FAYET Baptiste, Henri

Par Daniel Grason

Né le 3 décembre 1884 à Paris (VIe arr.), mort le 12 juillet 1944 à Mauthausen (Autriche) ; ouvrier spécialisé ; militant communiste ; interné ; déporté.

Fils de Jacques Louis, trente-trois ans, bijoutier et de Marie Glaize, trente-quatre ans, couturière, Baptiste Fayet naquit au domicile de ses parents au 73 rue du Cherche-Midi. Les deux témoins vivaient dans le VIe arrondissement de Paris, Baptiste Glaize, trente-trois ans, brocheur, au 107 rue du Cherche-Midi et Philibert Pellegrin, vingt-deux ans, mouleur au 18 rue des Canettes.
Baptiste Fayet épousa le 30 avril 1910 Augustine Marie Joséphine Adeline Lartigue en mairie du XIe arrondissement. Le mariage a été dissous le 23 juillet 1929 par le Tribunal civil de la Seine. Il se maria en deuxième noces le 24 décembre 1931 avec Augustine Louise Thomas en mairie du XIe arrondissement. Elle était bijoutière et Baptiste Fayet, bijoutier.
Le couple vivait 5 rue Boulle à Paris (XIe arr.), Baptiste fut interpellé le 10 janvier 1941 par des inspecteurs de la Brigade spéciale n° 1 des Renseignements généraux. Il était impliqué dans la diffusion de tracts du Parti communiste clandestin avec d’autres militants : Marie Gippaz, Eugène Montrot, Marcel Raynaud, Robert Lozeray et Similien Cherif.
Envoyé au dépôt, Baptiste Fayet comparut le 18 avril 1941 devant la IIe Chambre Correctionnelle. Il a été condamné à huit mois de prison pour infraction au décret-loi du 26 septembre 1939. Il fut incarcéré à la prison de Fresnes puis à la centrale de Poissy d’où il a été libéré le 12 juillet 1941.
Le 13 août 1941, il était de nouveau interpellé mais cette fois ci sans motif. Conduit dans les locaux des Renseignements généraux, envoyé au Dépôt, puis interné au camp de Châteaubriant puis de Voves. Le 12 octobre 1943, il était conduit au camp de Romainville.
Le 25 octobre 1943, il était dans un convoi de trente-six hommes à destination de Mauthausen en Autriche, tous étaient étiquetés "NN" Nacht und Nebel (Nuit et Brouillard), ce qui signifiait condamnés à disparaître sans laisser de traces. Cette expression avait été empruntée par Hitler au livret de L’Or du Rhin de Richard Wagner.
Vingt-deux déportés moururent dont trois furent gazés au château d’Hartheim : Albert Remy, Jules Genovesi de Saint-Denis et Baptiste Fayet le 12 juillet 1944.
Son amie Julienne Zacharie retraça son parcours militant et d’interné devant les membres de la commission rogatoire qui examinait l’activité de l’inspecteur P. Elle déclara avoir appris par le directeur du camp de Voves que son « Ami Baptiste Fayet avait été pris comme otage le 12 octobre 1943 et conduit à Romainville ».
« Depuis je suis sans nouvelles, j’ignore s’il a été fusillé, je crois plutôt qu’il a été déporté en Allemagne ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article248523, notice FAYET Baptiste, Henri par Daniel Grason, version mise en ligne le 30 mai 2022, dernière modification le 30 mai 2022.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. 77 W 1339-291692, BA 2374. – État civil, acte de naissance numérisé n° 3508 V4E 5850 acte n° 5850. – Actes de mariages numérisés n° 941 du 30 avril 1910 et n° 2696 du 24 décembre 1931.

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