EVEN René

Par Alain Prigent

Né le 3 juillet 1932 à Kerpert (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor) ; instituteur ; militant du SNI et du PCF ; maire de Trélévern (Côtes-d’Armor) de 1998 à 2001.

René Even naquit dans une petite commune de l’Argoat au cœur du pays bretonnant, dans le canton de Saint-Nicolas-du-Pélem. Ses parents, instituteurs, François Even et Simone née Le Brouder, obtirent leur mutation pour Saint-Laurent-Bégard (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor), une commune du canton de Bégard où l’influence du PCF était déjà forte avant guerre. Ils furent très actifs au moment de la lutte contre les ventes-saisies avec leurs camarades du rayon de Bégard, Félix et Thérèse Quemper, Ernest Carriou et Nicolas Arzul.

Après des études au collège moderne de Guingamp, René Even fut reçu à l’école normale de Saint-Brieuc. Il fit partie de la promotion 1949-1953 qui était composée des futurs parlementaires Yves Dollo* et Félix Leyzour*, et quelques autres militants qui jouèrent un rôle important au niveau départemental comme Edouard Le Caroff*, Auguste Le Coënt* et François Le Merle*. Even se maria le 27 août 1955 à Garches (Seine-et-Oise) avec Odette Riou-Kerfert.

Even fut membre de l’important cercle de l’UJRF (union de la jeunesse républicaine de France) de l’école normale, véritable pépinière de militants. Il prolongea son engagement en adhérant au PCF en 1959. Sa carrière d’instituteur le conduisit d’abord dans la partie orientale du département à Plélan-le-Petit, puis à Trélivan. Très vite il revint dans le Trégor à Prat (1959-1976) puis à Perros-Guirec jusqu’à sa retraite en 1988. Il milita au sein de la section départementale du SNI. D’abord comme délégué cantonal à Plélan-le-Petit en 1955. Il fit partie de la commission des maîtres des écoles rurales rattachée au conseil syndical d’union dirigé par Maurice Renault* et Sylvain Loguillard*. L’union réalisée entre les syndicalistes communistes et socialistes en rupture avec la SFIO fut essentielle dans le développement de l’école publique dans un département très rural et où l’influence de l’enseignement catholique était encore très forte. Even fit un mandat au sein du conseil syndical du SNI au titre de la tendance Unité et Action en 1971 à un moment où la tendance EE se retira de la gestion hétérogène de la section départementale (1965-1970).

Dès son arrivée à Prat (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor), René Even s’engagea dans la vie politique locale. En 1965, il fut élu avec trois de ses colistiers face à la liste du maire également conseiller général de droite Yves Le Bourdonnec. Il siégea au conseil municipal dans une opposition constructive jusqu’à son départ pour Trélévern (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor) en 1976. Militant de la cellule de Prat, il fut le candidat du PCF à l’élection cantonale de La Roche-Derrien en 1967 où il obtint 25,6 % des suffrages exprimés face à son maire qui fut ré-élu dès le premier tour, la gauche non communiste ne présentant pas de candidat.

Dans les années 70, il se consacra essentiellement à ses mandats municipaux. Il reprit sa carte du PCF au sein de la section PCF de Perros-Guirec, dirigée par Guy Drouillard*. Il fut élu à quatre reprises au conseil municipal de Trélévern. En 1977, il mena une liste d’Union de la Gauche reconnue par les dirigeants cantonaux du PC ( Drouillard*) et du PS (Toutin) qui obtint au 1er tour plus de 40 % des suffrages exprimés devançant nettement les autres listes. Even fut élu avec deux de ses colistiers au second tour face à une majorité issue de la fusion d’une liste de droite et d’une liste apolitique. En 1983, les nouveaux rapports de force placèrent le PS en tête de la gauche. Michel Le Ralec*, instituteur socialiste, militant « Unité et Action » et administrateur de la MGEN, qui avait refusé l’investiture en 1977, se lança dans la bataille à la tête de l’union de la gauche qui gagna l’élection. Even fut son 1er adjoint. En 1989, Le Ralec et Even furent avec la liste de gauche rejetés dans l’opposition. En 1995, Le Ralec décida de se retirer de la vie publique sans désigner de successeur. Even décida trop tardivement de reprendre la tête de la liste de gauche qui échoua dans sa tentative de reconquête de la mairie (7 élus sur 15).

Mais la démission du maire Claude Le Gros provoquant une crise municipale, Even fut élu maire pour la fin du mandat (1998-2001). En 2001, il conduisit une liste de gauche qui fut battue par François Bouriot, un des dirigeants du mouvement des radicaux de gauche dans le département.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article24817, notice EVEN René par Alain Prigent, version mise en ligne le 4 mars 2009, dernière modification le 5 mars 2009.

Par Alain Prigent

SOURCES : Arch. de la FSU 22. — Une semaine dans les Côtes-du-Nord, supplément de l’Humanité Dimanche. — L’Aube nouvelle. — Ouest-Matin. — Fichier des membres du comité fédéral de la Fédération des Côtes-du-Nord du PCF établi par Gilles Rivière. — Entretien réalisé le 28 mars 2008. — État civil de Kerpert.

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