ERROTABEREA Jean

Par Tangi Cavalin, Nathalie Viet-Depaule

Né le 6 septembre 1921 à Bayonne (Basses-Pyrénées, Pyrénées-Atlantiques), mort le 15 septembre 1979 à Bordeaux (Gironde) ; prêtre du diocèse de Bayonne (1947), puis de la Mission de France (1964), prêtre-ouvrier ; délégué CGT du personnel (1968), secrétaire du comité d’entreprise (1974) puis du CCE de la SNECMA (1975-1979).

Issu d’une famille ouvrière – son père était homme d’équipe aux Chemins de fer du Midi –, Jean Errotaberea grandit au pays basque où il fut champion de France junior de pelote. Il fit ses études au petit séminaire d’Ustaritz, puis au grand séminaire de Bayonne (1941-1947) où elles furent entrecoupées par le Service du travail obligatoire (STO). C’est pendant sa réquisition qu’il mesura la déchristianisation auprès des jeunes et des adultes qu’il côtoyait. Il y avait déjà été sensibilité, dira-t-il, « par une visite du père Augros au grand séminaire de Bayonne puis par des liens d’amitié avec des gars comme Jean Lafontaine, Louis Aldaïs, Jean Lardapide. » Il avait demandé dès 1947, année de son ordination, à rejoindre la Mission de France, mais sa requête avait été rejetée et il avait été nommé vicaire au Boucau, une ville industrielle proche de Bayonne, bastion du Parti communiste.

Il obtint de quitter le diocèse en juin 1959 pour rejoindre une équipe de la Mission de France à Puteaux (Seine, Hauts-de-Seine). Nommé vicaire à Notre-Dame de la Pitié, il fut chargé de l’aumônerie JOCF pour le secteur Puteaux, Suresnes et Nanterre. Conscient des limites du travail pastoral qu’il menait et de la nécessité du travail pour mieux s’insérer dans ce monde ouvrier de la Boucle de la Seine, il trouva à s’embaucher en 1963 cinq après-midi par semaine comme aide monteur chez un artisan électricien de Puteaux. Il fit l’année suivante une FPA d’électricien en bâtiment, ce qui lui permit, en accord avec la Mission ouvrière, de travailler ensuite à plein temps.

En 1966, Jean Errotaberea, qui avait demandé son rattachement officiel à la Mission de France en 1964, fit partie des cinquante-et-un prêtres choisis par la Mission ouvrière pour travailler en usine. Après les sessions de Morsang-sur-Orge (2-4 juillet 1966) et de Lormoy (12 septembre-14 octobre 1966), il fit équipe à Gennevilliers avec deux autres prêtres-ouvriers, Michel Amiot, prêtre de la Mission de France, et Louis Chédemois, Fils de la Charité. Il entra à la SNECMA comme ouvrier P1, devint rapidement délégué CGT du personnel, puis fut élu en 1974 au Comité d’entreprise (CE) et, en 1975, au Comité central d’entreprise (CCE). Souffrant du diabète, son état de santé le contraignit à faire plusieurs séjours à l’hôpital avant de mourir des suites d’une attaque cardiaque.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article24590, notice ERROTABEREA Jean par Tangi Cavalin, Nathalie Viet-Depaule, version mise en ligne le 17 février 2009, dernière modification le 18 février 2009.

Par Tangi Cavalin, Nathalie Viet-Depaule

SOURCES : Arch. de la Mission de France, CAMT 1997015 0151 et 0154 et Le Perreux. — AHAP, 1 D XVI fonds Veuillot. — CAMT Roubaix, fonds Olhagaray, 1994005 0008. — Entretien de Bernard Amiot avec Alain Le Négrate, 21 mai 2003. — État civil de Bayonne.

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