BOUVIER Marcel

Par André Vessot

Né le 3 janvier 1922 à Lyon VIe (Rhône), mort le 15 août 1990 à Vénissieux (Rhône) ; typographe, militant à la Fédération des syndicats chrétiens des travailleurs du livre-papier CFTC, et à la Fédération de la chimie CFTC puis CFDT, membre du conseil, du bureau et président de l’UD du Rhône ; conseiller municipal de Ternay (Rhône).

Marcel Bouvier, le 1er mai 1960, à la Bourse du travail de Lyon
Marcel Bouvier, le 1er mai 1960, à la Bourse du travail de Lyon

Fils unique de Charles Marcel Bouvier, chef-comptable, originaire de Delémont (alors dans le canton de Berne, Suisse, maintenant dans le canton du Jura) et de Louise Antonia Berrier, brodeuse, Marcel Bouvier vécut son enfance à Lyon. Ses parents divorcèrent alors qu’il n’avait que 5 ans. Il a vécu son enfance dans le quartier des Brotteaux, avec sa mère et ses grands-parents maternels. Il allait à l’école catholique primaire de Bellecombe et a fait sa communion solennelle à l’église Notre Dame de Bellecombe.
Après le Certificat d’études primaires, il fit deux années d’études à l’École nationale professionnelle La Martinière, Sous l’égide de la Société d’enseignement professionnel du Rhône, il continua avec des cours du soir : deux ans en français et calcul (La Martinière) et deux ans en formation de conducteur typographe (Groupe Lamartine). Enfin il suivit des études de radio-électricité (La Martinière).
Il fut membre de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC).
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Marcel Bouvier partit de mars à octobre 1942 aux chantiers de jeunesse dans l’Ain, avec une fonction de vaguemestre. Pour éviter d’être envoyé en Allemagne où il était requis par le Service du travail obligatoire (STO), il passa en Suisse en janvier 1943, mais ayant un père suisse il fut contraint d’effectuer 621 jours de service militaire dans l’armée suisse, où il termina au grade de sous-officier. Restant en Suisse, il occupa ensuite de petits emplois : décolleteur, ouvrier agricole, batteur en grange, puis ouvrier minerviste pour la mise en page des textes dans une imprimerie à Delémont) et une autre à Berne. Il fut enfin ouvrier de montage dans une fabrique d’horlogerie à Saint-Blaise (canton de Neufchâtel). Il ne revint en France qu’à la fin de l’année 1945.
Marcel Bouvier fut alors embauché comme ouvrier-typographe à l’imprimerie Arnaud à Villeurbanne (Rhône). Il adhéra au syndicat du livre CFTC dont il fut élu secrétaire en 1946. Toutefois les conditions de la liberté syndicale n’étaient pas très faciles en raison des pressions de la CGT très présente dans cette profession.
Marcel Bouvier annonça dans la Voix sociale la tenue à Lyon en octobre 1947 du onzième congrès national du Livre CFTC. Il fut aussi présent à l’assemblée générale du 13 décembre 1947 de l’Union syndicale CFTC des employés de la région lyonnaise, où il présenta le rapport moral. En 1949, à l’issue du congrès de la Fédération des syndicats chrétiens des travailleurs du livre-papier (CFTC) il fut élu trésorier adjoint. Au cours de ce congrès il présenta un rapport sur la presse.
Devenu, en 1951, secrétaire permanent de l’Union syndicale des employés de la région lyonnaise, il s’occupait également des syndicats de VRP, de l’alimentation, du livre, des employés de maison. Il assistait les salariés devant le Conseil de prud’hommes et suivait les problèmes de juridiction du travail. Mais en 1954 la situation financière déficitaire ne permit pas aux syndicats d’employés et de VRP de le conserver en qualité de permanent
Marcel Bouvier se reconvertit alors dans l’industrie chimique, d’abord à Saint-Fons (Rhône) où il fut embauché comme ouvrier par Saint-Gobain. En 1957 il suivit une formation d’agent de maîtrise dispensée à Wasquehal (Nord) et Chauny (Aisne). À l’issue de cette formation il fut affecté à l’usine de silicones où il devint par la suite chef du personnel. Il termina sa carrière comme responsable du service paie de l’usine Rhône-Poulenc à Saint-Fons, puis comme animateur de sessions de formation économique pour l’encadrement.
Marcel Bouvier poursuivit son engagement syndical à l’Union départementale CFTC. Pour lui l’activité interprofessionnelle constituait une barrière au corporatisme. Lors des congrès UD successifs de 1953 à 1960 il fut élu au conseil et au bureau de l’UD. Au congrès du 18 octobre 1958 il présenta un rapport sur « Notre attitude, notre place et notre action face aux nouvelles structures (économiques et sociales) ». Marcel Bouvier prit la parole au nom de l’UD CFTC à l’ouverture de l’important meeting unitaire (CFTC, CGT, UNEF) qui rassembla plus de 2000 personnes le 1er mai 1960 à la bourse du travail de Lyon, axant son intervention sur la défense des conquêtes ouvrières et la fin de la guerre d’Algérie par la négociation. Marius Martin s’exprima ensuite au nom de l’UD CGT. Après le congrès de 1960 il fut élu président de l’UD. Le bureau élu lors du conseil du 27 janvier 1961 lui donna la responsabilité de l’organisation des syndicats et unions locales, de l’administration de l’UD, des loisirs (notamment l’association Arts et joie) et du comité financier.
Au niveau confédéral, les 28-29 et 30 mai 1955, Marcel Bouvier avait participé et pris la parole au 28e congrès de la CFTC à Asnières. La délégation lyonnaise était constituée notamment d’Alexis Delorme, Benoit Mayoud, Jacques Pouzache, Pierre Tolon, Marius Crozet, Louise Godart, etc …
Adhérent au Syndicat lyonnais des industries chimiques SLIC -CFTC depuis sa reconversion dans la chimie, il fut membre du bureau de la Fédération Chimie et participa au 13e congrès de cette fédération en 1962 à Clermont-Ferrand ainsi qu’au 14e congrès en juin 1964 à Lyon alors qu’Edmond Maire en était secrétaire général adjoint puis secrétaire général. Après le congrès confédéral de novembre 1964, il poursuivit son action au sein de la CFDT. Lors du comité fédéral de la Chimie des 13-14 février 1965 il fit une intervention au nom du SLIC sur le rapport d’orientation « Stratégie syndicale » où il insista sur l’importance de la formation syndicale.
En 1966 Marcel Bouvier s’installa à Ternay (Rhône) avec sa famille. Militant du Parti socialiste auquel il avait adhéré dans les années 1970, il se présenta aux élections municipales de 1977 sur une liste d’union de la gauche. Il fut élu conseiller municipal de Ternay et occupa le poste de premier adjoint. Amoureux de la nature, il œuvra pour que le Grand-Clos, parc qui était à l’abandon mais très convoité par les promoteurs, devienne un lieu où ses concitoyens aimeraient se promener. Après son décès une allée de ce parc fut baptisée « Allée Marcel-Bouvier ».
Arrivé à l’âge de la retraite en 1977 (suite à un accord de préretraite à l’âge de 55 ans) Marcel Bouvier resta fidèle à la CFDT et continua à militer au sein de l’Union départementale interprofessionnelle des retraités du Rhône, dont il fut élu président en 1987.
Durant toute sa vie professionnelle et syndicale, Marcel Bouvier fut aussi militant de l’Action Catholique Ouvrière (ACO).
Il décéda d’une crise cardiaque. Il avait fait don de son corps et ne souhaitait pas de funérailles. Une messe fut célébrée à son intention à l’église de Ternay le 18 août 1990.
Marcel Bouvier s’était marié le 13 octobre 1947 avec Renée Clémentine Blanc, jeune militante dans le secteur bancaire. Ils eurent quatre enfants.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article248207, notice BOUVIER Marcel par André Vessot, version mise en ligne le 18 mai 2022, dernière modification le 18 mai 2022.

