LEBRET Joseph, Louis [Pseudonyme dans la Résistance : Jéjé]

Par André Balent

Né le 15 mai 1920 à Puivert (Aude), hameau de Lescale, mort en action le 6 août 1944 à Puivert, hameau de Lescale ; agriculteur ; résistant de l’Armée secrète, combattant du maquis (AS) de Picaussel.

Joseph Lebret habitait avec ses parents au hameau de Lescale, commune de Puivert, dans les Pyrénées audoises. Il rejoignit l’AS dès 1943 (le réseau « Action R3 ») car cette formation avait un de ses dirigeants de la haute vallée de l’Aude, Lucien Maury, alias « Frank » (1915-1988) qui était instituteur en poste dans ce hameau. Lebret était en contact avec Maury. Il participa, le 15 mars 1943, avec Jean Carbou qui habitait aussi à Lescale et deux autres jeunes de ce hameau, à la réception du premier parachutage largué par les Alliés dans l’Aude, près de Puivert entre Malayrède (massif montagneux boisé à l’est de Lescale) et Lescale. Ce lieu n’était pas celui qui avait été choisi au préalable. Il s’agissait de postes émetteurs de radio que ces jeunes remirent à Lucien Maury. À partir d’avril 1944, Lucien Maury entreprit de créer un maquis dans les montagnes à proximité de Lescale (sur ce maquis voir aussi : Carbou Jean).

Joseph Lebret fut un combattant de premier plan car il connaissait parfaitement le secteur géographique où le maquis de Picaussel menait ses actions. Il joua un rôle important lors de l’embuscade tendue, le 27 juillet, par un détachement du maquis contre un convoi de la Milice empruntant la RN 118 (aujourd’hui RD 118), en amont d’Alet (Aude), dans les gorges de Cascabel. Après sa participation valeureuse au combat, et la conduite acrobatique d’une automobile du détachement, il servit de guide lors de la fin du repli pédestre du détachement vers la forêt de Picaussel.

Le 5 août 1944, des éléments de la 11e Panzer division entreprirent d’attaquer le maquis de Lescale avec des moyens lourds, dont des chars d’assaut. L’attaque commença le 6 août. Divers affrontements eurent lieu ce jour-là, dont celui qui fut fatal à Joseph Lebret et Jean Carbou. Tous deux se trouvaient au matin du 6 août avec le gros des effectifs du maquis dans la forêt de Picaussel. Ils se portèrent volontaires pour effectuer une reconnaissance jusque dans le village de Lescale.

Y étant parvenus et n’y ayant rien remarqué, ils entreprirent de retourner au maquis dans une automobile où se trouvaient deux autres résistants de Picaussel, Marcel Tichadou et Bailly. Le véhicule commença à remonter vers la route départementale où se trouve le tunnel de Lescale. Peu après être sortis du village, les quatre hommes tombèrent sur une embuscade allemande. Lebret et Carbou sortirent de la voiture et lancèrent les grenades dont ils disposaient. Ils furent rapidement tués par les balles ennemies. Bailly et Tichadou, blessés, parvinrent à se cacher et à survivre.

Le 6 août, il y eut deux autres tués. Auguste Escriva, FTP de l’Aude, venait, avec un groupe de quinze maquisards, renforcer le maquis de Gaja-la-Selve (Aude). Ils passaient par là sans savoir que les Allemands s’étaient déployés afin d’attaquer le maquis de Picaussel. Au col de la Babourade, à l’embranchement de la RN (aujourd’hui RD) 117 et de la RD 120, le camion de FTPF audois fut accroché par les Allemands. Escriva fut tué. Les autres FTP rejoignirent leurs camarades de l’Ariège. Par ailleurs, Urbain Paret, des Pyrénées-Orientales, rattaché au maquis de Picaussel, fut tué à Belvis, au sud du poste de commandement du maquis, le 7 août 1944. Le maquis de Picaussel résista victorieusement à l’assaut allemand et réussit, par le sud, vers le Donnezan (Ariège), à échapper à l’étreinte de la 11e Panzer. Lebret, Carbou, Escriva et Paret furent les quatre victimes résistantes de cet affrontement (6-8 août 1944).

Il y a un dossier non consulté au SHD de Vincennes (cote 16 P 347797). Joseph Lebret fut homologué résistant des Forces françaises combattantes et des Forces françaises de l’Intérieur. Ses services sont homologués à partir du 1er mai 1943. Il est enterré à Puivert, au cimetière du hameau de Lescale. Son nom figure sur le monument aux morts de Puivert (Aude), sur la plaque commémorative du maquis de Picaussel, à Puivert, sur la stèle érigée à Lescale, à la mémoire de Joseph Lebret et de Jean Carbou, laquelle indique qu’ils sont « Morts pour la France ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article248584, notice LEBRET Joseph, Louis [Pseudonyme dans la Résistance : Jéjé] par André Balent, version mise en ligne le 2 juin 2022, dernière modification le 21 juin 2022.

Par André Balent

SOURCES : SHD, AVCC, Caen, AC 21 P 71393 (nc). — SHD, Vincennes, GR 19 P 11/11, p. 19 et 26. — Julien Allaux, La 2e guerre mondiale dans l’Aude, Épinal, Éditions du Sapin d’Or, 1986, 255 p. [p. 172]. — Lucien Maury (dir.), La résistance audoise (1940-1944), tome II, Carcassonne, comité d’Histoire de la Résistance du département de l’Aude, 1980, 439 p. [p. 223, 224, 261-266, 278]. — Lucien Maury, Picaussel, 1944-1994, Puivert, Amicale des anciens du maquis de Picaussel, 1994, 35 p. [p. 9, 32]. — Sites Mémoire des hommes et MemorialGenWeb consultés le 1er juin 2022.

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