BARBAZANGES Berthe

Par Dominique Tantin

Née le 26 février 1921 à Vitrac-sur-Montane (Corrèze), morte le 11 mars 1944 à Tulle (Corrèze) ; employée ; résistante dans les Francs-Tireurs et Partisans (FTP).

Berthe Barbazanges photographiée à Clermont-Ferrand, à l’occasion de ses 23 ans
Berthe Barbazanges photographiée à Clermont-Ferrand, à l’occasion de ses 23 ans
Crédit : Madame Paulette Comte, nièce de Berthe Barbazanges

Berthe Barbazanges était la fille de Jean, né le 24 janvier 1879 à Bar (Corrèze), mort le 5 juin 1935 à Vitrac-sur-Montane, et de son épouse Louise née Faugeras le 2 décembre 1891 dans la commune de Corrèze (morte le 2 septembre 1965 à Vitrac-sur-Montane). Ses parents s’étaient mariés le 25 novembre 1911 à Corrèze.
Berthe Barbazanges était la troisième d’une fratrie de sept enfants dont Georges, (1912), Antoinette (1918), Armand et Joséphine. Son père et son oncle Jules furent mobilisés en 1914-1918. Son oncle, soldat du 300e RI, fut tué à l’ennemi à l’âge de 27 ans le 15 septembre 1914 à Minaucourt-le-Mesnil-lès-Hurlus (Marne).
Berthe Barbazanges avait le niveau du certificat d’études primaires. Très affectée par la mort de son père en 1935, elle avait raté l’examen. Le directeur l’avait alors engagée comme employée de maison.
À 20 ans, rêvant d’une autre vie, elle est partie rejoindre sa sœur Josette, prise en charge par leur tante cultivatrice à Papon (Puy-de-Dôme). Très vite, elle fut engagée par un couple de restaurateurs qui tenait un hôtel restaurant près de la gare de Clermont Ferrand. Tout allait très bien mais, au début de 1944, l’hôtel fut réquisitionné pour héberger des officiers Allemands.
Selon le témoignage de sa nièce, madame Paulette Comte (25 mai 2022), Berthe Barbazanges, dite « Betty » « faisait déjà œuvre de Résistance à Clermont Ferrand. Réquisitionnée par un officier allemand pour travailler à l’usine des Gravanches, elle refusa de travailler pour l’ennemi et, avec l’aide de ses patrons, se réfugia chez une tante à Papon. Cette dernière lui conseilla de s’éloigner davantage et de retourner chez sa mère en Corrèze. Elles ignoraient que sa mère, ses frères et sœurs étaient tous impliqués dans la Résistance, et que le petit café de sa mère Louise était devenu un lieu de rencontre voire d’hébergement pour les maquisards des camps environnants. Arrivée en Corrèze, elle ne put rester chez sa mère. Si les Allemands la recherchaient ou si elle avait été suivie, toute la famille et les réseaux alentours étaient en danger. Elle fut cachée dans une famille amie, mais au bout de 15 jours, rien ne laissant deviner qu’elle avait été suivie, elle revint chez sa mère en attendant de rejoindre une famille pour une formation plus poussée car, entre-temps, elle avait rejoint la 233ème compagnie de FTPF. C’est là, que quinze jours après son retour, le plus cruel des destins va l’atteindre. A-t-elle été suivie ? L’exécuteur était-il un collaborateur infiltré dans le Maquis ? Difficile de répondre. Aujourd’hui, après avoir effectué bien des recherches et entendu de nombreux témoignages dont un d’une personne qui savait… mais qui a disparu avant de m’avoir tout confié, il ne fait plus aucun doute sur le fait que Berthe a été volontairement éliminée. Pourquoi ? Le Ministère de la Défense m’a accordé un extrait de son dossier, il semblerait qu’une partie soit confidentielle… […] Grièvement blessée par balle de revolver, le 8 mars 1944, vers 18h30, Berthe a été hospitalisée à l’hôpital de Tulle, dans la nuit du 8 au 9 mars 1944, plus précisément le 9 vers 5/6h du matin. Le docteur de Corrèze (ville) qui s’était déplacé au domicile le 8, vers 20h30, a dû trouver une voiture pour le transport et la famille de l’essence. De plus Tulle était soumis au couvre-feu. Elle a atrocement souffert. Elle est morte à l’hôpital, le 11 mars vers 16h, dans les bras de Georges, son frère aîné (devenu mon père, en avril 1942). Georges, fou de douleur, a trouvé un camion pour ramener immédiatement son corps à la maison où tous ses ami(e)s maquisards sont venus, la nuit, lui rendre hommage. Elle est donc déclarée morte à Vitrac-sur-Montane sa commune de naissance. »
Nos recherches en ligne d’un dossier au SHD sur Mémoire des Hommes sont restées infructueuses. Mais il pourrait s’agir d’une lacune du site. C’est d’autant plus surprenant que Berthe Barbazanges fut reconnue "Morte pour la France" à titre militaire le 15 septembre 1945 selon l’inscription portée sur une plaque apposée sur le monument aux Morts de Vitrac-sur-Montane corroborée par l’attestation ci-contre.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article248288, notice BARBAZANGES Berthe par Dominique Tantin , version mise en ligne le 22 mai 2022, dernière modification le 26 mai 2022.

Par Dominique Tantin

Plaque commémorative sur le monument aux Morts de Vitrac-sur-Montane (Corrèze) Photographie du monument ci-dessous.
Plaque commémorative sur le monument aux Morts de Vitrac-sur-Montane (Corrèze) Photographie du monument ci-dessous.
Crédit : Geneanet
Berthe Barbazanges photographiée à Clermont-Ferrand, à l'occasion de ses 23 ans
Berthe Barbazanges photographiée à Clermont-Ferrand, à l’occasion de ses 23 ans
Crédit : Madame Paulette Comte, nièce de Berthe Barbazanges
Attestation de la mention "Morte pour la France" à titre militaire.
Attestation de la mention "Morte pour la France" à titre militaire.

SOURCES : Maquis de Corrèze, 150 combattants et témoins, Paris, Éditions Sociales, 1975, p. 519. — Mémoire des Hommes, FFI, Mouvement FTPF de la Corrèze, GR 19 P 19/5, p. 29/135. — MémorialGenWeb. — Geneanet. — Témoignage de Madame Paulette Comte, par mails reçus les 24 et 25 mai 2022.

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