HALLÉRY André Joseph

Par Daniel Grason

Né le 10 août 1922 à Azay (Loir-et-Cher), mort le 13 novembre 2014 à Paris (XIVe arr.) ; boulanger-pâtissier ; communiste ; résistant ; déporté.

Fils de Gaston et de Valentine née Hersant André Halléry a été interpellé le 21 octobre vers 20 heures 50 au cours d’une ronde de la police municipale à l’angle des rues d’Alésia et de Vanves dans le XIVe arrondissement de Paris. Palpé au corps, il portait sur lui un revolver à barillet, sans marque, ni numéro, calibre 320 chargé de plusieurs balles, ainsi qu’une vingtaine de cartouches ; un porte-monnaie en cuir noir, marqué A.R contenant un lot de cartouches un bordereau de paie au nom de Arnaudet Raymond Vitry 6.533 qui contenait un lot de cartouches ; une brochure intitulée La Vie du Ménage d’Honoré de Balzac, elle contenait deux bons d’achat de vêtements et d’articles textiles au nom de Marie Begasse, demeurant à La Gaillarde en Seine-Inférieure (Seine-Maritime) ; un indicateur des chemins de fer de la région Sud-Ouest et un trousseau de clefs qui lui avait été remis par "Pierre", dont il affirma ignorer le nom et le prénom. Il avait rencontré un militant qui « travaillait chez Ragonot à Vanves ou Malakoff. Ils parlèrent de la lutte menée contre les communistes, Selon "Pierre" la police arrêtait beaucoup de communistes.
Il devait remettre objet et documents à un homme qu’il devait rencontrer à 19 heures à la station de métro Bienvenue. Il donna son signalement, il serait vêtu d’une cote bleue et il tiendrait à la main un journal Le Rouge et le Bleu, hebdomadaire collaborationniste fondé en 1941 par le socialiste Charles Spinasse avec l’autorisation des occupants allemands et le soutien de l’ambassadeur allemand Otto Abetz. Personne ne se présenta au rendez-vous, il s’agissait probablement pour Halléry de gagner du temps.
Sommé de s’expliquer, il resta de marbre. André Halléry refusa d’indiquer son domicile à Paris déclara être hébergé par son ami Albert Jeanne au 11 passage de l’Union dans le VIIe arrondissement.
Les policiers remarquèrent qu’une des cartouches contenues dans le barillet était percutée. Ils en déduisirent : « Il semble que Halléry ait tenté de faire usage de son arme au travers de sa poche au moment de son arrestation », mais le coup ne serait pas parti.
Emmené à la BS2 des Renseignements généraux, interrogé sur la provenance de son arme, il répondit : « Je suis arrivé à Paris le 9 octobre, venant de la ferme qu’exploitent mes parents à Forges-les-Bains. […] Le 3 octobre, j’avais rencontré dans le métro […] "Pierre" que je connaissais de vue. Je savais que c’était un militant communiste de Seine-et-Oise, mais ne connaissait pas son nom ».
« Mon frère Raymond, actuellement emprisonné à Poissy pour propagande communiste – était certainement connu de "Pierre". Ce dernier qui avait pu me voir quelquefois avant les hostilités en compagnie de Raymond m’a reconnu  ». Selon André Halléry, il travaillait « chez Ragonot à Vanves ou Malakoff ».
Les deux militants auraient échangé leurs opinions sur la répression menée contre les communistes. "Pierre" lui aurait confié un revolver, un porte- monnaie contenant des cartouches, un livre La Paix du Ménage.
André Halléry était inconnu aux archives de la police et aux archives judiciaires. Des inspecteurs se présentèrent aux usines Ragonot, André Halléry y était inconnu. Nouvel interrogatoire le 22 octobre, il déclara porter des tracts de l’organisation communiste clandestine dans deux dépôts d’Ivry-sur-Seine, et vivre avec la mensualité versée par l’organisation clandestine.
Le pistolet et les balles lui avaient été confiés par Raymond Arnaudet. Les clefs saisies étaient celles des dépôts de tracts et de son domicile. Il a été probablement frappé lors de son interrogatoire, ceci d’autant qu’aux yeux des policiers il était en contact avec "Patou" responsable aux cadre pseudonyme d’Albert Jeanne. L’arme qu’il portait lui avait été donnée par Arnaudet, des tirs de comparaison furent effectuées par le Service de l’Identité Judiciaire, elle n’avait jamais été utilisée lors d’attentats.
Furent interpellés outre André Halléry, Kieffer, Albert Jeanne, Roger Gruss, Blanche Derouillac et Raymond Arnaudet. "Dossul" ou "Dessul", "Beroud", "Beroude", "Maxime", "Jeanne", "Derouillac" et "Jacques" étaient des pseudonymes d’autres résistants, ils ne furent pas interpellés. les renseignements généraux vingt-neuf scellés
André Hallery était le dans le convoi de à destination de Sachsenhausen matricule 58268, il a été affecté au kommando de travail des usines Heinkel, puis envoyé à Dachau, Auschwitz en Pologne, à nouveau à Dachau, et Buchenwald en Allemagne.
André Halléry participa aux actions de solidarité à l’intérieur du camp de Buchenwald qui étaient autant d’actes de résistance à la barbarie. Le 11 avril 1945 dans l’après-midi, l’armée américaine conduite par le général Patton libérait Buchenwald. Le Comité militaire clandestin international l’accueillit. Le Comité des intérêts français était composé de : Frédéric-Henri Manhès, Albert Forcinal, Marcel Paul, Robert Darsonville et Jean Lloubes représentaient les français au sein de ce comité précisa Olivier Lalieu dans son ouvrage La zone grise ? La résistance française à Buchenwald.
Dans 1945 La découverte, Annette Wieviorka soulignait : « c’est avec l’arrivée du résistant communiste Marcel Paul, en mai 1944, qui devient l’interlocuteur des dirigeants allemands, que le parti communiste français s’organise véritablement à Buchenwald et qu’il rassemble d’autres courants de la Résistance dans le Comité des intérêts français. Désormais, le Comité est à présent dans l’organisation de résistance du camp et peut protéger certains détenus. »
André Halléry a été homologué Déporté et interné de la résistance (DIR), et combattant des Forces françaises de l’intérieur (FFI).
Il mourut le 13 novembre 2014 à l’âge de 92 ans à Paris XIVe arrondissement.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article248546, notice HALLÉRY André Joseph par Daniel Grason, version mise en ligne le 31 mai 2022, dernière modification le 31 mai 2022.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. 77 W 459-177216. – Service historique de la Défense, Vincennes GR 16 P 283892, Caen SHD/AC 21 P 623413. – Annette Wieviorka, 1945 La découverte, Éd. Seuil, 2015. – Olivier Lalieu, La zone grise ? La résistance française à Buchenwald, préface de Jorge Semprun, Éd. Tallandier, 2005. – Pierre Durand, Les Français à Buchenwald et à Dora, Éd. Sociales, 1977. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. – Site internet Match ID.

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