FONTAINE René

Par Claude Pennetier

Né à le 24 avril 1887 Saint-Florent-sur-Cher (Cher), mort le 11 mai 1977 à Bourges (Cher) ; ouvrier-chaudronnier, puis employé de coopérative ; militant socialiste puis communiste du Cher ; maire adjoint de Saint-Florent-sur-Cher.

Fils de Jean Fontaine, « mineur », René Fontaine débuta à l’âge de treize ans comme chaudronnier aux établissements Labbé. Selon les « souvenirs » de Pierre Hervier publiés dans L’Émancipateur en 1937, il participa à une réunion organisée à Rosières par la Bourse du Travail de Bourges le 6 juillet 1901. René Fontaine fut, à partir de 1906, secrétaire des Jeunesses syndicalistes de Saint-Florent et avec Légeret (Bourges), Renoir (Vierzon), Soupize (Mehun), un de leurs animateurs au niveau départemental. Il écrivait des chansons et des poèmes, ce qui lui valut une condamnation à vingt jours de prison lors du conseil de révision de 1908 pour avoir chanté au préfet, avec les conscrits de Saint-Florent, une chanson antimilitariste. En 1913, il devint gérant de la Société coopérative ouvrière « La Fraternelle ».

René Fontaine était membre du Parti socialiste avant la Première Guerre mondiale. Au lendemain du conflit, il continua à évoquer dans ses poèmes les luttes de la classe ouvrière ; pour le 1er Mai 1919, il écrivait :

« Réfléchis que c’est toi qui détiens les richesses
« Aujourd’hui tu n’es rien, demain tu seras tout
« Si d’un geste glorieux comprenant ta détresse
« Tu forçais les tyrans à se mettre à genoux
« Et enfin, affranchi, supprimant les frontières
« N’ayant qu’un seul souci, bien-être et liberté
« Si tu faisais cela, la cause serait fière
« Et il serait joli, ce jour du Premier Mai. »

Après la grande grève de mai 1920, le mouvement ouvrier de Saint-Florent fut décapité. René Fontaine participa à la création d’un groupe communiste en 1922. Il devint conseiller municipal en 1929 et en 1932, conseiller d’arrondissement du canton de Chârost. Aux élections municipales de mai 1935, la liste communiste triompha et René Fontaine fut premier adjoint. Il quitta à cette époque la direction de la coopérative pour s’installer comme marchand d’articles de pêche. Suspendu de sa fonction d’adjoint en octobre 1939, puis révoqué, il fut arrêté en 1941, interné à Saint-Paul-d’Eyjeaux (Haute-Vienne), et libéré cinq mois plus tard. René Fontaine redevint conseiller municipal de 1945 à 1947.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article24574, notice FONTAINE René par Claude Pennetier, version mise en ligne le 15 février 2009, dernière modification le 15 février 2009.

Par Claude Pennetier

SOURCES : L’Émancipateur. — G. Forgeot, La Bourse du Travail de Bourges 1897-1914, mémoire de maîtrise, Université de Vincennes. — Claude Pennetier, thèse, op. cit. — Témoignage de R. Fontaine et de A. Thomas.

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