EYGOUT Jean, Marcel

Par Jacques Girault, René Crozet

Né le 9 octobre 1905 à Port-sur-Saône (Haute-Saône), mort le 14 novembre 2003 à Saint-Cyr-sur-Mer (Var) ; professeur ; membre du bureau national du SNET (1951-1964), membre du bureau national de la MGEN.

Fils d’un artisan cordonnier originaire de la Corrèze qui avait huit enfants, Jean Eygout, après avoir obtenu le certificat d’études primaires, commença un apprentissage de cordonnier chez son père. Toutefois son instituteur lui fit préparer le concours des bourses et il fut admis à l’école primaire supérieure de Luxeuil (Haute-Saône). Il réussit le concours de l’École normale d’instituteurs de Vesoul (Haute-Saône) en 1921. Détaché à l’ENI de Mirecourt (Vosges) comme surveillant (1924-1926), maître-interne à l’école nationale professionnelle d’Épinal (Vosges) entre 1926 et 1928, il prépara le concours de l’École normale de l’enseignement technique qu’il réussit en 1928 en section D. Tout en étant maître d’internat à l’école Dorian, il suivait les cours de l’école, boulevard de l’Hôpital, et termina major de sa promotion.

Après son service militaire dans l’infanterie (octobre 1930-octobre 1931 avec le grade de sergent), Jean Eygout fut nommé à l’École pratique de commerce et d’industrie de Châlon-sur-Saône (Saône-et-Loire) devenue École nationale professionnelle. Il donnait parallèlement des cours municipaux dans sa spécialité et fut chargé du cours d’administration et de gestion à l’École nationale des Arts et Métiers de Cluny.

Jean Eygout se maria en septembre 1928 à Épinal avec la fille d’un entrepreneur de carrières. Le couple eut une fille puis un garçon. Son épouse devint attachée de direction après la guerre.

Jean Eygout adhéra au Parti socialiste SFIO à Châlon. Membre du Syndicat des professeurs de l’enseignement technique, il présida, sur proposition du maire socialiste de la ville, un meeting antifasciste en février 1934. Initié à la franc-maçonnerie dans la loge du Grand-Orient de France, « Les cœurs unis » à Vesoul, il fréquentait la loge de Châlon. Il fut un des premiers adhérents, dans le département, de la Mutuelle assurance automobile des instituteurs de France en 1936. Il fut délégué aux congrès de la 9ème région de la section A du Syndicat de l’enseignement technique en 1936 et en 1937.

Jean Eygout, tout en enseignant, effectua des stages d’économat, de courte durée, aux ENP de Châlon, de Voiron (Isère), d’Egletons (Corrèze). Il réussit en 1935 au concours de recrutement des économes des écoles nationales de l’enseignement technique et fut nommé à l’ENP de Nancy (septembre 1937). Toujours membre du Parti socialiste SFIO, il fut mobilisé en septembre 1939 dans un régiment régional de protection des fonderies à Foug (Meurthe-et-Moselle). Hospitalisé pendant l’invasion allemande, puis replié avec sa famille en Saône-et-Loire, il reprit son poste à Nancy en septembre 1940 où il eut à gérer un établissement, avec internat partiellement occupé par des troupes allemandes puis américaines, notamment en organisant des cultures pour le ravitaillement de l’école. A partir d’octobre 1940 à juin 1941, il géra aussi l’ENP d’Épinal.

Après la Libération, Eygout ne renouvela pas son affiliation maçonnique mais reprit sa carte au Parti socialiste SFIO pour une année, cessant d’adhérer en 1946. Titulaire du certificat d’aptitude au professorat dans les écoles normales nationales d’apprentissage (section d’administration financière et d’économat), il exerça comme professeur de sciences et techniques économiques à l’ENNA de filles (rue de la Tour) de Paris, chargé des cours de comptabilité, de législation, d’hygiène et de la formation de futurs économes. Après la suppression de la section Administration financière, il fut chargé de l’information administrative dans toutes les sections et de la direction des études dans les sections de comptabilité et de secrétariat. Il termina sa carrière, en 1970, comme directeur adjoint de l’ENNA, fonction qu’il exerça à partir d’octobre 1969. Il était l’auteur de manuels dans sa spécialité (administration et comptabilité des établissements d’enseignement technique, législation financière, comptabilité publique, achats, marchés).

