LEROY André, Jules

Par Daniel Grason

Né le 16 janvier 1913 à Montreuil-sous-Bois (Seine, Seine-Saint-Denis), mort le 13 mars 1982 à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) ; communiste ; résistant ; déporté à Buchenwald (Allemagne).

Fils d’Édouard Auguste, vingt-cinq ans, boulanger et de Louise Geneviève Marlin, vingt-cinq ans, blanchisseuse, André Leroy vivait 38 avenue des Marguerites à Draveil. Il épousa le 27 mai 1933 Lucienne Henriette Mory en mairie de Draveil (Seine-et-Oise, Essonne).
Il fut membre des Jeunesses communistes, travailla avant la guerre à la Société des Transports en Commun de la Région Parisienne (STCRP), il a été délégué CGT, et licencié. Secrétaire de la Jeunesse communiste de Draveil, il fut en relations militantes avec Roger Payen. Il était père de deux enfants, nés en 1938 et 1940.
De la classe 1933, du recrutement de Versailles il a été mobilisé fin 1939. Après l’interdiction du Parti communiste, il entra dans la clandestinité. André Leroy était chargé des liaisons entre le département de la Seine et les départements du Maine-et-Loire et des Deux-Sèvres. Il recevait des directives de Jeannot et les transmettait aux agents de liaison. Il détenait plusieurs fausses pièces d’identité.
Lors de son interpellation en juin 1942, il était porteur d’une carte d’identité, d’une carte d’alimentation, d’un livret militaire, d’une feuille de démobilisation au nom de "Roger Marlin", ainsi qu’un rapport sur son activité clandestine ainsi que des photographies d’identité.
Incarcéré, il a été entendu le 10 juin 1942 par un juge d’instruction, confirma les déclarations faites à la police. « J’ai appartenu au Parti communiste de 1937 à la dissolution. J’ai repris de l’activité à l’instigation d’un prénommé Jeannot ». Il affirma ne connaître ni son nom ni son adresse. Il assuma son engagement dans l’action clandestine en province, il déclara : « Je remettais une enveloppe renfermant des documents, dont je n’avais pas connaissance à des individus inconnus, avec lesquels des rendez-vous étaient fixés. C’est Jeannot qui confiait ces plis avec ces instructions. Jeannot me donnait 1 500 francs par mois pour mes frais de déplacements ».
Il fut mis par Jeannot en relation avec Jean Laffitte. Selon André Leroy il ne rencontra Laffitte qu’une seule fois, ce dernier lui aurait donné des cartes d’alimentation. Il affirma ne pas connaître d’autres personnes. Lors de sa confrontation avec Jean Laffitte, celui-ci déclara qu’il ne connaissait pas « l’individu qui m’a mis en rapport avec lui ».
Emprisonné, il était le 12 mai 1944 dans le convoi de 2073 hommes à destination de Buchenwald en Allemagne, où ils arrivèrent quarante-huit heures plus tard. Mille deux cents-trente d’entre eux moururent.
André Leroy participa aux actions de solidarité à l’intérieur du camp, elles étaient autant d’actes de résistance à la barbarie. Le 11 avril 1945 dans l’après-midi, l’armée américaine conduite par le général Patton libérait Buchenwald. Le Comité militaire clandestin international l’accueillit. Le Comité des intérêts français était composé de : Frédéric-Henri Manhès, Albert Forcinal, Marcel Paul, Robert Darsonville et Jean Lloubes représentaient les français au sein de ce comité précisa Olivier Lalieu dans son ouvrage La zone grise ? La résistance française à Buchenwald.
Dans 1945 La découverte, Annette Wieviorka soulignait : « c’est avec l’arrivée du résistant communiste Marcel Paul, en mai 1944, qui devient l’interlocuteur des dirigeants allemands, que le parti communiste français s’organise véritablement à Buchenwald et qu’il rassemble d’autres courants de la Résistance dans le Comité des intérêts français. Désormais, le Comité est à présent dans l’organisation de résistance du camp et peut protéger certains détenus. »
André Leroy épousa le 7 octobre 1954 en secondes noces Simone Germaine Baron en mairie du XIIIe arrondissement de Paris.
Il mourut le 13 mars 1982 à l’âge de 71 ans à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article247681, notice LEROY André, Jules par Daniel Grason, version mise en ligne le 26 avril 2022, dernière modification le 26 avril 2022.

Par Daniel Grason

SOURCES : AN Z/4/77. – Service historique de la Défense, Vincennes GR 16 P 365950. – État civil Montreuil-sous-Bois AD de la Seine-Saint-Denis acte n° 44. – Annette Wieviorka, 1945 La découverte, Éd. Seuil, 2015. – Olivier Lalieu, La zone grise ? La résistance française à Buchenwald, préface de Jorge Semprun, Éd. Tallandier, 2005. – Pierre Durand, Les Français à Buchenwald et à Dora, Éd. Sociales, 1977. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004.

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