ESCUDIER Gabriel, Pierre, Léon

Par Jacques Girault

Né le 11 juin 1906 à Tavernes (Var), mort le 4 juin 1962 à Toulon (Var) ; receveur de l’Enregistrement ; maire socialiste de Tavernes (1945-1962) ; conseiller général (1937-1962) ; sénateur puis député « gaulliste » du Var (1958-1962).

Fils d’un maréchal-ferrant, Germain Escudier* qui fut maire de la commune de 1933 à 1935 après avoir été conseiller municipal de gauche depuis 1919, Gabriel Escudier, titulaire du baccalauréat, effectua son service militaire dans l’Intendance.

Escudier se maria à Riez (Alpes-de-Haute-Provence) en septembre 1933 où il fut receveur de l’enregistrement jusqu’à la guerre. Le couple eut deux enfants.

Escudier adhéra au Parti socialiste SFIO en 1936. À la mort du conseiller général du canton de Tavernes, il lui succéda, le 11 avril 1937, avec 295 voix sur 636 inscrits, avec comme seul adversaire un communiste.

Au conseil général, dès le 26 octobre 1937, Escudier fut élu à la commission départementale pour un an. Il fut jusqu’à la guerre membre des commissions des Finances, de l’Hydraulique, d’aliénation des propriétés départementales, de l’électrification des campagnes, du conseil d’administration de l’office départemental des pupilles de la Nation du Var et de la commission interdépartementale des eaux de Fontaine-l’Évêque. Le 28 octobre 1937, il rapporta sur les questions d’aide aux chômeurs, d’allocation chômage et d’assistance médicale gratuite. Le 30 avril 1938, dans la discussion sur le budget, il souligna la nécessité de mesures pour empêcher la mort des villages du Haut-Var. En 1939, il fut élu à la vice-présidence de l’assemblée départementale.

Escudier participa à toutes les réunions socialistes SFIO et notamment au congrès fédéral en mai 1938. Il fut alors désigné au comité fédéral.

Affecté spécial dans l’administration (enregistrement) au début de la guerre, par la suite, Escudier, en contact avec le Parti socialiste SFIO clandestin, participa à la Résistance dans les Basses-Alpes, affilié au réseau « Uni » puis aux MUR de Digne-Riez.

À la Libération, Escudier, contrôleur principal de l’enregistrement à Digne, devint membre du comité fédéral de la SFIO à la suite d’une décision du comité fédéral du 4 décembre 1944. Confirmé comme conseiller général, président de la délégation municipale de Tavernes, secrétaire du comité local de Libération, il fut désigné comme maire de Tavernes. Il conduisait la liste de « rassemblement démocratique et d’intérêt local » aux élections municipales et fut élu, le 29 avril 1945 avec 254 voix sur 371 inscrits. Il fut renouvelé dans ces fonctions en 1947, 1953 (à la tête d’une liste d’ « Union républicaine et socialiste » et en 1959 (à la tête d’une liste d’ « Union républicaine »).

Escudier, élu avec 667 voix sur 941 suffrages exprimés, au conseil général le 29 octobre 1945, fut désigné pour les commissions des Finances, des Affaires économiques et du ravitaillement, des Transports, de l’Hydraulique, d’aliénation des propriétés départementales, au conseil d’administration de l’Office départemental des pupilles de la Nation, et de la commission interdépartementale de l’Hydraulique. En outre, il était rapporteur général du budget. Il intervint notamment lors du débat, le 31 juillet 1946, sur les demandes de modifications dans la géographie et la composition des cantons. Il fut régulièrement réélu aux premiers tours au conseil général le 20 mars 1949 avec 610 voix sur 1 079 inscrits et le 17 avril 1955 avec 781 voix sur 1 150 inscrits. Il fut pendant plusieurs années le vice-président de l’assemblée.

