BABET Eugène

Par Michel Thébault

Né le 25 septembre 1853 à Saint-Hilaire-le-Château (Creuse) ; maçon de la Creuse ; garde national de Paris ; communard emprisonné.

Eugène Babet était le fils de Pierre Babet maçon âgé de 34 ans et de Marie Mazaud âgée de 24 ans, domiciliés au bourg de Saint-Hilaire (déclarée comme fille dans l’acte de naissance sous le prénom d’Eugénie, il est inscrit dans la table récapitulative de l’année et dans la table décennale sous le nom d’Eugène). Jean Claude Farcy, dans sa base des communards arrêtés indique comme date de naissance « déclarée » 1er juin 1857, mais avec le bon lieu et les bons parents ; cette sous déclaration lui aurait fait attribuer l’âge de 13 ans à son arrestation (acte volontaire ?). En 1871, âgé en fait de 17 ans, célibataire, il était maçon à Paris domicilié rue des Écouffes, quartier Saint-Gervais dans le IVe arrondissement.

La plupart des chantiers étant arrêtés en 1871 à Paris, beaucoup de migrants, en particulier des maçons de la Creuse comme Eugène Babet, s’engagèrent, comme les ouvriers parisiens, dans la Garde Nationale par conviction politique et faute de travail (les gardes percevaient une solde de un franc cinquante par jour). Il devint garde dans le 212e bataillon de la Garde nationale appartenant à la IVe Légion, du IVe arrondissement de Paris. Il fut arrêté au début de la « semaine sanglante », le lundi 22 mai 1871. Il fut envoyé en détention au Fort Liédot, à l’Île d’Aix dans l’attente d’être jugé. Après plus de six mois de détention dans des conditions très dures qui provoquèrent la mort de nombreux détenus avant même d’être passés devant le Conseil de guerre (74 pour le seul secteur de l’Île d’Aix entre le 8 juin 1871 et le 13 mars 1872), il fut ramené en région parisienne et traduit devant un Conseil de guerre. Le 4e Conseil de guerre siégeant à Versailles prononça à son encontre un non-lieu le 11 janvier 1872 entraînant de ce fait sa libération.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article248520, notice BABET Eugène par Michel Thébault, version mise en ligne le 1er juin 2022, dernière modification le 1er juin 2022.

Par Michel Thébault

SOURCES : Arch. Dép. Creuse (état civil). — Jean-Claude Farcy, La répression judiciaire de la Commune de Paris : des pontons à l’amnistie (1871-1880) — Pierre Urien, Les communards creusois et la vindicte versaillaise, Mémoires de la Société des Sciences naturelles, archéologiques et historiques de la Creuse (SSNAH), 1993.

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