CRUAU Fernand, Gervais

Par Louis Allard

Né le 28 octobre 1936 à La Membrolle-sur-Longuenée (Maine-et-Loire), mort le 11 juin 2022 à Angers (Maine-et-Loire) ; technicien préparateur ; militant CFTC puis CFDT ; délégué du personnel, élu au comité d’entreprise de Cégédur-Péchiney ; secrétaire-adjoint de l’Union départementale CFDT de Maine-et-Loire de 1976 à 1983 ; salarié dans une association de tourisme social et militant dans de nombreuses structures de l’économie sociale et solidaire.

Fernand Cruau (en 1990)
Fernand Cruau (en 1990)

Son père, Pierre Cruau (1905-1975), était ouvrier agricole. Pendant la seconde guerre mondiale, il fut prisonnier de guerre en Autriche durant cinq années. A son retour, il fut embauché aux Tréfileries et Laminoirs du Havre à Montreuil-Belfroy (Maine-et-Loire). Sa mère, Amélie Thuïa (1907-1967), était femme de ménage chez un médecin. Fernand Cruau eut un frère plus jeune, né en 1939. Son père fut trésorier des Anciens Combattants de La Membrolle. Sa mère était membre d’une amicale de femmes catholiques. Elle était pratiquante régulière. Son père ne fréquentait l’église que pour les cérémonies importantes.

A partir de l’âge de cinq ans, Fernand Cruau fut scolarisé à l’école primaire publique de La Membrolle. En 1947, il intégra le cours complémentaire à Segré (Maine-et-Loire). Il y obtint le Certificat d’études primaires (CEP) puis, en 1954, le Brevet d’enseignement industriel (BEI). Au cours de sa formation, il se présenta aux Certificats d’aptitude professionnelle (CAP) d’ajusteur et de dessinateur industriel mais ne les obtint pas. En dehors du parcours scolaire, il apprit la musique. Pendant la guerre, une parisienne réfugiée à La Membrolle, lui apprit le violon à l’âge de sept ans. Il continua les cours de violon à Segré et joua à l’orchestre symphonique local, puis apprit l’alto à vent à l’école de musique et joua à l’orchestre d’harmonie d’Angers (Maine-et-Loire). Après ses 18 ans, il joua du bugle à l’Harmonie municipale d’Angers et du violon dans le groupe folklorique Marc Leclerc. Il apprit le violon à quatre adolescents de La Membrolle, dont deux deviendront plus tard professeurs de violon. Plus tard, il ne poursuivit son activité musicale qu’à titre de loisir.

En septembre 1954, Fernand Cruau entra en qualité de technicien au service « prix de revient » des Tréfileries et Laminoirs du Havre, où travaillait son père. Cette usine de transformation de l’aluminium, située à Montreuil-Belfroy (Maine-et-Loire) proche d’Angers, employait 1300 salariés et devint ensuite Tréfimétaux puis Cégédur-Péchiney. Il participa un peu aux activités de la Jeunesse agricole catholique (JAC).

Entre janvier 1957 à mai 1959, il fit son service militaire dans les Chasseurs à pied à Granville (Manche), puis à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), avant de rejoindre El-Kseur en Kabylie pendant ce qu’on n’appelait pas encore la guerre d’Algérie. Il fut nommé caporal en septembre 1957 puis sergent en avril 1958.

A son retour du service militaire, en juin 1959, Fernand Cruau réintégra l’usine Cégédur comme technicien préparateur de fabrication. Il se syndiqua à la CFTC en 1960. Très influencé par Gaby Graveleau, responsable de la section syndicale, qu’il considérait comme son mentor, il devint délégué du personnel en 1962, puis secrétaire de la section syndicale en 1963. A ce titre, il participa au conseil du syndicat de la métallurgie de la région angevine et fut membre du bureau de l’Union locale des syndicats chrétiens d’Angers.

Comme la grande majorité des métallurgistes, Fernand Cruau fut favorable à l’évolution vers la CFDT, actée en novembre 1964. En 1968, il conduisit la grève qui dura quatre semaines chez Cégédur. Cette année-là, il devint membre du Comité central d’entreprise de Cégédur. En 1967, il entra au conseil de l’Union départementale CFDT de Maine-et-Loire.

En septembre 1976, Fernand Cruau quitta son entreprise pour devenir permanent CFDT, en qualité de secrétaire-adjoint de l’Union départementale de Maine-et-Loire. Il assuma cette responsabilité jusqu’en octobre 1983, aux côtés la secrétaire générale Moricette Jarry. Pendant cette période, il devint membre du conseil de l’Union régionale interprofessionnelle des Pays-de-la-Loire et membre de la Commission régionale de formation syndicale. C’est ainsi qu’en juin et juillet 1976, il anima six semaines de formation syndicale en Martinique à la demande de la Confédération.

