GIRAUD René Léon

Par Daniel Grason

Né le 10 mars 1903 à Grandchamp arrondissement de Mantes-Gassicourt (Seine-et-Oise, Yvelines), mort le 16 août 1987 à Evreux (Eure) ; menuisier machiniste ; interné ; résistant.

René Giraud était marié et père d’un enfant, la famille habita 12 avenue Aristide Briand à Suresnes, puis le 19 mai 1935 au 12 avenue Alexandre Maistrasse à Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine). Du 26 février 1929 au 4 septembre 1939 il travailla comme menuisier machiniste aux Usines Talbot-Darracq au 35 quai Galliéni à Suresnes. Du bureau de recrutement de Chartres, il fut placé le 5 décembre 1939 en affectation spéciale comme ouvrier spécialisé, aux Établissements SIPA au 27 rue du Pont à Neuilly-sur-Seine.
La direction des usines Talbot le considérait « comme un fervent propagandiste des théories moscoutaires ». Cette appréciation à l’emporte-pièce se fondait sur son engagement lors des grèves du Front populaire en 1936 où il était délégué à l’atelier carrosserie.
Prudent il quitta le domicile familial en 1940, la 12ème Chambre le condamna par défaut le 14 janvier 1941 à un an de prison pour infraction au décret-loi du 26 septembre 1939. Un mandat d’arrestation fut délivré à son encontre le 28 juillet 1941.
Le commissaire du quartier Charonne s’adressa le 11 mars 1942 au Directeur des Renseignements généraux. Il lui signalait « qu’un individu disant se nommer Giraud René est entré le 20 décembre 1941 en qualité d’ouvrier aux Établissements Tarlé, 49 rue Saint-Blaise à Paris XXe arrondissement ».
Il avait quitté l’établissement « volontairement le 30 janvier 1942, soi-disant pour rentrer dans un hôpital ». La direction signalait deux faits concernant Giraud, son adresse personnelle était fausse, et il était en relation avec « Blavoyer, ancien communiste notoire ». De plus il avait donné comme adresse personnelle le 103 rue des Orteaux, or il y était inconnu.
René Giraud écrivit une lettre non datée à la direction de l’entreprise, il indiquait qu’il avait été dans l’impossibilité d’être hospitalisé à Paris. Il affirmait être dans sa famille en Côte-d’Or. Il demandait que le solde de sa paie soit versé à une dame Dechambre domiciliée au 94 rue des Haies à Paris (XXe arr.). Le directeur s’adressa par courrier à cette dame. Il lui rappelait « qu’aux termes de la convention collective en vigueur, tout ouvrier désirant quitter son emploi, est tenu de prévenir 3 jours à l’avance ».
Léon Giraud fut interpellé le 26 août 1942 par les gendarmes de Saint-Vaast dans la Manche et incarcéré. Le 12 mai 1944 le commissaire divisionnaire Fernand David chargea un inspecteur « de se livrer à toutes investigations y compris la consultation du dossier » pour déterminer « ses antécédents, sa conduite, son attitude politique, ses relations avec ses co-inculpés » Charles Patillon et Lucien Fournier.
Il comparaissait le 29 juin 1944 devant la Section Spéciale de la Cour d’Appel de Paris qui le relaxa « la preuve de sa culpabilité n’ayant pas été établie ». Il resta néanmoins un suspect. Il fut interné administrativement au camp d’Ecrouves en Meurthe-et-Moselle.
René Giraud a été homologué au titre de la Résistance intérieure française (RIF), mouvement Front national.
Il mourut à l’âge de 84 ans le 16 août 1987 à Evreux dans l’Eure.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article248034, notice GIRAUD René Léon par Daniel Grason, version mise en ligne le 10 mai 2022, dernière modification le 10 mai 2022.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. 77 W 85-103763. – Service historique de la Défense, Vincennes GR 16 P 258142.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément