MOHEDANO SÁNCHEZ Alfonso alias « MORENO »

Par André Balent

Né en 1914 (le 29 juillet ?) à Vilanueva de Córdoba (province de Cordoue, Andalousie, Espagne) ; militant du Parti communiste d’Espagne (PCE) ; en 1944, vivait dans les environs de Saint-Girons (Ariège) ; résistant de l’Ariège : 3e bataillon de la 3e division (Ariège) de Agrupación de guerrilleros españoles (AGE) ou maquis espagnol de la Crouzette ; a participé aux combats de la Libération de Saint-Girons (20-21 août 1944) puis à l’opération Reconquista de España en octobre 1944

Alfonso Mohedano a quelquefois reçu, à tort, le prénom de « Manuel » dans certaines publications faisant état de sa participation à la Résistance dans le Couserans (Ariège). Dans son dossier (non consulté) au Service historique de la Défense (SHD) à Vincennes (cote GR P 423779) on le fait naître le 29 juillet 1914 à Villanova (Corse / Corse-du-Sud). La consultation de l’état civil et des tables décennales de cette commune corse montre qu’il n’en est rien. De fait la proximité de sens entre les toponymes corse (Villanova) et castillan (Vilanueva) [Villeneuve en français] a pu induire en erreur le fonctionnaire qui ouvrit son dossier au SHD qui transforme par ailleurs son pseudonyme en « Mereno ».

D’après Ferran Sánchez Agustí (op.cit., 2011, p. 17], Alfonso Mohedano avait épousé Carmen García (née à Barcelone en 1925). Ils auraient eu une fille, Marisol.

Ayant rejoint le maquis de la Crouzette (3e bataillon de la 3e brigade (Ariège) de l’AGE, il en fut le commissaire politique. Ces responsabilités indiquent qu’il était adhérent du PCE clandestin en France.

Les chefs militaires de ce maquis étaient le commandant Alfonso Soto alias « el Barbero » et son adjoint Fidel Puerto « Ramon ». Mohedano participa aux actions que son bataillon mena de puis le col de la Crouzette (Voir aussi Sánchez Herrero Bruno).

Il fut amené à participer à commander l’un des groupes armés qui participèrent, le 20 août 1944, aux combats de la libération de Saint-Girons contre les Allemands et leurs supplétifs. Il participa aussi (21 et 22 août 1944) aux combats de Rimont et de Castelnau-Durban contre le Marschgruppe qui, de Saint-Girons avait l’intention de gagner Foix puis la vallée du Rhône par le Bas Languedoc, mais qui, vaincu par la Résistance, capitula à Ségalas.

Après la Libération, il fut engagé dans l’opération Reconquista de España dont le principal objectif était le Val d’Aran. Il était, entre temps devenu le commandant de la 468e brigade de l’AGE issue de la transformation du 2e bataillon de la 3e brigade en brigade à part entière.

Le 14 octobre 1944, la 468e brigade pénétra en Espagne, dans le Val d’Aran, depuis le village pyrénéen de Sentein (Couserans, Ariège). Ils traversèrent avec difficulté le territoire aranais d’est en ouest pour atteindre sur le versant sud des Pyrénées (le Val d’Aran, rattaché à l’Espagne, forme la haute vallée de la Garonne), la vallée de la Noguera Ribagorçana, au niveau du tunnel routier de Vielha qui unit cette vallée au Val d’Aran. Le 20 octobre, Mohedano fut terrassé par une rage de dents. Accompagné par Miguel Carrizo, un lieutenant de sa brigade et guidé par un berger, il regagna la France.

Nous ignorons ce qu’il devint ensuite.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article248155, notice MOHEDANO SÁNCHEZ Alfonso alias « MORENO » par André Balent, version mise en ligne le 16 mai 2022, dernière modification le 23 juin 2022.

Par André Balent

SOURCES : SHD (Service historique de la Défense), Vincennes, 19 P 09/20 (3e brigade de l’AGE). — Arch. dép. Ariège, 64 J 213, fonds Claude Delpla, maquis de la Crouzette (FTPF& AGE). — Claude Delpla, La bataille de Rimont et de Castelnau-Durban, Saint-Girons, imprimerie Barat, 1994, 39 p. [p. 10]. — Claude Delpla, La libération de l’Ariège, Toulouse, Le Pas d’Oiseau, 2019, 514 p. [p. 206-212]. — Narcís Falguera (dir.), Guérilleros en terre de France. Les républicains espagnols dans la Résistance française, Pantin, Le Temps des cerises, 2004, 316 p. [p. 118]. — Ferran Sánchez Agustí, Maquis en el Alto Aragón. La guerrilla española. La guerrilla en los Pirineos centrales (1944-1949), Lérida, Editorial Milenio, 2011, 391 p. [p. 17, 19, 21]. — Site Mémoire des Hommes consulté le 12 mai 2022.

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