Par André Vessot

Marcel Bouvier, le 1er mai 1960, à la Bourse du travail de Lyon
Marcel Bouvier, le 1er mai 1960, à la Bourse du travail de Lyon
Marcel Bouvier (à gauche) aux cotés d'Edmond Maire (à droite), Comité de la Fédération de la Chimie CFDT, 1965
Marcel Bouvier (à gauche) aux cotés d’Edmond Maire (à droite), Comité de la Fédération de la Chimie CFDT, 1965

SOURCES :
Mairie de Lyon VIe, acte de naissance. — Arch. PPo Ga 127 (77841). — BNF Gallica, La voix sociale du sud-est n° 375 (28 septembre1947), n° 378 (9 novembre 1947), n° 382 (4 janvier 1948), n° 411 (septembre 1949), n° 473 (15 juin 1955). — L’histoire de la Fédération de la chimie CFDT de 1938 à nos jours, Guy Brucy, 1997, Syros. — Arch. confédérales CFDT, — Arch. dépt. du Rhône, fonds UD CFTC-CFDT, 68 J. — Arch. UD CFDT, La voix de la CFDT du Rhône, 12 mai 1989 et 28 septembre 1990. — Arch. Alexis Delorme, La voix sociale du sud-est n° 524 (mai 1960) — Informations fournies par son fils Jean-Paul Bouvier, février et mars 2022. — Avis de décès. — Notes de Marie-Cécile Bouju.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément