TRIMOULET Silvain [TRIMOULET Sylvain]

Par Michel Thébault

Né le 31 décembre 1852 à Saint-Priest-la-Feuille (Creuse), mort en détention le 4 janvier 1872 à l’Île d’Aix (Charente-Maritime) ; maçon de la Creuse ; garde national de Paris ; communard emprisonné.

Silvain Trimoulet (Sylvain sur son acte de décès) était le fils de Joseph Trimoulet, âgé de 34 ans, cultivateur, et de Marie Clavaud âgée de 27 ans, domiciliés au lieu-dit La Berthonnerie commune de Saint-Priest-la-Feuille. Troisième de leurs six enfants, il fut orphelin à 11 ans lors du décès de son père le 23 février 1864, alors fermier à Saint-Amand-Magnazeix (Haute-Vienne) une commune proche de Saint-Priest-la-Feuille. Au recensement de 1866, il résidait toujours à La Berthonnerie avec sa mère et ses cinq frères et sœurs, son frère aîné Jules âgé de 18 ans exerçant le métier de maçon. Silvain Trimoulet devint à son tour maçon de la Creuse participant à une migration saisonnière qui culmina au XIXe siècle et qui voyait chaque année, les migrants quitter leur village au début du printemps pour travailler sur les grands chantiers de Paris. En 1871, âgé de 18 ans, célibataire, il était maçon à Paris demeurant 47 rue de l’Hôtel de Ville dans le IVe arrondissement (quartier Saint-Gervais). La plupart des chantiers étant arrêtés, beaucoup de migrants s’engagèrent, comme les ouvriers parisiens, dans la Garde nationale par conviction politique et faute de travail (les gardes percevaient une solde de un franc cinquante par jour). Il devint garde dans le 90e bataillon de la Garde nationale appartenant à la XVIIe Légion, du XVIIe arrondissement de Paris.

Il fut arrêté le 28 mai 1871 à l’issue de la « semaine sanglante ». Il fut envoyé en détention en rade de Rochefort interné sur le ponton L’Orne dans l’attente d’être jugé. Les conditions très dures de l’internement provoquèrent la mort de nombreux détenus avant même d’être passés devant le Conseil de guerre (74 pour le seul secteur de l’île d’Aix entre le 8 juin 1871 et le 13 mars 1872). Transporté à l’hôpital militaire de l’Île d’Aix, il y mourut le 4 janvier 1872 à 9 heures du matin. Il venait d’avoir 19 ans.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article248542, notice TRIMOULET Silvain [TRIMOULET Sylvain] par Michel Thébault, version mise en ligne le 1er juin 2022, dernière modification le 1er juin 2022.

Par Michel Thébault

SOURCES : Arch. Dép. Creuse (état civil, recensement 1866). — Jean-Claude Farcy, La répression judiciaire de la Commune de Paris : des pontons à l’amnistie (1871-1880) — Pierre Urien, Les communards creusois et la vindicte versaillaise Mémoires de la Société des Sciences naturelles, archéologiques et historiques de la Creuse (SSNAH), 1993. — État civil Île d’Aix, registre des décès 1872 acte n° 2.

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