Franc-maçon, Escudier, membre du comité fédéral de la SFIO ne prit pas parti lors de l’alliance avec le Parti communiste français pratiquée par les socialistes SFIO de Toulon. Quand le comité fédéral se réunit le 20 février 1955, il indiqua que seul était responsable le système électoral proportionnel. Il déposa une motion proposant de réformer le système électoral et d’instaurer le scrutin majoritaire à deux tours pour les villes de plus de 9 000 habitants. Pour l’élection législative, il demandait le retour au scrutin d’arrondissement majoritaire à deux tours, ce qui fut adopté à l’unanimité. À la réunion du conseil général le 1er décembre 1955, il proposa au nom du groupe socialiste d’adopter un vœu protestant contre la dissolution de l’Assemblée et réclamant le scrutin d’arrondissement. À l’élection législative du 2 janvier 1956, devenu inspecteur de l’Enregistrement, il était en quatrième position sur la liste « d’union socialiste et de défense républicaine » (lors du congrès fédéral, le 13 novembre 1955, il avait été désigné par 56 mandats et 423 points), et obtint personnellement 45 131 voix sur 251 749 inscrits.

Président de l’Amicale des maires du Var, Escudier, retraité comme inspecteur central de l’enregistrement et des domaines, habitait Marseille. Il posa sa candidature à l’investiture de son Parti pour l’élection au Sénat en juin 1958. Comme la majorité des socialistes varois, il s’était rallié à de Gaulle. Toutefois, le congrès fédéral du Luc du Parti socialiste SFIO, le 18 mai 1958, ne retint pas sa candidature. Le maire de Toulon Edouard Le Bellegou* fut choisi par 175 mandats contre 89 à Escudier. Ce dernier, pour maintenir sa candidature démissionna puis fut exclu du Parti, le 29 mai. Il mena une campagne sur le thème du ralliement au général. Candidat isolé « d’union républicaine et socialiste », il devint sénateur élu par les délégués sénatoriaux de droite et certains socialistes SFIO avec 321 voix au premier tour et 345 voix au deuxième tour sur 710 inscrits. Au conseil général tout en n’appartenant à aucun parti politique, il rallia les élus « indépendants ».

Pour l’élection législative de novembre 1958, Escudier, alors « retraité », se présenta dans la première circonscription (Draguignan) comme candidat de l’ « Union gaulliste pour la rénovation nationale ». Le 23 novembre, avec 10 671 voix sur 61 909 inscrits, il arrivait en troisième position. L’Union pour la Nouvelle République lui accorda son investiture et il fut élu le dimanche suivant avec 18 297 voix et participa à la commission des Finances de l’Assemblée nationale.

Cette élection ressouda la majorité socialiste au conseil général. Le 4 décembre 1958, Escudier fut candidat à la présidence. Il n’obtint pas la totalité des suffrages des treize conseillers indépendants et réunit 9 voix sur 30 votants. Il ne fut pas reconduit dans ses fonctions de rapporteur général du budget et demeura à la commission des Finances. Il restait président de l’Amicale des maires du Var.

En novembre 1959, Escudier fut désigné comme membre de droit du comité départemental de l’Union pour la nouvelle République. Selon les renseignements généraux, en 1959, il était distant par rapport à l’UNR auquel il n’était qu’apparenté. Plutôt « socialiste indépendant », il estimait Mendès France. Pour avoir voté la motion de censure le 15 décembre 1961, exclu du groupe UNR, il rompit son apparentement avec l’UNR. Devenu « non-inscrits », malade, il participait beaucoup moins aux activités publiques.

Ses obsèques se déroulèrent à Tavernes.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article24592, notice ESCUDIER Gabriel, Pierre, Léon par Jacques Girault, version mise en ligne le 17 février 2009, dernière modification le 19 décembre 2011.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat., F7/ 15530 B, dos. 16747. — Arch. Dép. Var, 2 M 3.52, 5.291, 292, 7.35.4<INS, 4 M 50, 18 M 13, 98, 99. — OURS, fédération du Var. — Fondation Jean Jaurès, 12 EF 83. — Arch. Jean Charlot* (Centre d’histoire sociale du XXeme siècle). — Presse locale. — Sources orales. — Notes de Jean-Marie Guillon.

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