ESCUROUX Louis [ESCUROUX Baptiste, Louis, Antoine].

Par Jacques Girault, Jean Maitron, Claude Pennetier

Né le 7 octobre 1896 à Saint-Étienne-de-Maurs (Cantal), mort le 19 janvier 1980 à Saint-Étienne-de-Maurs (Cantal) ; instituteur ; secrétaire de l’Union départementale CGT du Cantal (1936-1939).

Louis Escuroux
Louis Escuroux
Serge Mazières, op. cit.

Fils de cultivateurs, petits propriétaires agricoles, très croyants, Escuroux fréquenta le cours complémentaire de Maurs et entra à l’École normale d’instituteurs d’Aurillac en 1913. Mobilisé pendant la guerre, il fut réformé à 60 % à la suite de sa captivité en Allemagne.

Instituteur à Maurs, Escuroux, pacifiste convaincu, très influencé par la révolution d’Octobre, lisait l’Humanité, ne militait pas et s’occupait d’apiculture. D’abord membre du syndicat national, Escuroux participa à la création du syndicat de la Fédération de l’Enseignement (CGTU) dans le Cantal et en fut le premier secrétaire départemental en 1927. Lecteur assidu de l’École émancipée, Escuroux fut le responsable du bulletin trimestriel du Syndicat unitaire, Le Montagnard syndicaliste. Il devait devenir secrétaire de l’Union locale de la CGTU d’Aurillac. Il faisait partie aussi des principaux militants qui soutenaient l’Internationale des Travailleurs de l’Enseignement.

En 1931, sur décision syndicale, les instituteurs de Maurs refusaient de participer au jury du Certificat d’études. Les participants furent conspués. La presse attaqua alors Escuroux*, Simon* et Bony*. L’administration déplaça d’office Escuroux à Ferrières-Saint-Mary de l’arrondissement de Saint-Flour et prononça la peine de censure contre quatre de ses camarades. Le 4 août 1931, à Maurs, deux cents personnes réclamaient le maintien au poste de l’enfant du pays ; le 19 septembre, un meeting de protestation rassembla six cents personnes à Aurillac où Charles Tillon prit la parole.

Escuroux resta une année à Ferrières, puis fut nommé à Arpajon-sur-Cèze, près d’Aurillac à la rentrée de 1932. Il prit alors le secrétariat de l’Union départementale CGTU du Cantal qui venait de se constituer. Depuis longtemps sympathisant communiste, il adhéra au Parti communiste en 1934.

Escuroux participa à toutes les manifestations de lutte contre le fascisme et contre les conséquences de la crise économique.
Candidat communiste aux élections municipales d’Aurillac en mai 1935, Escuroux arrivait en deuxième position après P. Heckmann.
Au congrès de la Fédération de l’Enseignement à Angers (août 1935), Escuroux intervenait dans la discussion sur la guerre. Sa position se différenciait des analyses communistes. Aussi présenta-t-il une motion qui obtint 38 voix.

En septembre 1935, Escuroux fut délégué au congrès d’Issy de la CGTU qui devait avoir une séance commune avec le congrès de la CGT à la Mutualité. Le processus de fusion se décidait. Il fut désigné comme secrétaire adjoint de l’Union départementale réunifiée. Il succéda, en mars 1937 à l’ancien confédéré Contreau*, ouvrier imprimeur, qui partait pour Clermont-Ferrand comme secrétaire de l’Union départementale CGT. Les communistes étaient en progrès dans le Cantal ; mais au congrès de mars 1939, les motions présentées par les anciens unitaires n’obtenaient pas la majorité ; Escuroux laissait le secrétariat à Lalande, secrétaire du syndicat des ouvriers en parapluies. Le Socialiste, hebdomadaire socialiste SFIO, « déplora la retraite » de l’instituteur et lui exprima sa reconnaissance pour son action syndicale.
En fait, Escuroux ne militait plus dans les rangs du Parti communiste en raison de l’attitude de l’Union soviétique favorable au renforcement de la puissance militaire française et des procès de Moscou qu’il désapprouva. Son retrait s’était fait sans bruit et il demeurait sympathisant communiste.

Non mobilisé à la déclaration de guerre, Escuroux fut déplacé d’office dans le Lot en 1940. En 1943, il obtenait un poste à Bagnac, près de Maurs où il enseigna jusqu’à sa retraite en 1949.
Célibataire, Escuroux restait syndiqué et sympathisant du Parti communiste.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article24640, notice ESCUROUX Louis [ESCUROUX Baptiste, Louis, Antoine]. par Jacques Girault, Jean Maitron, Claude Pennetier, version mise en ligne le 19 février 2009, dernière modification le 11 janvier 2011.

Par Jacques Girault, Jean Maitron, Claude Pennetier

Louis Escuroux
Louis Escuroux
Serge Mazières, op. cit.

SOURCES : Arch. Nat. F7/13024 et 13130. — Presse locale : Le Socialiste (Cantal), Le Cantal ouvrier et paysan. — Renseignements fournis par l’intéressé et par M. Leymarie. — Serge Mazières, Dans le Cantal au tournant du XXe siècle. Prémices du syndicalisme des fonctionnaires et ouvriers d’État, sd, Aurillac. — État civil de Saint-Étienne-de-Maurs.

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