BONNY Philippe, Eugène, Louis

Par Michel Thébault

Né le 8 juillet 1897 à Cusset (Allier), guillotiné après condamnation à mort le 25 août 1943 à Cologne (Allemagne) ; chef de bureau ; résistant Armée des Volontaires.

Philippe Bonny était le fils de Jean Baptiste, Jules, Bonny âgé de 30 ans, vétérinaire et de Marguerite, Marie, Justine Chevallier âgée de 19 ans. Lors de sa mobilisation pour l’armée en janvier 1916, il était étudiant en sciences et domicilié chez ses parents à Vichy (Allier).
Incorporé dans un régiment d’infanterie, il fut promu caporal puis sergent en septembre 1919. Devenu aspirant en octobre 1918 il devint sous-lieutenant en août 1919. Démobilisé en avril 1920, il partit travailler à Podgorica (Montenegro) pour la Société Forestière Franco-Balkanique. En 1934, il revint en France prendre un emploi à Paris. Il fut promu capitaine de réserve en juillet 1938 et rappelé pour l’armée le 24 août 1939. Il participa vraisemblablement aux combats de la campagne de France. Démobilisé il revint à Paris où il demeurait fin 1940, 15 boulevard de la Chapelle dans le Xème arrondissement. Il exerçait le métier de chef de bureau.
 
Il s’engagea dès sa création en octobre 1940 dans l’Armée des Volontaires, un réseau de résistance créé à Paris début octobre et qui s’étendit progressivement à tout le nord de la France. Cependant dans le courant de l’année 1941 à Paris et en province, l’Abwehr, le service de contre- espionnage allemand, réussit à pénétrer l’organisation. A partir du 9 octobre 1941, eut lieu particulièrement dans la zone Nord occupée, une opération coordonnée d’arrestations ayant pour nom de code « Fall Porto ». Cette opération s’inscrivait dans la politique répressive menée après l’attaque contre l’Union soviétique le 22 juin 1941 et visait principalement les groupes de résistants en liaison avec Londres. La plupart des principaux dirigeants parisiens de l’Armée des Volontaires furent arrêtés en janvier 1942. Philippe Bonny fut arrêté le 19 janvier 1942 à Paris par la SIPO-SD et interné le jour même à la prison de Fresnes. Le 9 octobre 1942, 45 membres de l’Armée des Volontaires dont Philippe Bonny, destinés à être jugés ensemble en Allemagne, furent déportés dans le même transport, le convoi N° I.56., parti de la gare de l’Est à destination du SS-Sonderlager Hinzert. Le 27 mai 1943, un premier groupe fut jugé par le 2e sénat du Volksgerichtshof siègeant à Trêves. Charles Domergue, André Lalanne-Picart, Philippe Bonny, Marcel Lepape, Raymond Cousin, Maxime Belleville et Raymond Deiss furent condamnés à mort. André Donnay fut condamné à sept ans de réclusion et René Lhopital à un an de réclusion. Les condamnés à mort furent transférés à la prison de Rheinbach, puis les exécutions par guillotine eurent lieu à la prison de Cologne. Accusé d’espionnage, d’aide à l’ennemi et de diffusion de tracts anti-allemands, il fut guillotiné à la prison de Klingelpütz à Cologne le 25 août 1943 à 6 heures 17.
 
Il obtint la mention « Mort pour la France » et fut homologué Résistant au titre des F.F.C. (Forces Françaises Combattantes). Il obtint le statut Déporté – Interné – Résistant (DIR). Il reçut à titre posthume la Médaille de la Résistance par décret du 11 mars 1947. La mention « Mort en déportation » parue au Journal Officiel n° 287 du 11 décembre 2013 a été portée sur son acte de décès.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article247916, notice BONNY Philippe, Eugène, Louis par Michel Thébault, version mise en ligne le 7 mai 2022, dernière modification le 9 mai 2022.

Par Michel Thébault

SOURCES : SHD-AVCC, Caen, Cote AC 21 P 26948 et SHD, Vincennes, GR 16 P 72749 (nc) — Arch. Dép. Allier (état civil, registre matricule). — Site internet des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation (AFMD) de l’Allier — Site internet de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation. — Mémoire des Hommes.

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