Jean Eygout fut chargé du contrôle financier lors du congrès du Syndicat national de l’enseignement technique en 1950 et 1951. Il signa à partir de 1952 les appels à voter pour les listes « autonome » aux élections à la commission administrative du SNET dont il demeura membre titulaire jusqu’à la fusion avec le Syndicat national de l’enseignement secondaire en 1966. Le 16 juin 1966, il fut élu sur la liste autonome au poste de secrétaire du groupe de travail aux affaires sociales du nouveau syndicat.

Jean Eygout appartint au bureau national du SNET de 1951 à 1964. Il y fut chargé successivement des personnels de la ville de Paris, des affaires sociales et des retraites (1951-1956), des questions administratives, du contentieux, de l’immeuble du syndicat, de la liaison avec la Mutuelle générale de l’éducation nationale (1953-1960). Membre du secrétariat à partir de 1957, il était responsable des mêmes domaines auxquels s’ajoutait la responsabilité des secrétaires de direction. A partir d’avril 1960, il devint le trésorier national du syndicat. Il fit partie de la commission de contrôle de la Fédération de l’éducation nationale.

En 1956 et en 1960, Jean Eygout fut candidat du SNET pour la Commission administrative paritaire nationale pour la catégorie des agrégés et assimilés. En 1958 et en 1966, désigné comme titulaire au Conseil de l’enseignement technique au titre des personnels enseignants (enseignement général et atelier) des écoles normales techniques, il fut aussi au Conseil supérieur de l’Éducation nationale (section du contentieux).

Après la fusion de 1966 avec le SNES, Jean Eygout siégea une année à la CAPN pour les directeurs et les personnels d’ENNA. Lors de la présentation du rapport d’activité au congrès du SNET de 1966, Louis Astre signala qu’en 1965, il avait été proposé à l’unanimité par la commission paritaire à un poste de direction mais que le ministère s’était opposé à ce que la proposition de la commission paritaire soit suivie d’effet. Il fut aussi le suppléant au secrétariat de la catégorie des agrégés. Il resta membre du SNES jusqu’en 1992. Lors de la scission, il préféra adhérer au Syndicat national des personnels de direction de l’Éducation nationale pour pouvoir continuer à être membre de la FEN.

Jean Eygout, bien qu’il n’ait pas fait acte de candidature, fut conseiller municipal de sa commune de résidence, Mondreville en Seine-et-Oise, pendant deux mandats (1959-1965, 1965-1971). Il fit partie des commissions du budget, de la caisse des écoles et de la commission communale des impôts directs pendant les deux mandats. Pendant son premier mandat, il fut suppléant au syndicat intercommunal des eaux de Gilles-Mesnil Simon. Durant le second, il siégea à la commission de l’aide sociale. Habitant Montfort-l’Amaury, il fut candidat sur la liste socialiste sans être membre du Parti.

Parallèlement, Jean Eygout, membre de la commission administrative de la section départementale de la Seine, puis de Paris de la Mutuelle générale de l’Education nationale de 1948 à 1976, exerça les fonctions de trésorier de 1954 à 1976. Membre du conseil d’administration (1956-1975) et du bureau national (1963-1971) de la MGEN, il en fut le secrétaire général adjoint (1963-1971) responsable de la branche Orphelinat. Délégué à la Fédération mutualiste de la Seine puis de Paris (1954-1976), il fut administrateur de la Fédération des mutuelles de fonctionnaires (1970-1976). Au titre de la MGEN et comme membre du conseil d’administration d’Arts et Vie, Jean Eygout fit partie des premiers responsables du Comité de coordination des œuvres mutualistes et coopératives de l’Éducation nationale. Après sa retraite, il continua à être le trésorier d’Arts et Vie, de l’association Ciné club de l’ENNA, de l’association de Solidarité sanitaire et sociale et le trésorier-adjoint de la CASDEN.

À la fin des années 1980, veuf, Jean Eygout résidait dans la maison des retraités de la MGEN à Saint-Cyr. Il participait à toutes les réunions départementales de la Fédération générale des retraités.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article24827, notice EYGOUT Jean, Marcel par Jacques Girault, René Crozet, version mise en ligne le 4 mars 2009, dernière modification le 5 avril 2019.

Par Jacques Girault, René Crozet

SOURCES : Arch. Nat., AJ/16/5979, F17 13353, 30291/B. — Arch. PPo GA, A5, 702270 (dossier Astre), B13, 43458 (dossier Bonissel). — Arch. IRHSES. — Fonds Louis Astre. — Presse syndicale. — Sources orales. — Renseignements fournis par l’intéressé, par la mairie de Mondreville. — Notes de Julien Veyret.

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