SAC Jean Paul

Par Jean-Louis Ponnavoy

Né le 14 décembre 1927 à Mulhouse (Haut-Rhin), mort en action le 28 novembre 1944 à Bussang (Vosges) ; résistant du Groupe mobile d’Alsace-Lorraine (GMA).

Stèle Jean Paul SAC
Stèle Jean Paul SAC
Photographie sous licence d’usage CC BY-NC-SA 2.0

Jean Paul Sac était le fils de Georges Sac, instituteur et résistant et de Germaine Luttringer, institutrice. Il était célibataire.
Après la défaite de 1940, son père ayant été mobilisé et fait prisonnier de guerre, il partit avec sa mère qui venait d’être nommée dans les Vosges, au Thillot. Ils furent rejoints plus tard par Georges qui avait été libéré pour raisons de santé.
En 1943, il entra dans la Résistance avec ses parents au groupe de Bussang (Vosges) dont le PC se trouvait à la Chaume du Drumont, sous la direction de Nicolas Lutenbacher. Avec le fils de ce dernier, Émile, il parcourait les sentiers de la montagne, ravitaillant les maquis, recueillant les parachutages et transportant des armes.
Il fut arrêté le 21 septembre 1944 avec sa famille et celle de Nicolas Lutenbacher à la marcairie du Drumont, commune de Bussang sur dénonciation de faux résistants infiltrés dans le réseau. Les prisonniers furent emmenés à Bussang et torturés mais aucun ne parla.
Jugés rapidement par un "Schnell-gericht" (tribunal spécial), ils furent condamnés à la peine de mort.
Le 24 septembre 1944, un camion SS emmena les prisonniers vers le col de Bussang et s’arrêta au ravin du Steingraben où ils furent abattus par rafales de mitraillettes. Leurs corps furent basculés dans le ruisseau onze mètres plus bas. Jean-Paul, âgé de seize ans réussit à s’enfuir avant d’être abattu et trouva refuge à la maison forestière de la Hutte, près de Bussang, où il fut accueilli par la famille Curien, à laquelle, il annonça : « Je suis heureux d’avoir donné à Papa, avant qu’il ne meure, une dernière joie : il m’a vu sauter ; il a vu que les Allemands ne m’avaient pas eu ! ».
Au bout de six semaines de repos à la ferme, il n’eut plus la patience d’attendre et s’engagea au Groupe de commandos d’un corps-franc du maquis des Vosges. Le 7 novembre le commando Maillard demanda un volontaire pour guider une patrouille du Corps franc Pommiès (2e commando Miler) vers le Drumont, dont il connaissait tous les sentiers. Il se porta volontaire. Voulant réaliser son rêve d’enfance de combattre en soldat français, il enfila une capote militaire, prit un revolver et confia à un soldat du groupe : « J’en aurai, j’en veux : ils ont tué mon père ! ».
Le 28 novembre 1944, en tête du petit groupe de reconnaissance, il fut mortellement atteint au Plain du Repos. L’ambulancier Comont de la Force le descendit mourant à la mairie de Bussang. À l’aumônier qui se penchait sur lui, il s’exprima en ces termes : « Je voulais tellement passer la frontière alsacienne... Je voulais tellement être officier de chasseurs... Si c’était à recommencer, je recommencerais... Dites à maman, si vous la retrouvez, que je suis heureux d’avoir fait mon devoir... ». Ses dernières paroles qui furent consignées furent : « Cela ne fait rien, c’est pour la France » et il décéda.
Il reçut à titre posthume la Médaille Militaire et la Croix de Guerre 1939-1945, accompagnées de la Citation suivante : « Jeune homme du Thillot, réfugié dans la commune de Bussang, s’est offert spontanément pour guider dans la montagne les éléments avancés du Corps Franc POMMIES. Intrépide et courageux, heureux de servir la France, a rendu des services immenses grâce auxquels les unités du Corps Franc ont pu prendre leurs positions et attaquer l’ennemi. A été très grièvement blessé à la tête d’un détachement qu’il dirigeait dans les bois du massif du Drumont (88) ».
Un petit monument a été élevé à sa Mémoire au plain du repos sur le chemin montant de Bussang au Drumont.
Son nom figure sur le Mémorial Corps franc Pommiès, à Castelnau-Magnoac (Hautes-Pyrénées), sur la stèle commémorative du Corps franc Pommiès, à Bussang et le monument aux morts, à Le Thillot (Vosges).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article248337, notice SAC Jean Paul par Jean-Louis Ponnavoy, version mise en ligne le 30 mai 2022, dernière modification le 31 mai 2022.

Par Jean-Louis Ponnavoy

Stèle Jean Paul SAC
Stèle Jean Paul SAC
Photographie sous licence d’usage CC BY-NC-SA 2.0

SOURCES : Service historique de la Défense, AVCC, Caen, Cote AC 21 P 133220 (nc) et GR 19 P 88/5 pages 331/333, Écho de la Résistance de Janvier 1962, Un jeune héros vosgien Jean-Paul SAC.— Transvosges 16 septembre 2014 : La tragédie du Steingraben.— Lycée Scheurer-Kestner de Thann, classe de T STMG1, 2015/2016. Allemand, Marguerite Kubler Résistance active dans la vallée de la Thur et maquis des Vosges.— Mémoire des Hommes.— Mémorial Genweb.

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