HILPERT Bernadette [née MULLER]

Par Jean-François Lassagne

Née le 6 mai 1955 à Sarreguemines (Moselle) ; éducatrice spécialisée ; militante de la JOC ; syndicaliste CGT ; membre du secrétariat de l’UD de Moselle ; secrétaire générale de l’Union locale de Sarreguemines, puis du collectif des UL de Moselle-Est ; présidente de la CPAM de Sarreguemines ; membre du CESER de Lorraine ; communiste ; conseillère municipale de Sarreguemines ;

Bernadette Hilpert en 1993

Né le 11 juillet 1920 à Hundling (Moselle), son père Joseph Muller quitta la Moselle annexée au début de la seconde guerre mondiale pour se rendre à Monceaux-les-Mines (Saône-et-Loire), avant de rejoindre et de travailler à Jarnac et participer à la résistance gaulliste. A son retour à Sarreguemines, après avoir travaillé brièvement à la mine il fut chauffeur livreur de lait, commençant quotidiennement son travail à 2 heures pour le terminer à 13 heures. Puis souffrant d’un ulcère il fut déclaré invalide à 50 ans et la famille vécut difficilement en raison de sa faible pension. Il mourut en 2001. Son épouse Marie Kirsch était née le 6 février 1921 à Lengelsheim (Moselle). Elle travaillait avec son père à l’entretien de la forêt, quand ils furent expulsés de leur village en 1941 et transférés à Prévocourt (Moselle) pour exploiter une ferme au bénéfice des occupants allemands. Son grand-père maternel avait été maire de Lengelsheim. Elle mourut en 2003. Entre 1947 et 1955 le couple avait eu 4 enfants.
Bernadette Hilpert fréquenta l’école primaire publique à Sarreguemines, laquelle était tenue par des religieuses comme souvent à l’époque en Moselle et en Alsace. Puis elle entra en 6ème au collège d’enseignement catholique Notre-Dame de Peltre (Moselle) près de Metz, dont elle fut exclue en 4ème avec d’autres camarades pour excès d’énergie et rébellion. A son retour à Sarreguemines elle poursuivit ses études au collège Fulrad, puis en seconde économique au lycée Henri Nominé où, avec la JOC elle initia une grève pour protester contre l’insuffisance du nombre de places pour les passages en première. Refusant l’orientation proposée en BEP, elle quitta le lycée et grâce à une connaissance, fut recrutée à 16 ans chez Hachette pour la vente à domicile de la collection « Tout l’Univers ». Salariée durant deux ans elle sillonna le Bassin houiller et le Bitcherland (le pays de Bitche en Moselle). Puis elle décida de s’inscrire à Strasbourg à l’école de moniteur-éducateur pour un cursus de deux années, au terme duquel elle effectua plusieurs stages dont un au Centre Hospitalier Spécialisé de Sarreguemines. Elle avait été victime d’un traumatisme crânien à la suite d’un grave accident de voiture, avant d’être embauchée par le CHS en 1975. Ayant bénéficié d’une bourse qu’elle aurait dû rembourser, une pétition soutenue par le syndicat FO amena le CHS à prendre en charge ce remboursement. Par la suite en 1992 elle suivit la formation d’éducatrice spécialisée cadre A à l’Institut régional des travailleurs sociaux (IRTS) à Ban-Saint-Martin près de Metz.
Engagée à la JOC elle devint rapidement responsable fédérale d’un groupe à Sarreguemines de 1973 à 1980. En 1978 elle avait épousé Jean-Luc Hilpert, lui aussi militant de la JOC, permanent national détaché en « Pays Noir » (le Bassin houiller), et militant communiste. Le couple eut trois enfants, Sarah, Vincent et Marie décédée.
Bernadette Hilpert adhéra à la CGT en 1978. Soutenue par les dirigeants de l’Union locale et de l’UD, elle fut à l’origine de la constitution du syndicat CGT du CHS de Sarreguemines. Celui-ci fut créé sur la base de la forte demande de formation du personnel d’un service accueillant 150 enfants défavorisés ou handicapés, chaque éducateur ayant en charge une famille (un groupe) de 12. En 1980 elle participa avec Martine Antoine, une militante de l’UD, à la mise en place de l’Union départementale des syndicats de la santé de Moselle dont elle devint la secrétaire générale en 1982. La même année elle participa au 41ème congrès confédéral de Lille. Elle avait été élue à la commission exécutive de l’UD de Moselle au congrès de 1980 qui se tint à Sarreguemines, puis elle intégra le bureau au congrès de 1984 et le secrétariat en 1987 jusqu’en 1997. De 1986 à 1992 elle fut secrétaire générale de l’union locale de Sarreguemines. Puis elle dirigea le « collectif des unions locales de Moselle-Est », dont elle était à l’origine, et qui regroupait les UL de Forbach, de Saint-Avold et de Sarreguemines, en pleine période de désindustrialisation du bassin houiller lorrain et de fermetures des puits de mines. Elle se trouva au cœur des nombreux conflits et des puissants mouvements syndicaux qui se développèrent alors durant la décennie des années 1990 et au-delà. Elle devint membre de la commission financière de contrôle de l’UD en 2014.
Très impliquée dans le domaine de la protection sociale, elle avait, dès 1983 été élue administratrice de la Caisse primaire d’assurance maladie de Sarreguemines dont elle fut la présidente de 1995 à 2010. De 2010 à 2022 elle siégea au Conseil d’administration de la CPAM de Moselle, à celui de la Caisse régionale de Strasbourg de 2001 à 2022. Elle entra également au CA de l’URCAM en 2001.
Membre du secteur confédéral de la protection sociale, elle siégea à la CNAM de 2007 à 2022, et y assuma de 2019 à 2022 la responsabilité de chef de file du groupe CGT. Elle siégea également à la Conférence régionale de santé de 1996 à 2015. Membre du Conseil économique, social et environnemental de Lorraine de 2001 à 2014, elle en fut la première vice-présidente.
Elle eut une fille Anne en 1997 avec son compagnon Richard Caudy, ancien dirigeant du syndicat régional des mineurs du bassin houiller de Lorraine, de la Fédération nationale des travailleurs du Sous-sol, puis de la Fédération nationale des Mines Energie.
Elle fit valoir ses droits à la retraite le premier juillet 2021.
Militante du Parti communiste dès le début des années 80, elle dirigea la section de Sarreguemines à partir de 2010. Candidate aux élections du canton de Sarreguemines en 2011 elle réalisa 1.52 % des voix exprimées, puis 4,57 % en binôme avec Coskun Erdogan aux élections de 2015. Candidate suppléante d’Alphonse Walter aux élections législatives de 2012, puis titulaire en 2017 sur la 5ème circonscription de Moselle, elle figura sur la liste d’union de la gauche aux élections municipales de 2008 et 2014, et fut élue en 2020 à la tête d’une liste de gauche qui rassembla 5.31% des voix exprimées.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article248617, notice HILPERT Bernadette [née MULLER] par Jean-François Lassagne, version mise en ligne le 3 juin 2022, dernière modification le 3 juin 2022.

Par Jean-François Lassagne

Bernadette Hilpert en 1993

Sources : archives de l’UD CGT de Moselle ; archives départementales de Moselle_archives personnelles ; entretiens le 17 février et le 25 avril 2022 ;

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