FRANCHI Joseph

Par Renaud Poulain-Argiolas

Né le 31 mai 1902 à Ota (Corse), mort en déportation le 15 février 1945 à Oranienbourg, (Allemagne) ; artisan marbrier ; militant communiste clandestin ; résistant, membre du Front national de lutte pour la libération ; déporté.

Dernier né d’une fratrie de huit enfants, Joseph Franchi était le fils d’Ignace Franchi, 58 ans, qui avait été scieur de long puis cultivateur, et d’Annonciade née Rinaldi, 42 ans, sans profession. Il se maria en octobre 1930 avec Marie, Antoinette, Marcelle Vincent à Paris (Ve ou IXe arr.). Ils eurent un enfant. Artisan marbrier, il était domicilié au 88 rue du chemin de fer (aujourd’hui avenue Paul Vaillant-Couturier) à Vitry-sur-Seine.

Peut-être était-il déjà communiste avant la guerre ? Entre 1940 et 1941 (les dates divergent dans les archives du Service historique de la Défense), Joseph Franchi fut contacté par Richard Levy, alias « Robert Moustache », et rejoignit le Parti communiste clandestin. L’année suivante, il adhéra, à l’initiative du même Levy, le Front national de lutte pour la libération. Membre du groupe local, il aidait les militants dans l’illégalité, leur procura des vêtements, loua un local pour les cacher et distribua des tracts contre l’occupant. Disposant d’une carte professionnelle de bonnetier, il la mit à disposition de son réseau pour faciliter les achats. Dans la clandestinité il fréquenta notamment André Morillon (« Cousin »), un certain Tournier (« Damoy ») et Ardaille (s’agirait-il de J. Ardaille ?), actifs dans le même réseau.

Le 16 décembre 1942, il fut arrêté par la Brigade spéciale à son domicile. Pris avec des documents que lui avait remis Renée Morillon, cette dernière fut également appréhendée. Conduit au dépôt, Joseph Franchi fut emprisonné à Fresnes puis interné à Compiègne.

Il fut déporté le 28 avril 1943 dans le le convoi I. 95 à destination du camp d’Oranienburg-Sachsenhausen (Allemagne). Au camp il reçut le matricule 65471 et vécut dans le Block 9. On l’affecta au Kommando de Falkensee (à 25 km de Berlin), fournissant de la main-d’œuvre aux usines Demag, propriété du groupe Hermann-Göring, qui y produisait du matériel ferroviaire, des chars de combat "Tigre", des obus et des pièces détachées d’armement. Les membres du Kommando étaient à l’origine tous des Français, installés à Staaken (aujourd’hui quartier de Berlin) dans un camp désaffecté de travailleurs civils. En juillet 1943, ils s’installèrent à Falkensee. Joseph Franchi revint par la suite au camp principal où il mourut le 15 février 1945.

En mai 1949 il fut homologué Résistance intérieure française (RIF) au titre du Front national. On lui attribua le grade de sergent.
Les archives du Service historique de la Défense de Caen possèdent des éléments le concernant.

Joseph Franchi est souvent associé à l’adresse du 84 rue Charles Infroit à Vitry, qui semble être en réalité celle du domicile de sa veuve après la guerre.
Son nom figure sur le monument aux morts de la commune d’Ota avec la mention "déporté".

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article248592, notice FRANCHI Joseph par Renaud Poulain-Argiolas, version mise en ligne le 15 octobre 2022, dernière modification le 3 septembre 2022.

Par Renaud Poulain-Argiolas

SOURCES : SHD Vincennes, GR 16 P 232862 ; GR 16 P 361732 (dossier MORILLON Renée). — SHD Caen, AC 21 P 451 630 (nc). — Arch. Dép. Corse, État civil d’Ota, 1902, Naissances, Acte n°12, 6 MI 198/15. — Livre-Mémorial, Fondation pour la Mémoire de la Déportation. — Site Généanet, Arbre généalogique de Julien Basseler. — Site sur les monuments aux morts corses (http://monumentmort.corse.free.fr).

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