RAVARY Gaston, Raymond

Par Jean-Louis Ponnavoy

Né le 24 avril 1904 à Gémil (Haute-Garonne), exécuté sommairement le 6 juillet 1944 à Buzet, aujourd’hui Buzet-sur-Tarn (Haute-Garonne) ; garde forestier ; résistant de la Résistance intérieure française (RIF) homologué DIR.

Gaston RAVARY
Gaston RAVARY
Martine MANGEOLLE photographie sous licence d’usage

Gaston Ravary était le fils de Justin Ravary, propriétaire, et de Maria Marcelline Carié, ménagère. Il se maria le 29 janvier 1927 à Buzet, aujourd’hui Buzet-sur-Tarn avec Alice Jeanne Terret.
Il était le garde forestier du village et occupait le pavillon de chasse du château de la Palmola, à Buzet.
Début juillet 1944, un jeune homme frappa à sa porte. Se prétendant traqué, il demanda asile pour la nuit. Gaston Ravary le conduisit dans une ferme à proximité, la Borde Basse, où il pourrait être hébergé. Il y fut accueilli en toute confiance par les propriétaires, la famille Porta qui le logea et le nourrit. L’étranger, un ressortissant italien du nom de Gino G., reprit sa route le lendemain selon ses dires, pour Toulouse (Haute-Garonne).
Il n’en fut rien car il s’agissait en fait d’un indicateur de la Sipo-SD chargé de recueillir des informations sur la Résistance et ses sympathisants. C’est ainsi qu’il dénonça à la police allemande la famille Porta et tous ceux qu’il avait pu côtoyer pendant son passage, comme étant des résistants, ce qui était vrai pour la plupart d’entre eux. Il était surnommé le « Renard noir ».
Quelques jours plus tard, au petit matin du 6 juillet 1944, la police allemande arriva en force et sur les indications du « Renard noir » arrêta toutes les personnes qu’il avait rencontrées la veille dont Gaston Ravary. Le village fut encerclé par les troupes militaires nazies, des unités de la 2e division SS "Das Reich". Tous ceux qui avaient croisé la route du « Renard noir » furent arrêtés et les nazis se rendirent à la ferme de la famille Porta. Des armes furent découvertes sous des bûches dans le hangar. Les deux fils, Jean et Joseph Porta, furent martyrisés à coups de nerf de bœuf. Le père, Antoine Porta eut les yeux arrachés puis ils furent tous les trois fusillés derrière la ferme sans avoir parlé. Les femmes reçurent l’ordre de prendre quelques effets et d’aller se réfugier chez une voisine. Les Allemands pillèrent ensuite toute la maison et incendièrent la ferme.
Gaston Ravary fut emmené comme otage avec Jean Bénazet, Charles Gendre, Ferdinand Gendre, Adolphe Massio et Émile Massio. Ils passèrent l’après-midi dans la cour du domaine de la Palmola où ils furent maltraités sous un soleil de plomb. Ils furent ensuite conduits en direction de Toulouse sous le prétexte d’être interrogés mais le camion s’arrêta en bordure de la forêt de Buzet vers 17h30 et ils y furent furent mitraillés. Leurs corps restèrent à cet endroit pendant quatre jours avant que les nazis donnent l’autorisation de les inhumer.
Nous ignorons si Gaston Ravary obtint la mention « Mort pour la France » mais il fut homologué "Déporté et interné résistant" (DIR) et membre de la Résistance intérieure françaises (RIF).
Il reçut la Médaille de la résistance par décret du 17 décembre 1968 et publication au JO le 17 janvier 1969.
Son nom figure sur le monument aux morts 1939-1945, à Buzet-sur-Tarn (Haute-Garonne).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article247836, notice RAVARY Gaston, Raymond par Jean-Louis Ponnavoy, version mise en ligne le 5 mai 2022, dernière modification le 7 mai 2022.

Par Jean-Louis Ponnavoy

Gaston RAVARY
Gaston RAVARY
Martine MANGEOLLE photographie sous licence d’usage

SOURCES : AVCC, Caen, AC 21 P 648387 (nc).— SHD, Vincennes GR 16 P 500916 (nc).— Commune de Buzet-sur-Tarn, Les tragédies de BUZET (juillet-août 1944).— Mémorial François Verdier ETÉ 1944 : LES MASSACRES DE BUZET-SUR-TARN.— Mémoire des Hommes.— Mémorial Genweb.— État civil (acte de naissance n° 4).

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