ESTÈVE André, Joseph, Jean

Par André Balent

Né le 20 décembre en 1899 à Olette (Pyrénées-Orientales) ; petit paysan, tailleur d’habits à Olette, puis débitant de tabac ; militant communiste des Pyrénées-Orientales ; résistant.

Fils de Léon Estève, tailleur à Olette (âgé de trente-sept ans en 1899) et de Marie Batlle (vingt-six ans en 1899), André Estève vécut d’abord dans son village natal, un bourg de l’austère région montagnarde du Haut Conflent. Il exerça d’abord le métier de tailleur d’habits, comme son père. Il se maria à Saint-Nazaire (Pyrénées-Orientales) avec Céline Corties, née dans ce village de la plaine du Roussillon le 16 avril 1910.

André Estève fut, entre 1936 et 1939, un des principaux animateurs du Parti communiste à Olette (Pyrénées-Orientales), petite bourgade du Conflent, sur la route de la Cerdagne et du Capcir, au centre d’une âpre région de montagnes dont la plupart des villages – à l’exception d’Escaro, Nyer et Serdinya-Joncet, communes minières – étaient de petites localités agro-pastorales dont le déclin économique et démographique s’était accentué entre 1918 et 1939.

En août 1936, André Estève était qualifié par le gendarme à pied Jean Tujagues (rapport du 24 août 1936) de « chef du PC à Olette ». Ce parti s’était constitué depuis peu dans cette localité. À cette même date André Estève siégeait au comité du rayon communiste de Prades auquel étaient rattachées – depuis qu’avait été fractionné le rayon de Villefranche-de-Conflent (courant 1935 ou début 1936) – les communes de la haute vallée de la Têt (Haut Conflent), du Capcir et de la Cerdagne.

Mais l’essor rapide du Parti communiste dans le Haut Conflent pendant l’année 1936 imposa bientôt le fractionnement du rayon de Prades. Le 27 décembre 1936 fut fondé le rayon (puis section) d’Olette qui comprenait tout le Haut Conflent, le Capcir et la Cerdagne. André Estève en fut le premier secrétaire. Il demeura à ce poste en 1937. En 1938 François Vidal* lui succéda.

André Estève entreprit d’améliorer l’implantation du parti dans ces régions de montagne, notamment en Cerdagne, contrée bien plus conservatrice que le Haut Conflent. Ainsi il aida Sauveur Rougé* dans sa tentative de créer une cellule à Eyne, petit village cerdan.

La conférence de la section d’Olette du PC, réunie le 20 novembre 1938 réélut André Estève à son comité. Mais peu après, il quitta Olette pour Claira (Pyrénées-Orientales), village de la Salanque (dans la plaine du Roussillon).

André Estève avait été élu (ou réélu ?) au comité de la Région catalane du Parti communiste par la conférence de région du 5 décembre 1937 ; le comité régional qui siégeait à la mairie de Millas, le 9 janvier 1938 l’élut à la commission régionale d’organisation.
Dès 1941, André Estève militait dans les rangs du Parti communiste clandestin et était en contact avec Julien Dapère, le responsable politique de ce parti dans les Pyrénées-Orientales. Au mois de juillet 1942, Claira était une des treize communes des Pyrénées-Orientales où le Parti communiste était reconstitué. André Estève en assurait les fonctions de responsable politique.

André Estève fut arrêté le 18 juillet 1942, sans doute après sa probable participation à la manifestation du 14 juillet 1942 à Perpignan, et condamné à un an de prison pour « activité communiste » par la section spéciale de la Cour d’appel de Montpellier (Hérault). Interné à Saint-Sulpice (Tarn), jusqu’à la fin de 1943, il revint à Claira. Il milita alors dans les rangs du PC clandestin et diffusa des tracts en Salanque. Menacé d’arrestation (15 mars 1944), il se réfugia d’abord à Tautavel (Pyrénées-Orientales), dans les Corbières puis à Saint-Sulpice (Tarn) où il rentra en contact avec des militants communistes du cru.

André Estève fut membre du Comité clandestin de Libération (CCL) de Claira, responsable du FN et des Milices patriotiques (créées juste après la Libération et qui avaient pour but, entre autres, dans les Pyrénées-Orientales, de prévenir la fuite de collaborateurs et de vichystes en Espagne ; elles eurent une existence éphémère), dans les semaines qui suivirent la Libération (19 août 1944), secrétaire de la section communiste.

Sa femme, Céline, assignée à résidence à la suite de la fuite de son mari en juin 1944, servit d’agent de liaison aux FTPF de l’Agly. Elle fut connue sous le pseudonyme d’« Hélène ».

Voir également : Henri Barratine, Paul Galindo, Raymond Sobera.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article24700, notice ESTÈVE André, Joseph, Jean par André Balent, version mise en ligne le 24 février 2009, dernière modification le 10 août 2014.

Par André Balent

SOURCES : Arch. Dép. Pyrénées-Orientales, versement du cabinet du préfet (13 septembre 1951), liasse 177 (PC et SFIO, 1934-1936), rapport du gendarme à pied Tujagues Jean, 24 août 1936. — Michel Cadé, Le Parti des campagnes rouges, histoire du Parti communiste dans les Pyrénées-Orientales 1920-1939, Marcevol, Éditions du Chiendent, 1988. — Julien Dapère, Les Communistes 1940-1941. Un « polo » régional témoigne (édition et annotation par Georges Sentis), Perpignan, Institut de recherches marxistes, Marxisme/Régions, 1983, p. 35. — Étienne Frenay : « Les Communistes et le début de la Résistance en Roussillon », Le Travailleur catalan, hebdomadaire de la fédération communiste des Pyrénées-Orientales, 26 mai 1972. — Ramon Gual, Jean Larrieu, Vichy, l’occupation nazie et la résistance catalane, II b : De la Résistance à la Libération, Prades, Terra Nostra, 1998, p. 1041. — Georges Sentis, Les Communistes et la Résistance dans les Pyrénées-Orientales. Biographies, Lille, Marxisme/Régions, 1994, p. 26. — Le Travailleur catalan, hebdomadaire de la Région catalane du Parti communiste, 8 août 1936, 2 janvier 1937, 11 décembre 1937, 22 janvier 1938, 26 novembre 1939. — Interviews de Paul Galindo (militant du PCF à Escaro) et de Sauveur Rougé (militant du PCF à Eyne).

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