En novembre 1983, après son mandat interprofessionnel, Fernand Cruau devint cadre commercial à l’INVAC (Investissement Vacances), structure nationale du tourisme associatif, travaillant prioritairement avec les comités d’entreprise. Il partit à la retraite en juin 1994.

Membre de l’Action catholique ouvrière (ACO) dans sa commune et dans son entreprise, il devint responsable du comité angevin puis du comité diocésain de l’Action catholique ouvrière (ACO) en Maine-et-Loire. De 1961 à 1968, il fut président de l’association locale « Famille rurale », membre du conseil fédéral de Maine-et-Loire, vice-président fédéral, responsable de la commission ouvrière. En 1968, il fut sollicité pour devenir président fédéral mais fit le choix de privilégier l’engagement syndical.

Fernand Cruau adhéra au Parti socialiste unifié (PSU) en 1967 puis au Parti socialiste (PS) de 1974 à 1978, ainsi que de 2012 à 2014. En 2002, il participa à la création du club angevin « Décidés » : Développement de la citoyenneté, de la démocratie et des solidarités. Il en fut le président de 2009 à 2011. En 2012, il participa au groupe politique local « Angers 14 » afin de préparer les élections municipales de 2014. En 2013, il adhéra à « Nouvel élan », parti politique local devenu ensuite association.

Une fois en retraite, Fernand Cruau prolongea son engagement syndical et politique en s’impliquant fortement dans l’économie sociale et solidaire. Ainsi, de 1995 à 2007, il fut membre du conseil d’administration de l’Inter-CE DACC (Développement des activités culturelles des comités d’entreprise et similaires), association créée par la CFDT de Maine-et-Loire. Il en fut le président en 1996 et 1997. De 1995 à 2009, il fut membre du conseil d’administration de Vacances activités culturelles atlantique (VACA), qui gérait le village-vacances de tourisme associatif à Piriac (Loire-Atlantique). Il en fut vice-président de 2001 à 2009. De 2003 à 2010, il fut membre du conseil d’administration de l’Union nationale des associations de tourisme (UNAT) pour la région Pays-de- la-Loire. A ce titre, entre 2004 et 2006, il fut membre du Conseil de la Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire (CRESS).

De 1997 à avril 2007, Fernand Cruau fut membre fondateur et président d’Anjou Domicile, plate-forme de services à domicile en Maine-et-Loire qui rassemblait les structures de l’aide à domicile du département et d’autres partenaires, dont l’Inter-CE DACC, l’UD CFDT, la Mutualité française Anjou-Mayenne, la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (FNARS), le réseau national de l’économie sociale et solidaire « COORACE », Chèque-Déjeuner, et le Centre communal d’action sociale (CCAS) d’Angers. De 2006 à 2012, il fut vice-président fondateur de l’Inter-réseau de l’économie sociale en Anjou (IRESA), plate-forme rassemblant au départ 35 structures (140 en 2021) de l’économie sociale de Maine-et-Loire). En sont également membres les Unions départementales CFDT et CFTC.

De 2016 à 2021, il siégea au Conseil d’administration de VIEXIDOM (Association d’aide, d’accompagnement et de soins domicile en Maine-et-Loire, employant 300 salariés). Il fut vice-président de l’UNA 49 (Union nationale de l’aide, des soins et services à domicile 49), en 2016 et 2017. Il fut aussi, en 2019, membre fondateur de l’APCF49, Association projet coopérative funéraire. Il devint le président puis le vice-président, de cette association qui en septembre 2021, créa la Coopérative funéraire 49 Pompes Funèbres de l’Anjou (sous la forme d’une SCIC).

Fernand Cruau s’était marié en 1960 avec Françoise Rocher, secrétaire. Le couple eut trois enfants : des jumeaux, Jean-Pierre et Christine en 1961, puis Véronique en 1965. Après son divorce en 1994, il vécut maritalement avec Marie Savoie, secrétaire au Comité d’expansion économique de Maine-et-Loire puis secrétaire administrative à l’Union départementale CFDT de Maine-et-Loire. Elle milita à l’Association de familles d’enfants atteints de leucémie ou de tumeur (AFELT), ainsi qu’à « Espace femmes 49 ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article248120, notice CRUAU Fernand, Gervais par Louis Allard, version mise en ligne le 15 mai 2022, dernière modification le 17 juin 2022.

Par Louis Allard

Fernand Cruau (en 1990)
Fernand Cruau (en 1990)

SOURCES :
Arch. Union départementale CFDT de Maine-et-Loire. — Entretiens avec Fernand Cruau en 2021 et 2022.

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