ESMELIN Aimé, Rémi

Par Jacques Girault, Annie Pennetier, Claude Pennetier

Né le 22 mars 1914 à Gannat (Allier), mort le 27 décembre 1974 à Châteauroux (Indre) ; instituteur ; syndicaliste, militant communiste de l’Allier puis de l’Indre ; conseiller général, conseiller municipal de Châteauroux.

Aimé Esmelin
Aimé Esmelin

Fils d’un journalier (selon l’état civil), gendarme « républicain » (selon sa propre déclaration), décédé pendant la Première Guerre mondiale, et d’une mère sans profession, Aimé Esmelin, pupille de la Nation, obtint le brevet supérieur. Il fit dix-huit mois de service militaire comme maréchal de logis dans le Train puis aux EOR de Belfort et au 152e RI à Colmar. Il effectua son service militaire dans le Train. Maréchal des logis, il suivit les EOR en 1935 à Belfort et le termina dans l’infanterie à Colmar (Haut-Rhin).

Aimé Esmelin, instituteur au Bouchaud (Allier), adhéra au syndicat affilié à la Fédération unitaire de l’enseignement en 1934. Secrétaire du groupe de jeunes, pratiquant les méthodes de l’École moderne (Freinet), il rejoignit le Syndicat national des instituteurs lors de l’unification de 1936. Il participa à la grève du 30 novembre 1938.
Esmelin adhéra au Parti communiste en 1934. Secrétaire de la cellule du Bouchaud, il entra au secrétariat de la section communiste de Lapalisse en 1937 et au comité régional. Il était aussi le secrétaire du groupe des Amis de l’Union soviétique dans le secteur Loire-Besbre à partir de 1935.
Esmelin se maria avec une institutrice communiste (née Gimel) en août 1937 à Moulins (Allier). Divorcé, il se remaria en juillet 1949 à Châteauroux.

Mobilisé en 1939-1940, en contact avec le Parti communiste par Pierre Valignat*, démobilisé, Esmelin, responsable de la section paysanne de Tréban, fut déplacé à la fin de 1940 à Noyant-d’Allier. Lors d’une perquisition, en janvier 1941, la police ne trouva pas l’imprimerie qu’il utilisait selon les méthodes Freinet et qui lui servait à fabriquer du matériel de propagande. Il fut sanctionné par l’administration et déplacé à Eguzon dans l’Indre en avril 1942. Coupé du Parti d’avril 1942 à février 1943, il prit contact avec Arthur Pion, Robert Duris et Marcel Peyrat.

Il participa à la reconstitution du syndicat des instituteurs en novembre 1943 avec Raymond Caillaut. Responsable du groupe de Francs-Tireurs partisans d’Eguzon, puis responsable adjoint de la section de Gargilesse, puis, sous le nom de commandant Soulié, il dirigea le maquis FTPF de Dampierre puis commanda le secteur FTPF du Sud de l’Indre. Membre du comité directeur FTPF de l’Indre, membre du Comité départemental de Libération, commandant des Forces françaises de l’Intérieur, il fut homologué comme capitaine.

Aimé Esmelin ne reprit pas immédiatement son métier et devint secrétaire permanent de la fédération communiste de l’Indre, responsable de la propagande et de l’éducation, fonction qu’il conserva jusqu’en 1965. À partir de 1954, à plusieurs reprises, la section de montée des cadres souhaitait sa non-élection au secrétariat fédéral pour qu’il puisse militer dans le syndicalisme enseignant. Les conférences fédérales refusèrent de telles perspectives. Devenu membre du seul bureau fédéral à partir de 1965, puis du seul comité fédéral jusqu’en 1974, pour des raisons de santé, il fut membre de la commission de l’enseignement. Il siégeait au bureau de la section communiste de Châteauroux où il habitait et enseignait à partir des années 1960.

Aimé Esmelin fut élu conseiller général du canton de Vatan, le 23 septembre 1945. Il ne fut pas réélu en 1951. Il fut candidat en 1958 dans le canton de La Châtre. Pressenti pour l’être à nouveau à Vatan en 1964, il refusa pour raisons de santé. Pour l’élection cantonale, en 1961, à Châteauroux, sa candidature présentée par la fédération en deuxième position ne fut pas retenue par le secrétariat du PCF. Il fut élu conseiller municipal de Châteauroux en 1953 puis figura régulièrement parmi les candidats communistes aux élections municipales suivantes.

Esmelin fut candidat aux élections législatives en quatrième position sur toutes les listes communistes en 1946, 1951, 1956. Par la suite, candidat dans la deuxième circonscription (Issoudun-La Châtre) en 1958 puis en 1962, où sur 56 383 inscrits, il obtint 10 446 voix au premier tour et 15 231 voix le dimanche suivant, lors d’une triangulaire, le candidat de l’UNR recueillant 15 993 voix et le radical arrivant en troisième position. Il avait aussi été candidat au Conseil de la République en 1955.

Divorcé, il se remaria en juillet 1949 à Châteauroux, il était père d’un enfant.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article24648, notice ESMELIN Aimé, Rémi par Jacques Girault, Annie Pennetier, Claude Pennetier, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 27 mai 2009.

Par Jacques Girault, Annie Pennetier, Claude Pennetier

Aimé Esmelin
Aimé Esmelin

SOURCES : RGASPI, 495 270 5803 ; 517.1.1908. — Arch. comité national du PCF. — L’Émancipateur de l’Indre, 1945, — M. Jouanneau, L’organisation de la Résistance dans l’Indre, Versailles, 1975. — État civil de Gannat.

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