LEMAIRE Albertine Aline Colette épouse ROBIN

Par Daniel Grason

Née le 28 mars 1909 à Montlouet arrondissement de Chartres (Eure-et-Loir), morte le 7 février 1999 à Villenave-d’Ornon arrondissement de Bordeaux (Gironde) ; secrétaire dactylo ; internée.

Fille d’Aline Vassort, Colette Lemaire était titulaire du Certificat d’études, elle exerça dès 1933 sa profession de secrétaire dactylo au syndicat des chauffeurs de taxi. Elle adhéra au Parti communiste en 1939.
La police l’interpella le 27 mars 1940 en raison de son appartenance au Parti communiste. Internée au camp de Saint-Germain les Belles, en Haute-Vienne, elle s’évada. De ce fait, elle était connue de la police.
Mariée sans enfant, séparé de son mari elle vivait avec Léon Depollier au 25, rue Buffon à Paris (Ve arr.). Des inspecteurs de la BS1 des Renseignements généraux l’appréhendèrent alors qu’elle entrait dans le logement. Un inspecteur saisissait dans son sac à main une fausse carte d’identité au nom de Charvoz née Fleury.
Emmenée dans les locaux des Brigades spéciales à la préfecture de police, elle y fut interrogée. Colette Lemaire parla sans contrainte, elle déclara que son ami Léon Depollier considérait que le décret du 22 septembre 1940 interdisant le parti communiste était illégal. Elle déclara : « Il est parvenu à assurer le fonctionnement clandestin de son organisation, il a édité lui-même, une feuille périodique clandestine intitulée Le Réveil des Cochers Chauffeurs de la Seine. »
Selon Colette Lemaire, Léon Depollier accepta « la responsabilité de l’impression de La Vie ouvrière clandestine. Les tirages de ces tracts faits à son propre domicile, 32, rue Notre-Dame de Nazareth, à l’aide d’une machine à ronéotyper. » Il assuma ce travail jusqu’à son interpellation.
Colette Lemaire était chargée de l’approvisionnement en papier et en encre, ils n’étaient pas « appointés régulièrement », mais « périodiquement » Léon Depollier recevait « des fonds assez importants sur lesquels il prélevait son salaire et le mien, ainsi que nos frais. »
Incarcérée à la Roquette, le 12 juin 1940 Colette Lemaire était évacuée avec d’autres détenues vers Orléans. Puis par étapes jusqu’au camp de Saint-Germain-les-Belles. Elle quitta ce camp non gardé le 19 septembre 1940. Elle était à Paris huit jours plus tard. Elle alla à son domicile y prenait de l’argent, elle logea dans un hôtel jusqu’au 1er décembre 1940. Puis, elle s’installa au 25 rue Buffon logement loué par sa mère, celle-ci propriétaire d’un chien devant quitter les lieux, les chiens y étaient interdits. Un mois après Léon Depollier venait la rejoindre.
Sur deux cahiers saisis étaient portés les noms d’emprisonnés et déportés politiques. Les policiers voulaient savoir si elle avait participé à l’établissement de ces listes. Elle répondit qu’il s’agissait d’un « simple travail de secrétariat. »
Lors d’une confrontation avec Léon Depollier, elle assuma ce qui concernait l’achat de cordes et de clés passe-partout, elle déclara « Tous ces instruments ont été achetés directement par moi dans le but que se proposait mon organisation, l’évasion des camps et des prisons. » Albertine Lemaire fut internée.
Elle mourut le 7 février 1999 à deux mois de ses 90 ans à Villenave-d’Ornon près de Bordeaux en Gironde.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article248850, notice LEMAIRE Albertine Aline Colette épouse ROBIN par Daniel Grason, version mise en ligne le 12 juin 2022, dernière modification le 12 juin 2022.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. GB 72 (dossier Léon Depollier), 77 W 1339-291692.

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