BACHELIER Fernand, alias Bachellet Roger

Par Didier Alvarez

Né le 28 juillet 1906 à Chablis (Yonne) , mort le 16 juin 1996 à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) ; verrier ; militant communiste ; résistant FTP ; déporté.

Fernand Bachelier était le fils de Henri Auguste Bachelier, né le 11 mai 1877 à Chablis, mort le 16 mars 1916 à Benamenil (Meurthe-et-Moselle) vigneron, et de Henriette Elisabeth Olivier, née le 4 avril 1882 à Nitry (Yonne). En 1911, la famille était domiciliée 112 Petite rue à Annay-sur-Serein (Yonne). Orphelin de guerre, il fut adopté par la Nation le 13 décembre 1923. Il avait une soeur Renée de deux ans son aîné. Fernand Bachelier se maria le 30 octobre 1928 à Courbevoie (Seine, Hauts-de-Seine) avec Léa Francine Delalande, leur fils Jacques Gustave Fernand naquit en 1929 (mort en 2010).
Fernand Bachelier avait été mobilisé au 6e régiment du génie, classe 1926, recrutement de Fontainebleau ( Seine-et-Marne).
Démobilisé en août 1940, il reprit contact quelques mois plus tard, avec le Parti communiste dans lequel il avait milité de 1937 à 1939.
Il habitait 31 rue de L’Abbé-Prévost à Ormesson (Seine-et-Oise, Val-de-Marne).
Verrier, il travaillait à l’usine de verrerie « La Brie » (future usine Saint-Gobain de Sucy-en-Brie, Val-de-Marne). Il était responsable de la cellulle du Parti communiste de cette ville.
Le 13 août 1941, une perquisition eut lieu dans sa maison d’Ormesson, suite à l’arrestation de sa femme, elle-même militante communiste. Les policiers y trouvèrent de la propagande communiste.
Suite à cette arrestation, il quitta cette adresse et se réfugia de août à octobre à Valenton (Seine-et-Oise, Val-de-Marne) chez une autre militante communiste, Lucie Martinière qui lui présentera un responsable de Paris-Sud puis Paris-Nord. “Léon” certainement Léon Landsoght s’occupait de la diffusion des tracts à partir du dépôt du passage Paul-Bert à Saint-Ouen (Seine). Fernand Bachelier fut chargé de la propagande et du matériel de propagande de ce dépôt participant principalement à la livraison des tracts dans différents endroits de Paris, dont celui au métro Chevaleret avec “ Auguste ", une fois par semaine.
Après octobre 1941 il vécut au 43 rue Charlot à Paris (III arr.).
Il était rémunéré 1500 francs par l’organisation remis toujours par” Auguste”. Sa fausse carte d’identité lui avait été remise par le parti communiste.
Le 20 février 1942, les policiers de la BS2 ( Brigade Spéciale, renseignements généraux), l’arrêtèrent rue Paul-Bert à Saint-Ouen, le dépôt étant sous surveillance ; Léon Landsoght et Victoria Barat subirent le même sort le 22 février.
Conduit au dépôt de la police parisienne de la Cité, il subit des interrogatoires pendant une semaine.
Il fut condamné suite au décret du 26 septembre 1939 interdisant le Parti communiste, et reconnu terroriste au sein des FTPF.
Le 27 février 1942, il fut remis aux Allemands, suite à leur demande.
Emprisonné à la prison de la Santé (Paris XIVe arr), ils le transférèrent à la prison de Fresnes (Val-de-Marne) le 24 octobre 1942 jusqu’au 23 décembre 1942, jour où il rejoignit le fort de Romainville (Seine) pendant une semaine avant d’être interné le 29 décembre au camp de Royalieu- Compiègne (Oise), Stalag 122.
Il fut déporté le 23 janvier 1943 dans le convoi I. 74 , vers Sachsenhausen (Allemagne) où il travailla dans le KL Heinkel, usine d’aviation, dans le même camp que Marcel Baumann, jusqu’au 18 juillet 1943, Matricule 58173, block 38.
Tranferé à Buchenwald le 22 juillet 1944, matricule 67 010, il arriva le 24 juillet 1944 au KL Leipzig.
Il fut libéré le 9 mai 1945 à Voisdorf (TCH) par l’armée soviétique après 27 jours de marche. Rentré le 25 mai à l’hôtel Lutetia (Paris VI e arr). Très affaibli il passa quelque jours à l’hôpital de la Croix Saint-Simon, (Paris XXe arr), puis dans un centre médical jusqu’à la fin septembre, et ensuite en convalescence à Davos en Suisse jusqu’à avril 1946. Il était pensionné à 100% .
Il fut reconnu homologué DIR (Déporté Interné Résistant), et FFI mais préféra garder le titre de RIF (Résistance Intérieure Française)

Il témoigna pour son camarade déporté Marcel Baumann en 1948.
Domicilié à Ormesson (Seine-et-Oise, Val-de-Marne), 2 rue du Côteau, en 1948, il y reçu sa carte et le titre de déporté résistant no : 100132540 en 1960.

Il mourut le 16 juin 1996 à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article247804, notice BACHELIER Fernand, alias Bachellet Roger par Didier Alvarez, version mise en ligne le 3 mai 2022, dernière modification le 15 mai 2022.

Par Didier Alvarez

Plaque commémorative aux déportés d'Ormesson
Plaque commémorative aux déportés d’Ormesson

SOURCES : APPP Archives de la Préfecture de Paris . — AVCC, Caen, GR 21 P 700851. — SHD, Vincennes, GR 16 P 26025.— Fondation pour la Mémoire de la Déportation FMD. — Archives Arolsen. — Geneanet.— Notes Annie Pennetier.

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