POISSON Robert, Marcel

Par Jean-Louis Ponnavoy

Né le 13 novembre 1894 au [Le] Havre (Seine-Inférieure, Seine-Maritime), mort en action le 16 août 1944 à Saint-Piat (Eure-et-Loir) ; charpentier de marine ; résistant du mouvement Libération-Nord et des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

Robert Poisson était le fils naturel de Françoise Émilie Poisson, couturière, âgée de 31 ans et de père inconnu. Sa mère était déjà décédée et il résidait rue du Panorama à Sainte-Adresse dans la banlieue du Havre (Seine-Inférieure, aujourd’hui Seine-Maritime) où il exerçait le métier de charpentier, lorsqu’il fut incorporé le 18 décembre 1914 au 39e régiment d’infanterie. Il passa au 74e le 25 avril 1915 puis au 73e le 12 mai 1915. Il fut évacué une première fois le 30 juillet 1917 puis malade, il fut évacué de nouveau le 16 août 1917. Il rejoignit son unité le 4 novembre 1917 et fut évacué le 21 mars 1918. Il fut nommé caporal le 28 juin 1918 mais fut grièvement blessé par balles à Dormans (Marne) le 15 juillet 1918 et rentra au dépôt le 5 décembre 1918 puis fut dirigé sur l’hôpital de Limoges et ensuite celui de Charleville (Ardennes) le 5 juin 1919. Il en sortit le 26 juin et fut mis en congé illimité le 8 septembre 1919. Il fut alors rattaché dans la réserve au 129e régiment d’infanterie.
Il se maria le 26 juin 1920 au Havre avec Marthe Louise Leplat, née le 11 septembre 1893 à Bléville, aujourd’hui Le Havre (Seine-Inférieure, Seine-Maritime), morte le 16 novembre 1965 à Saint-Piat (Eure-et-Loir). Il en eut deux filles.
Sur décision du général commandant la 3e région, en date du 11 septembre 1939, il fut affecté spécial au titre des établissements Worms et Cie au Havre en qualité de charpentier de navires pour 60 jours. Il fut démobilisé en durée illimitée le 14 octobre 1939.
À l’été 1940, la famille Poisson vit les soldats allemands prendre possession du Havre, point stratégique, renforcé par l’importance du port. Les multiples bombardements sur la ville du Havre poussèrent les autorités à évacuer la population, et Marthe Poisson accompagnée de ses enfants trouva refuge à Saint-Piat en 1943. Robert Poisson resta au Havre jusqu’en février 1944, puis rejoignit sa famille.
Il entra alors dans la Résistance au Mouvement Libération-Nord, groupe de Chartres, secteur-nord d’Eure-et-Loir, où ses services furent homologués du 1er juin au 16 août 1944.
Le 15 août 1944, après que deux véhicules blindés américains soient venus faire une discrète reconnaissance, les FFI attaquèrent sous le commandement de Raymond Vauvillers. Une grande partie des troupes ennemies qui occupaient Saint-Piat se replia. Le lendemain 16 août, des soldats allemands s’arrêtèrent au bord de l’Eure entre 2 propriétés au bout d’une sente qui n’existe plus. Avec des résistants, Robert Poisson fit prisonniers des soldats allemands, arrivés au carrefour des rues
Jean Moulin et de celle qui porte maintenant son nom. A seize heures, il fut
atteint mortellement par une balle tirée par un soldat posté à une fenêtre d’une propriété du hameau de Dionval.
Quelques heures plus le chef Raymond Vauvillier fut tué ainsi que deux civils, Albert Lehoux et André Legros tués à l’entrée de Dionval. Un soldat allemand qui voulait se rendre trouva également la mort.
Robert Poisson fut d’abord inhumé au cimetière communal, à Saint-Piat puis ses ossements furent exhumés le le 22 juin 1949 pour être transférés dans sa commune natale. Il repose aujourd’hui dans le carré de corps restitués, au cimetière militaire Sainte-Marie, au Havre.
L’acte de décès fut dressé le 16 août 1944 à Saint-Piat.
Il obtint la mention « Mort pour la France » et fut homologué au grade de caporal des Forces françaises combattantes et des Forces françaises de l’intérieur (FFI).
Son nom figure sur le monument aux morts, à Saint-Piat (Eure-et-Loir).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article246010, notice POISSON Robert, Marcel par Jean-Louis Ponnavoy, version mise en ligne le 1er mars 2022, dernière modification le 1er mars 2022.

Par Jean-Louis Ponnavoy

SOURCES : Service historique de la Défense, AVCC, Caen, Cote AC 21 P 134198 (nc) ; SHD, Vincennes, GR 16 P 483885 (nc) et GR 19 P 28/1 page 314.— Mémoire des Hommes.— Mémorial Genweb.— Registre matricule militaire année 1914 fiche 2456.

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