HOUELLE Michel

Par Jean-Christophe Perignon

Né le 9 août 1933 à Beyrouth (Liban), mort le 18 avril 1987 à Talant (Côte-d’Or) ; Ingénieur au CEA ; syndicaliste CFDT, militant SFIO puis PS ; Maire puis Conseiller municipal de Talant (1977-1987), Conseiller régional de Bourgogne (1986-1987).

Michel Houelle, au cours de son mandat de maire
Michel Houelle, au cours de son mandat de maire

Michel Houëlle naquit à Beyrouth le 9 aout 1933, d’une mère libanaise, Yamine Rocha, et d’un père martiniquais, Stanislas-René Houëlle, engagé dans l’armée française, et muté au Liban en 1932, alors que ce pays constituait encore un protectorat français. Il fut l’ainé d’une fratrie de deux enfants.
Ses parents s’installèrent à Marseille en 1938, où son père fut embauché au centre de maintenance des armées, avec le grade de brigadier-chef et le métier d’ouvrier à bois. Après la Seconde guerre mondiale, la famille rejoignit en 1946 Fort-de-France en Martinique, département d’origine de son père. Michel y accomplit ses années de lycée, et y obtint brillamment le baccalauréat.
En 1953, avec un aller simple, il rejoignit la métropole pour y entreprendre des études supérieures de sciences, comme étudiant boursier à la faculté de Montpellier (Hérault).
C’est là en 1954, qu’il rencontra sa première épouse, Céline Renée Epiter avec qui il eut deux filles, Angèle et Mylène.
Il obtient en 1956 un diplôme d’études universitaires générales (DEUG) de sciences (mathématiques, physique, chimie).
Il suivit son épouse, institutrice, à Pellerey (Côte-d’Or) puis à Dijon (Côte-d’Or). Il fréquenta de 1957 à 1958 la faculté de Dijon où il décrocha une licence de physique puis de physique-chimie. En 1963, après son divorce, , il vécut, avec sa nouvelle épouse Lucette Thouviot, à Talant et eut un fils, Alexandre.

Il commença sa carrière professionnelle en tant que professeur de physique-chimie en lycée pendant deux ans. C’est en 1961 qu’il intégra le Commissariat à l’Énergie Atomique (CEA). Il travailla d’abord à Saclay (Seine-et-Oise, Essonne) pendant 5 ans, puis comme ingénieur, au centre de recherche nucléaire de Valduc (Côte-d’Or) où il occupa, à partir de 1981, la fonction d’adjoint au chef de service d’une installation de radioprotection et de sureté nucléaire. Suite à des divergences avec son chef de service, il fut muté dans un service technique de la Direction des Applications Militaires.
Du fait des activités de cette entreprise, les syndicats ne furent autorisés au sein du CEA qu’à partir de 1968. La CFDT fut la première organisation à s’implanter. Michel Houëlle y adhéra en 1969 participa aux réunions de la section syndicale, mais, du fait de ses responsabilités professionnelles, il n’exerça aucun mandat syndical.

Dès 1954 à l’âge de 21 ans, il adhéra à la SFIO sans pour autant y militer, puis adhéra à la section du Parti socialiste de Talant en 1975. En 1977, il se présenta aux élections municipales de Talant sur une liste de gauche « Talant Demain » soutenue par le Parti socialiste, le Parti communiste français et le Parti socialiste unifié. Cette liste l’emporta au deuxième tour avec treize élus sur vingt-trois. Il fut élu maire. Il rejoignit le courant Rocard et fut membre de la commission exécutive fédérale du Parti socialiste de Côte d’Or.
Au cours de son mandat en tant que maire de Talant, il œuvra pendant six années, avec son équipe municipale, pour équiper et humaniser une ville en pleine évolution démographique passant d’un peu plus de quatre mille habitants en 1975, à plus de onze mille en 1982, soit une très forte augmentation d’environ 260%, et il s’investit particulièrement pour la sauvegarde de l’environnement avec l’arrêt de l’urbanisation sur la zone dite du Balcon, devenu parc de la Fontaine aux Fées, au pied de la butte de Talant.
Son action porta aussi sur la réduction de la densité du quartier du Belvédère, sur les économies d’énergie par l’introduction de l’habitat solaire et par l’incitation à l’habitat bioclimatique. Il offrit à l’art une place dans la cité, musée dans la rue, lieu d’exposition. Enfin, il fit construire pour la ville de nouveaux équipements sportifs, gymnase bioclimatique Marie-Thérèse Eyquem, cours de tennis au sein de plusieurs quartiers. Passionné de jazz, il fit donner le nom de Boris Vian au collège de la ville.
Membre du district de l’agglomération dijonnaise, il siégea au bureau de cette institution de 1977 à 1983 et à la commission « Dijon-Talant ».
Aux élections municipales du 6 mars 1983, sa liste « Talant demain » fut battue, il siégea néanmoins dans l’opposition comme conseiller municipal.
En 1986, il fut élu conseiller régional de Bourgogne sur la liste du Parti socialiste, il y siégea en tant que membre de la commission « transports ».
Il décéda subitement à Talant le 18 avril 1987.
En 2012, la ville de Talant lui rendit hommage en donnant son nom à une allée traversant le square Allende dans le quartier du Belvédère.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article248851, notice HOUELLE Michel par Jean-Christophe Perignon, version mise en ligne le 14 juin 2022, dernière modification le 14 juin 2022.

Par Jean-Christophe Perignon

Michel Houelle, au cours de son mandat de maire
Michel Houelle, au cours de son mandat de maire

SPURCES : Articles de presse publiés dans Les Dépêches, Le Bien Public. – Entretiens avec son épouse Lucette et ses enfants Angèle, Mylène et Alexandre. – Association bourguignonne des Amis du Maitron

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