions défendues par le bureau national en politique scolaire.

Assurant les fonctions habituelles d’un secrétaire académique, Marcel Bourg s’occupait des sessions de formation de militants, recevant par exemple en 1958 les inscriptions pour celle de Bedoin (Vaucluse). Il lui fallait bien entendu organiser les élections aux commissions administratives paritaires académiques (CAPA) qui eurent lieu à trois reprises (1958, 1961, 1965) ; or il n’était pas aisé de trouver des candidats en nombre suffisant dans toutes les disciplines. Bien qu’exerçant en faculté, Marcel Bourg suivait les questions qui intéressaient le second degré, comme on le voit par ses interventions dans les congrès. À Dijon en 1957, il se préoccupait de l’agrégation, demandant qu’il y ait en sciences comme en lettres un roulement des questions au programme car « les conditions de la science moderne ne permettent plus d’être encyclopédique ». Il se souciait des certifiés affectés au technique après leur succès au concours, réclamant pour eux une possibilité de retour dans le secondaire. Mais il fallait aussi que les collègues issus du technique pussent accéder à des villes où l’enseignement général en collège moderne et technique était donné par des professeurs du second degré. Il rappelait à cette occasion que le SGEN, syndicat général, avait un rôle à jouer que ni le SNES, ni le SNET ne pouvait remplir.

Marcel Bourg se faisait en même temps l’interprète des membres de son bureau sur les questions de politique générale. Il disait au congrès de 1958 que les positions du SGEN sur l’Algérie et la défense des libertés devaient conserver leur originalité même si elles rencontraient inévitablement sur certains points celles du Parti communiste (PC). Au comité national du 29 novembre 1959, il soutint énergiquement la participation du SGEN à la grève du 2 décembre, lancée par les trois organisations de fonctionnaires car depuis juin 1957, les prix avaient augmenté de 21 % et leurs traitements de 4 %, alors que le gouvernement proposait seulement 2 % pour combler l’écart ! La FEN seule ne participait pas à la grève car elle voulait réserver ses forces pour la bataille contre la loi Debré qui allait accroître l’aide à l’enseignement privé ; elle n’ira d’ailleurs pas jusqu’à la grève pour cet objectif prioritaire. Marcel Bourg déclara que, le 2 décembre, il ne s’agissait pas seulement de « gros sous », mais de principes : « Nous sommes seuls dans l’Éducation nationale à être confédérés. Cela nous crée des obligations d’abord à l’égard de notre confédération ». L’année suivante, lorsque se tint à Aix en décembre 1960, un colloque pour la solution du problème algérien, on y retrouva Marcel Bourg à la tête d’une délégation de six collègues ; c’était le sixième de ces colloques organisés depuis juin 1957 par des membres de l’Enseignement supérieur et du CNRS. Ayant accepté que le congrès national se déroulât à Marseille en 1962, il intervint au comité national du 3 décembre 1961 sur le programme du congrès. Celui-ci se tint du 14 au 17 avril ; il suivait de peu les accords d’Evian qui mettaient fin à la guerre d’Algérie.

Une fois la paix revenue, les questions de politique intérieure passèrent au premier plan. Le 11 novembre 1964, Marcel Bourg après avoir participé à la discussion, vota avec les autres membres du comité national la motion qui autorisait les responsables nationaux à prendre part aux travaux du comité « Horizon 80 » lorsque ceux-ci concernaient l’Éducation nationale et la Recherche. Ce comité avait été constitué pendant l’été 1964 pour mettre au point le programme de Gaston Defferre qui était candidat à l’élection présidentielle, laquelle devait avoir lieu pour la première fois au suffrage universel. Lorsqu’approcha la date de l’élection, l’académie d’Aix-Marseille fut l’une de celles qui se préoccupèrent des modalités d’action du Syndicat sur le plan politique. Une motion du bureau académique, destinée au comité national d’octobre 1965, réclama « qu’à l’occasion de cette élection, soit rappelé et diffusé le programme économique et social du Syndicat », « qu’il soit officiellement constaté que ce programme est en contradiction complète avec celui du candidat au pouvoir et qu’en conséquence le Syndicat invite ses adhérents et sympathisants à ne porter leurs suffrages que sur celui des candidats dont le programme leur paraîtra le plus voisin de celui précédemment énoncé ». Par ailleurs le bureau académique approuvait les camarades « qui s’engageraient dans la campagne présidentielle pour le candidat de la gauche à condition qu’ils le fassent à titre personnel ».

En même temps, lors de chaque comité national, Marcel Bourg participait activement à la commission administrative (CA) de l’Enseignement supérieur qui se tenait à cette occasion. Ainsi en mai 1963, lors du débat sur le cycle préuniversitaire, il montrait que le problème fondamental, c’était l’orientation des étudiants à l’issue du second degré et que cela exigeait des structures nouvelles. L’année suivante, lorsque la CA dut élaborer en février 1964 un texte sur la définition de l’enseignement supérieur, il fut l’un de ceux qui animèrent la discussion.

En outre dans les années 1960, Marcel Bourg fut responsable du groupe Reconstruction qu’il avait lancé dans sa région. Cela entraînait, dit-il, des réunions, des contacts divers sur le plan marseillais, notamment avec des syndicalistes. On comprend qu’il fit écho à ces rencontres lors du comité national du 12 novembre 1964 qui se préoccupait d’instaurer sur les problèmes confédéraux une commission dont la création avait été décidée par le dernier congrès : Marcel Bourg soulignait que les enseignants pouvaient fournir à leurs camarades des Unions départementales un certain nombre de techniques intellectuelles et de méthodes d’analyse. « De notre côté, ajoutait-il, nous retirons de ce travail une ouverture sur d’autres milieux sociaux ».

Après ces années d’intense activité, Marcel Bourg fut heureux en 1967 de trouver en Jean Thiellay un successeur à qui il laissa également sa place au comité national lors de l’élection de 1968. Il demeura simple adhérent jusqu’à ce qu’en 1974, il fit partie des vingt membres de l’Enseignement supérieur et de la Recherche qui signèrent avec Paul Vignaux une lettre de démission du SGEN que Le Monde publia le 6 mars : ils considéraient que l’orientation actuelle du Syndicat contredisait « l’essentiel des objectifs pour lesquels il avait été fondé en 1937 ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article24569, notice BOURG Marcel, Léon, Marie par Madeleine Singer, version mise en ligne le 15 février 2009, dernière modification le 26 février 2009.

Par Madeleine Singer

SOURCES : Madeleine Singer, Le SGEN 1937-1970, thèse, Lille III, 1984, 3 vol. (Arch. Dép. Nord, J1471) ; Histoire du SGEN, Presses universitaires de Lille, 1987. — Syndicalisme universitaire (1955-1970). — Reconstruction, mai 1974. — Lettres de Marcel Bourg à Madeleine Singer, 26 novembre 1995, 15 décembre 1995, 25 avril 1998, 4 décembre 1998 (Arch. privées).

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément