GUILLAC Lucien, Georges

Par Christian Penot

Né le 12 septembre 1936 à Colayrac-Saint-Cirq (Lot-et-Garonne), abattu le 22 juillet 1944 au village de Népoulas, commune de Compreignac (Haute-Vienne) ; victime civile.

Le 22 juillet 1944, Georges Guillac, âgé de sept ans, en vacances chez ses grands-parents, fut abattu par des soldats allemands au village de Népoulas (Commune de Compreignac) alors qu’il gardait des vaches dans un pré bordant la route nationale (RN) 20. Devant l’émotion suscitée par ce crime, le général Gleininger, commandant la garnison de Limoges, le justifia en insinuant qu’il était la conséquence d’une attaque du maquis contre un convoi. Une enquête menée par la police judiciaire en novembre 1944 rétablit les faits. Elle fut basée sur le témoignage du chauffeur qui conduisait ce jour là le véhicule de tête du convoi en question.
Vers 8h30, un convoi de ravitaillement s’ébranlait de la capitale limousine en direction de Châteauroux par la RN 20. Il était constitué de quatorze camions, conduits par des chauffeurs français réquisitionnés. Le camion de tête était chargé de soldats en armes et un sous-officier avait pris place à côté du chauffeur. Craignant certainement les accrochages avec les maquis, le convoi progressa à faible allure et tous les véhicules croisés furent contrôlés.
Vers 11h, arrivant à hauteur de la dernière ferme du hameau de Népoulas, subitement et sans raison, le sous-officier assis dans le véhicule de tête ouvrit le feu sur la façade du bâtiment. Aussitôt les soldats du convoi ouvrirent le feu et cernèrent la ferme. Apeuré, Georges Guillac qui gardait des vaches dans le pré situé à l’arrière de la ferme se réfugia derrière un arbre. Quatre soldats accroupis le long d’un muret tirèrent sur un bois à proximité. La fusillade ayant cessé, le garçonnet voyant sa grand-mère venir dans sa direction, quitta son refuge pour la rejoindre (sans courir). A ce moment-là, les soldats placés derrière le muret ouvrirent le feu sur lui. Georges s’écroula mortellement blessé. Parallèlement, des grenades furent jetées dans la cave de la ferme et un homme présent fut brutalisé. Après le retour au calme, le convoi reprit sa route.
Georges Guillac fut reconnu « Mort pour la France » le 20 juin 1972. Une stèle implantée sur les lieux rappelle cet évènement tragique.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article248253, notice GUILLAC Lucien, Georges par Christian Penot , version mise en ligne le 22 mai 2022, dernière modification le 22 mai 2022.

Par Christian Penot

SOURCES : Arch. Nat. 19880016-26-2 (dossier des crimes de guerre en Haute-Vienne). — Arch. Dép. Haute Vienne 185W1-36. — CAVCC 21 P 352215. — État civil de la commune de Compreignac.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément