ESCURE Victor

Par Maurice Moissonnier

Ouvrier mécanicien ; dirigeant communiste de la cité cheminote d’Oullins (Rhône) dans les années 1930.

Victor Escure était l’oncle (branche maternelle) de Julien Airoldi*, le secrétaire régional du Parti communiste élu membre en 1938 du comité central du parti.

Son rôle commença à s’affirmer au moment de la crise économique des années 1930 lorsqu’il assura, avec Jacques Richard* la direction du Comité central des chômeurs de la région lyonnaise (Front unique des Travailleurs) animé surtout par des militants communistes et dont le siège se trouvait à Lyon, 3, impasse Bossuet.

Après les événements de février 1934, il contribua à organiser un comité régional de lutte contre le fascisme et la guerre et c’est à ce titre qu’il présida, le 24 juin de la même année à Gerland, quartier ouvrier de Lyon, une grande démonstration contre les décrets-lois et la guerre, convoquée par le Parti socialiste et le Parti communiste. Il ajouta à ses activités celle de membre de la direction lyonnaise de l’Union confédérale des locataires en juin 1936.

À cette époque, dans le Cri de la Saulaie, bulletin communiste du quartier prolétarien à forte composante cheminote d’Oullins, il signait ses articles du pseudonyme « Le sanglier des Vorgines » en souvenir d’une appréciation portée par le commissaire de police au soir d’une manifestation qui, en 1935, avait tourné à l’affrontement physique. Le fonctionnaire avait en effet déclaré, parlant des travailleurs bien liés à leur quartier : « ils sont comme des sangliers dans les vorgines » (les vorgines en langage « lyonnais » sont les broussailles qui bordent le Rhône).

Victor Escure fut élu à cette époque au secrétariat de la section communiste d’Oullins, poste qu’il conserva jusqu’à la dissolution du parti en 1939. Aux élections municipales de mai 1935, il avait figuré en deuxième position sur la liste du Bloc ouvrier et paysan conduite par son neveu à Oullins. Cette liste qui avait recueilli une moyenne de 836 voix au premier tour se désista pour la liste socialiste de Jordery* qui fut élue. En novembre 1936, il fut désigné pour participer aux travaux du comité pour le développement de la Voix du Peuple, hebdomadaire régional du Parti communiste. Le 25 octobre 1939, il fut arrêté et incarcéré au fort du Paillet à Dardilly-le-Haut (Rhône).

Victor Escure participa à l’action clandestine du PC. Son fils Karl Escure*, élu membre de la direction fédérale des Jeunesses communistes en 1932 fut arrêté et déporté au camp de Thékla. Il en revint en mai 1945.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article24638, notice ESCURE Victor par Maurice Moissonnier, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 19 février 2009.

Par Maurice Moissonnier

SOURCES : Arch. de l’UD-CGT du Rhône. — Presse locale, en particulier La Voix du Peuple, hebdomadaire régional du PC, mois de juin 1934, 20 avril 1935, 21 novembre 1936, 21 avril 1939. — Interviews.

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