GALBEZ Antonio (Antonio Urrabieta dit Gabiez ou Galbez)

Dessinateur pour Les Cruficiés, le journal Clarté et L’Humanité.

La première participation à une publication éditée de l’artiste Antonio Galbez, date de 1913. Il dessina en effet un recueil de Camille Achard, intitulé « Le devoir social à l’école primaire », édité par la Librairie de la Pensée nouvelle et préfacé par Léopold Mabilleau, le président de la Fédération nationale de la Mutualité française (1902-1921). Mais c’est au sortir de la Première Guerre mondiale que ses dessins et bois gravés ont commencé à apparaître dans la presse militante.
Sans que l’on sache s’il était plus proche des libertaires ou des socialistes révolutionnaires qui entrèrent ensuite en communisme, ces dessins prouvent que Galbez était profondément pacifiste et antimilitariste. En effet, avec Victor Cyril, il élabora en 1919 un album de planches antimilitaristes (Les Crucifiés) sur la guerre. À ce titre, il fut poursuivi avec Cyril pour «  njure et diffamation envers l’armée » et se défendit en déclarant « qu’il n’avait eu qu’une pensée : inspirer la haine de la guerre et la pitié pour ses victimes. » Mobilisé pendant cinq ans, il expliqua au juge d’instruction qu’il avait aussi été deux fois blessés, deux fois cités, et qu’il pensait avoir « le droit d’exprimer sa pensée », « une fois démobilisé » (L’Oeuvre, 31 janvier 1920). Il fut alors défendu par Paul Vaillant-Couturier, Antonio Coen et Étienne Caen (Le Matin, 31 janvier 1920).
En septembre 1921, c’est avec un numéro des Crucifiés (numéro 5) sur les pogromes (dessiné avec Léon Sabatier et André Claudot, accompagné notamment de poèmes d’André Spire, qu’il continua de travailler pour cette collection de fascicules publiés par le groupe Clarté, dont il était peut-être aussi l’imprimeur.

On retrouve également la trace de cet engagement pacifiste dans les bois originaux de l’ouvrage de Raymond Hesse, (1884-1967, avocat, bibliophile et écrivain), Le Poilu pacifiste, publié en 1920 à L’Édition Avenir, qui avaient été bien reçus dans la presse, y compris la presse militante. C’est peut-être la renommée de cet ouvrage qui lui valut en 1920 de voir une de ses œuvres, une estampe intitulée "Le Pépère", acquise par l’État après « l’Exposition d’ensemble de la fédération française des artistes mobilisés ». En 1930, ce fut dans un petit cahier critique intitulé « Non ! » (édité sans doute à compte d’auteur), qu’il donna des conseils aux Allemands en appelant à « un idéal de justice » contre « la souffrance humaine » (L’Ami du peuple, jeudi 23 octobre 1930).

Il collabora aussi à Clarté et à L’Humanité (il illustra le roman de H. Kellerman, « Le Tunnel » qui parut en feuilleton à partir du 12 décembre 1920, avec la traduction de Victor Cyril (Cyril-Berger) et W. Klette).
Après 1921, son nom semble moins apparaître dans la presse militante et ses autres participations à des recueils publiés paraissent moins engagées. On peut citer ses bois gravés de 1922 pour Sur l’aile de la chimère d’Abel Rubi (avec une préface de Gustave Kahn), paru aux éditions de "La centaine", ou, dix ans plus tard, pour la pièce de Raymond Hesse, Ali Baba, ou le 41e voleur, une légende musulmane 1932. En 1925, il publia également un ouvrage daté de 1925 (réédité en 1927) sur l’Histoire de la Franc Maçonnerie, édité par Emile Nourry. Malgré tout, c’est avec les éditions Floréal qu’il collabora à l’ouvrage de Jean Petithuguenin sur Gil et son modèle.
Était-il apparenté au peintre Daniel Vierge (né Urrabieta Ortiz y Vierge en 1851 et mort en 1904 en France), comme le laisse entendre l’entrefilet de L’Oeuvre de 1920 (« Le dessinateur Vierge dit Antonio Galbez... ») ? Le recensement de 1901 pour la famille du peintre espagnol habitant alors au 29 de la rue Gutenberg à Boulogne-sur-Seine, fait en effet état de deux garçons de 6 et 12 ans dont les prénoms diffèrent.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article248818, notice GALBEZ Antonio (Antonio Urrabieta dit Gabiez ou Galbez), version mise en ligne le 11 juin 2022, dernière modification le 11 juin 2022.

Oeuvres :
- Camille Achard, Léopold Mabilleau (préface), Antonio Galbez (illustrations), Le devoir social enseigné à l’école primaire, Librairie de la Pensée nouvelle, 1913
- Léon-Gabriel Toraude , Docteur F. Helme dr (préface), A. Bonamy, A. Galbez et G. Grellet (illustrations), Les Galéniennes : fantaisies rimées en marge du Codex, Vigot frères, 1919.
- Victor Cyril (préface), Antonio Galbez (dessins), Les Crucifiés, (album de planches antimilitaristes), Editions Clarté, 1919.
- Herman Hesse, Antonio Galbez (bois originaux), Le Poilu pacifiste, L’Edition Avenir, 1920.
- Abel Rubi, Gustave Kahn (préface), Antonio Galbez (bois originaux), Sur l’aile de la chimère, Paris : "La centaine", 1922.
Jean Petithuguenin, Gil et son modèle, Ed. Floréal, 1923.
- Albert Lantoine, Antonio Galbez (bois originaux), Histoire de la franç-maçonnerie française. La Franc-maçonnerie chez elle, 1925 (réédition 1927), Emile Nourry
- Raymond Hesse, Antonio Galbez (bois originaux), Ali Baba ou le 41e voleur : légende musulmane en un acte, et en prose rythmée, 1932.
- Charles Baudelaire, Antonio Galbez (bois originaux), Florilèges « Fleurs du mal » et les pièces condamnées, Éditions Nîmoises, 1964.

SOURCES : L’Oeuvre, Le Libertaire, Le Rappel, Le Matin, Clarté, Les Crucifiés (collection Michel Dixmier), L’Humanité, AN, F21 4378 et F21 4310, Archives départementales des Yvelines, Recensement 1901- Boulogne-Billancourt.

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