DWERNICKI Józef, Gothard [Pseudonyme dans la Résistance : Ryc]

Par Benoît Prieur, Jean-Luc Marquer

Né le 8 août 1897 à Zawale Niegosławskie (Empire russe, aujourd’hui Pologne), exécuté sommairement le 20 août 1944 à Saint-Genis-Laval (Rhône, Métropole de Lyon), au fort de Côte-Lorette ; officier de l’armée polonaise, administrateur d’hôpital ; résistant membre du réseau F2, homologué lieutenant des Forces françaises combattantes (FFC) et interné résistant (DIR).

Jozef DWERNICKI
Jozef DWERNICKI
Photo : AERI

Josef Dwernicki naquit de Bolesław Dwernicki (1869–1913) et de Bolesława Zaremba (1879–1946). Il se maria avec Jadwiga (Edwige) Felicja Maria Serwatowska (1905-1990) le 14 avril 1928 à Lwow, Pologne, aujourd’hui Lviv, Ukraine. Ils eurent trois enfants ( Józef Władysław Maria Ekspedyt, Antoni Bolesław et Krzysztof Jan Maria Feliks). Il était un descendant direct de Józef Dwernicki (1779-1857), général polonais de Napoléon et héros de l’insurrection polonaise de 1830-1831.
Il combattit au sein d’un régiments de lanciers (cavalerie) de l’armée polonaise en 1920 au cours de la guerre soviéto-polonaise.
En 1923, ayant achevé ses études de droit, et parlant, outre le polonais, le français, l’allemand et le russe, il devint secrétaire du ministre plénipotentiaire de Norvège à Varsovie (Pologne).
À partir de 1924 il devint chef de cabinet de Maréchaux de la Diète polonaise, et secrétaire général du groupe parlementaire franco-polonais à partir de 1926.
À ce titre, il fut élevé au grade de Chevalier de la Légion d’Honneur en 1928.
En 1930, il abandonna ses activités politiques pour s’occuper du domaine agricole que sa femme avait reçu en héritage.
En 1939, sa candidature pour l’armée fut refusée et il se réfugia avec sa famille en Roumanie, puis en France où, en mars 1940, il s’engagea dans l’armée polonaise du général Sikorski en cours de formation.
Il fut nommé lieutenant au camp de transit polonais de Carpiagne (Bouches-du-Rhône)
En juin 1940, n’ayant pu passer en Angleterre, il fut nommé à un poste de direction au centre de la Croix-Rouge polonaise de La Calade, à Marseille (Bouches-du-Rhône).
Ce centre, hôpital accueillant malades et blessés de l’armée polonaise, servit également de couverture pour les militaires voulant quitter la France pour rejoindre l’Angleterre.
Les bonnes relations que Josef Dwernicki entretenait avec la préfecture lui permirent d’être averti à l’avance des contrôles que subissait régulièrement le centre et de parer à la menace.
Il s’engagea dans la résistance en mars 1942 (alias RYC, matricule 787). Il était agent du réseau de renseignement franco-polonais F2.
Après l’occupation de la zone Sud en novembre 1942, le centre fut transféré à Aix-les-Bains (Savoie), sous contrôle italien.
Josef Dwernicki conserva ses fonctions de directeur-adjoint et participa à l’accueil de résistants malades ou blessés et à l’organisation du passage en Suisse de résistants recherchés. Il apporta également son aide au primat de Pologne réfugié à l’abbaye de Hautecombe (Savoie), avant son arrestation le 3 février 1944.
Il fut arrêté avec six autres employés de l’hôpital le 13 juillet 1944 à Aix-les-Bains, puis emprisonné à la prison de Montluc (cellule 53) à Lyon (Rhône, Métropole de Lyon). Longuement torturé, il ne parla pas.
La profession indiquée lors de son incarcération était celle d’officier de l’armée française. Il était alors domicilié à l’hôtel Le Bristol d’Aix-les-Bains (Savoie).
Il fut exécuté sommairement le 20 août 1944 au fort de Côte-Lorette à Saint-Genis-Laval (Rhône, Métropole de Lyon), avec environ 120 autres personnes, femmes et hommes, juifs et résistants.
Il obtint les mentions « Mort pour la France » et « Mort pour la Pologne » et fut homologué comme lieutenant des Forces françaises combattantes (FFC) et interné résistant (DIR).
Il fut décoré à titre posthume de la Médaille de la Résistance (décret du 31 mars 1947 publié au JO le 13 juillet 1947) et de la Croix de la valeur militaire polonaise.
Il fut cité à l’ordre du Corps d’Armée : « Entré dans le service en mars 1942, comme chef du secteur. Il est arrêté le 13 juillet 1944 par la Gestapo puis interrogé et torturé au fort de Montluc. Ne parle pas malgré les tortures subies. Il a été fusillé à la veille de la Libération de la France. Il restera toujours dans la mémoire de ses collègues comme un exemple d’héroïsme. » avec attribution de la Croix de guerre avec étoile de vermeil.
Son nom apparaît sur le caveau des martyrs à Saint-Genis-Laval et sur le mur mémorial polonais du cimetière des Champeaux à Montmorency (Val d’Oise).


Voir : Saint-Genis-Laval, fort de Côte-Lorette (20 août 1944)

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article248433, notice DWERNICKI Józef, Gothard [Pseudonyme dans la Résistance : Ryc] par Benoît Prieur, Jean-Luc Marquer, version mise en ligne le 31 mai 2022, dernière modification le 1er juin 2022.

Par Benoît Prieur, Jean-Luc Marquer

Jozef DWERNICKI
Jozef DWERNICKI
Photo : AERI

SOURCES : AVCC, Caen, AC 21 P 178775 (nc). — Service historique de la Défense, Vincennes, GR 16 P 206958 (nc). — Arch. Dép. Rhône et Métropole, 3335 W 22, 3335 W 10. — Ass. des rescapés de Montluc, Les 15 derniers jours des internés à Montluc, 9-24 août 1944, août 2019. — DVD La résistance polonaise en France, AERI, fiche transmise par Michel Zerkowski-Flaczynski. — Musée de la Résistance en ligne 1, Musée de la Résistance en ligne 2 — Mémoire des Hommes. — Geneanet. — Mémorial GenWeb.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément