DESCHAMPS Marcel, Eugène

Par Daniel Grason

Né le 22 novembre 1912 à Fleury-les-Aubrais (Loiret), mort le 7 octobre 2004 à Cambernon, arrondissement de Coutances (Manche) ; menuisier ; résistant ; déporté à Buchenwald (Allemagne).

Marcel Deschamps vivait 16 rue de Cels à Paris XIVe arrondissement, menuisier, il travaillait à l’usine Farman rue de Silly à Boulogne-Billancourt (Seine, Hauts-de-Seine).
Il fut interpellé le 2 septembre 1941 par deux inspecteurs de la BS1 des Renseignements généraux pour sa participation à la diffusion de tracts qualifiés « d’inspiration communiste » parmi les ouvriers. Lors de son interrogatoire dans les locaux des Brigades spéciales à la Préfecture de police, il fut frappé.
Incarcéré à la prison de la Santé, il comparut le 20 avril 1942 en compagnie de Marcel Caramella devant les juges de la Section spéciale de la Cour d’Appel de Paris. Il fut condamné à deux ans de prison et cent francs d’amende et solidairement avec Marcel Caramella aux frais envers l’État et au maximum de la contrainte par corps.
Incarcéré à la prison de Fresnes, puis à la centrale de Poissy (Seine-et-Oise, Yvelines). Transféré au camp de Compiègne, il était le 14 décembre 1943 dans le convoi de 934 hommes à destination de Buchenwald en Allemagne.
Son épouse témoigna le 1er septembre 1944 devant les membres de la commission rogatoire chargés du dossier de l’un des inspecteurs qui interrogea son mari, elle déclara qu’il avait « été brutalisé avec violence au cours de ses interrogatoires ». Elle était sans nouvelles de lui.
Marcel Deschamps participa aux actions de solidarité à l’intérieur du camp de Buchenwald qui étaient autant d’actes de résistance à la barbarie. Le 11 avril 1945 dans l’après-midi, l’armée américaine conduite par le général Patton libérait Buchenwald. Le Comité militaire clandestin international l’accueillit. Le Comité des intérêts français était composé de : Frédéric-Henri Manhès, Albert Forcinal, Marcel Paul, Robert Darsonville et Jean Lloubes représentaient les français au sein de ce comité précisa Olivier Lalieu dans son ouvrage La zone grise ? La résistance française à Buchenwald.
Dans 1945 La découverte, Annette Wieviorka soulignait : « c’est avec l’arrivée du résistant communiste Marcel Paul, en mai 1944, qui devient l’interlocuteur des dirigeants allemands, que le parti communiste français s’organise véritablement à Buchenwald et qu’il rassemble d’autres courants de la Résistance dans le Comité des intérêts français. Désormais, le Comité est à présent dans l’organisation de résistance du camp et peut protéger certains détenus. »
Marcel Deschamps matricule 38736 rentra de déportation comme 497 autres déportés sur 933 hommes qui étaient dans ce convoi. Il a été homologué au titre de la Résistance intérieure française (RIF), membre du Front national.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article248753, notice DESCHAMPS Marcel, Eugène par Daniel Grason, version mise en ligne le 8 juin 2022, dernière modification le 8 juin 2022.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. 77 W 1339-291692, BA 2056. – Service historique de la Défense, Vincennes GR 16 P 178604. – Annette Wieviorka, 1945 La découverte, Éd. Seuil, 2015. – Olivier Lalieu, La zone grise ? La résistance française à Buchenwald, préface de Jorge Semprun, Éd. Tallandier, 2005. – Pierre Durand, Les Français à Buchenwald et à Dora, Éd. Sociales, 1977. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. – État civil site internet Match ID.

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