CHAÏB Marc, Claude, Absselem

Par André Delestre

Né le 1er octobre 1952 à Sotteville-Lès-Rouen (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) ; cheminot, employé du Sernam ; syndicaliste CGT, élu au CHSCT national du Sernam, membre de la CE du syndicat CGT des cheminots de Rouen ; militant communiste.

Le père de Marc Chaïb, syndiqué à la CFTC, travaillait aux Hauts-Fourneaux de Grand-Quevilly (Seine-Maritime). Pendant la guerre, il côtoya des membres du maquis de Barneville, jeunes ouvriers quevillais, membres des réseaux FTP, qui organisèrent des actions de résistance de la région rouennaise. Lors des réunions de famille, il n’évoquait pas cette période de façon précise, toutefois, à la Libération, il rejoignit la CGT. À la maison, des revues communistes, dont l’Humanité, étaient présentes. La mère de Marc Chaïb, catholique, était coiffeuse dans un salon situé prés de l’école Pasteur à Grand-Quevilly. Avec ses trois frères et deux sœurs, la famille habitait dans la cité 7 des Hauts-Fourneaux.

Marc Chaïb fut scolarisé au collège Charles Péguy de Rouen (Seine-Maritime). Au terme de sa formation initiale, il obtint un CAP de serrurerie et un CAP de dessinateur industriel. Il fut ensuite embauché par l’entreprise Anorel, pendant six mois, puis chez ONET, pendant huit mois, avant d’entrer au Service national des messageries (Sernam), entité de la SNCF en charge du transport des bagages et colis. Il fut engagé à l’agence de Rouen-Rive gauche en mars 1971. Ce fut dans cette agence qu’il rencontra sa future épouse, Annie Viaud. Née le 29 août 1953, ancienne employée des PTT, elle fut embauchée au Sernam en 1974. Militante de la CGT, elle exerça le mandat de délégué du personnel et anima la sous-commission des activités sociales pour le comité d’entreprise régional SNCF de Normandie.

Au plan syndical, outre ses mandats de délégué du personnel, Marc Chaïb fut secrétaire du CHSCT de l’agence Rouen-Rive gauche du SERNAM dès sa mise en place en 1984. Il fut également représentant au CHSCT et au conseil de discipline national du SERNAM. Ses fonctions de représentation des cheminots furent souvent menées en compagnie de Roger Lederff, issu de la même agence normande, responsable national du collectif SERNAM pour la fédération CGT des cheminots et secrétaire général du syndicat de Rouen (Seine-Maritime). S’il fut investi de nombreuses responsabilités, comme celle de membre de la Commission exécutive du syndicat CGT des cheminots de Rouen, Marc Chaïb n’en demeura pas moins soucieux de garder sa liberté de parole. Fort d’un esprit frondeur, rebelle, voire « anar », il ne voulut jamais se trouver enfermer dans la structure militante.

En 1986, lors du grand mouvement social des cheminots, Marc Chaïb vécut intensément la grève totale décidée par les agents de l’agence du SERNAM de Rouen (Seine-Maritime). Celle-ci dura près de 3 semaines et fut suivie par 90% des 140 agents affectés, dont les deux tiers étaient syndiqués à la CGT, au sein de l’agence. Cette mobilisation s’opposait aux objectifs du contrat de plan signé entre la SNCF et l’État qui prévoyait, entre autres, les licenciements de contractuels, la mise à la réforme de cheminots, un plan de départs volontaires, etc. La longue grève menée par les cheminots fit reculer la direction.

Pour autant, les cheminots des messageries durent affronter de profondes transformations quelques décennies plus tard. En 2000, les conséquences des choix financiers de l’État vis-à-vis de la SNCF aboutirent à la disparition du SERNAM. Au démantèlement de l’agence rouennaise, Marc Chaïb fut reclassé à l’établissement Exploitation de Rouen-Rive droite. Néanmoins, son nouvel établissement fut rapidement considéré comme excédentaire en personnels, raison pour laquelle Marc Chaïb négocia son départ en retraite au 1er octobre 2005. Son épouse, quant à elle reclassée à l’Unité de Production Traction en gare de Rouen-Rive droite, partit en retraite en 2008. Ils militèrent tous deux à la section des retraités CGT de Rouen (Seine-Maritime).

Membre du PCF de 1972 à 1981, au sein de la cellule des cheminots de Rouen, Marc Chaïb déchira sa carte lors de l’intervention soviétique en Afghanistan, accompagnant Marcel Lemoine et Francis Grellet dans la protestation. Il reprit sa carte en 1997.
Par ailleurs, il fut membre de l’Association républicaine des anciens combattants (ARAC), en mémoire de son père.

Avec son épouse, ils eurent deux filles et six petits enfants.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article248932, notice CHAÏB Marc, Claude, Absselem par André Delestre, version mise en ligne le 27 septembre 2022, dernière modification le 27 septembre 2022.

Par André Delestre

SOURCE : Entretien avec André Delestre.

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