CHÊNE Rambert

Par Jean Molard

Né le 13 juin 1945 à Saint-Martin de Mont (Ain) ; ouvrier chez Berliet-Renault ; militant CGT, secrétaire du syndicat Berliet-Renault de 1980 à 1983, trésorier du CE de 1970 à 1976, membre du CHSCT ; élu au conseil des prud’hommes de Bourg-en-Bresse (Ain) de 1992 à 2002.

IHS CGT Ain

La mère de Rambert Chêne tenait le café de Saint-Martin-de-Mont. Après son passage à l’école communale, il obtint un CAP de tourneur au lycée Carriat de Bourg-en-Bresse. Il entra dans une petite entreprise de mécanique à Pont-d’Ain (Ain), puis tenta sa chance dans un emploi dans la Suisse voisine, jusqu’à son départ au service militaire qu’il effectua en 1964-1965, dans les parachutistes. Il rejoignit l’Afrique, visitant Brazaville au Congo, Bouar en République Centre-africaine et Fort-Lamy au Tchad. Libéré, il entra en 1966 chez Berliet, usine encore toute neuve. Il y fit toute sa carrière comme monteur, devenant un spécialiste du montage des roues (à la planche), poste redouté pour ses effets dramatique sur le dos de l’opérateur.

Dès son embauche, Rambert Chêne adhéra à la CGT. Lors du mouvement de mai-juin 1968, il prit une part active aux mobilisations, et surtout à l’occupation de l’usine. Pendant quatre semaines, pratiquement sans rentrer chez lui, il s’immergea dans le militantisme. Il fut notamment chargé de l’intendance, en particulier d’organiser les repas et le couchage des « occupants ». Le jeune homme de 23 ans révéla à cette occasion ses grandes qualités d’organisateur, en même temps que ses convictions très fortes en faveut de la solidarité.

En 1969, Rambert Chêne fut élu comme suppléant au comité d’entreprise, où il s’occupa des sports et des loisirs, mais aussi de la formation. Son engagement syndical, tout au long de sa carrière, se concrétisa également dans la défense des travailleurs, avec une spécialisation dans le suivi des salaires et du pouvoir d’achat, ainsi qu’une grande attention aux conditions de travail sur les lignes de montage. Élu délégué du personnel et du comité d’entreprise, dont il devint trésorier, il resta toujours un homme de terrain, toujours « en charge » sur son poste de monteur. Il fut également élu au comité hygiène et sécurité. Surnommé « Bébert », par les travailleurs de l’usine, il devint un des piliers de la longue lutte des monteurs pour que leur qualification soit reconnue et que les ouvriers spécialisés (OS) accèdent au grad de P1 (professionnel 1er niveau). Des centaines d’ouvriers virent la progression de leur qualification et, modestement, de leur salaire. En 1977, le passage de Berliet dans le Groupe Renault s’accompagna d’une intensification des luttes pour obtenir l’alignement des statuts des deux entreprises.

Rambert Chêne fut trésorier du comité d’entreprise de 1970 à 1976 et secrétaire du syndicat de 1980 à 1983 puis secrétaire à l’organisation jusqu’en 1997. A l’échelle de l’ensemble de son parcours, il fut continuellement titulaire d’un mandat syndical, sans interruption de 1969 à 2000.

Il fut également élu au conseil des prud’hommes de Bourg-en-Bresse durant deux mandats, de1992 à2002, et en assura la présidence durant trois années.
Il partit en pré-retraite en 2001.

Rambert Chêne, marié en 1969 avec Chantal, resta fidèle à son village natal, s’y engageant fortement, en particulier chez les pompiers. Licencié au club de football dès l’âge de 15 ans, puis devint l’un de ses dirigeants. Il fut aussi un grand coureur à pied. La longue distance (100 km), pratiquée avec ses amis de l’usine, était sa passion. Il resta fidèle au syndicat de l’usine en ayant rejoint la section des retraités.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article248738, notice CHÊNE Rambert par Jean Molard, version mise en ligne le 7 juin 2022, dernière modification le 7 juin 2022.

Par Jean Molard

IHS CGT Ain

SOURCE : Entretien dans le cadre de l’IHS-CGT, 8 décembre 2017.

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