VALLÉE Bernard, Marcel, Victor

Par Madeleine Peytavin

Né le 26 mai 1937 au Mans (Sarthe), mort le 28 mai 1993 à Paris (XIIe arr.) ; cheminot ; syndicaliste CGT, membre de la Commission exécutive de l’UFCM de la Fédération CGT des cheminots (1979-1982) ; militant communiste ; dirigeant sportif.

Le père de Bernard Vallée était boulanger à Savigny-sur-Orge (Essonne). La fratrie était composée de deux fils dont Bernard était l’aîné.

Après l’obtention du BEPC, Bernard Vallée entra en formation au Service électrique et signalisation (SES) dans une école SNCF de Toulouse (Haute-Garonne) pour préparer le diplôme de monteur électricien. Sorti major de promotion, il exerça successivement les fonctions de surveillant du service électrique puis de dessinateur dans la région de Paris-Sud-Ouest.

Entre 1962 et 1963, il s’engagea comme coopérant en signalisation en Algérie. À son retour en France, il se maria avec Odette d’Andrea, fille d’immigrés italiens. Le couple eut deux enfants : Fabrice et Stéphane.

En 1971, il intégra la région SNCF de Paris Saint-Lazare. Après avoir présenté sa candidature à l’Ecole des cadres du service Equipement, il devint instructeur dans le centre de formation de Nanterre (Hauts-de-Seine) en 1979.

À Paris Sud-Ouest, adhérent du PCF, Bernard Vallée s’inscrivit aux cours de l’Université Nouvelle. Il se fit remarquer en animant des weekends d’études d’économie politique au sein de la section des cheminots communistes d’Austerlitz (1968). À Saint-Lazare, il affichait chaque matin, dans les couloirs des bureaux d’études, la Une du journal l’Humanité. Acte revendicatif qui n’était pas du goût de tous les cheminots ni de la direction.

À la fin des années 1950, Bernard Vallée fut responsable du groupe technique des dessinateurs industriels, responsable régional à Paris Sud-Ouest. En 1972, il prit la responsabilité du groupe UFCM de Paris Saint-Lazare. En 1979, à l’occasion du deuxième congrès de l’UFCM à Lorient (Morbihan), il représenta le syndicat de Paris-Banlieue (Secteur PSL) et fut élu membre de la commission exécutive de l’UFCM. Lors du troisième congrès de l’UFCM (1982), il intervint sur la question des associations et la gestion des activités sociales en invitant la CGT à prendre des responsabilités dans ces structures et à « mettre fin à un désintéressement chronique » vis-à-vis de ces activités.

Devenu instructeur à Nanterre (Hauts-de-Seine), il lui fut plus difficile de participer à l’activité de l’UFCM. L’instructeur n’étant pas remplacé en cas d’absence.
En 1981, le changement de statut de la SNCF conduisit Bernard à investir les questions de la gestion du Comité central d’entreprise. Détaché pour s’occuper de ces questions, il réintégra la SNCF en juillet 1986.

Passionné par les échecs, qu’il pratiqua en compétition, Bernard Vallée fut un animateur infatigable de l’Association sportive des cheminots des Batignolles, près de Paris Saint-Lazare. Durant les années 1970, il milita pour que la direction SNCF et son Union sportive des cheminots de France, considère les échecs comme une activité sportive et non comme activité artistique et intellectuelle. Il parvint à convaincre les représentants du personnel et défendit l’idée que les joueurs d’échec puissent recevoir les mêmes récompenses que les autres sportifs. Commencé en 1976, ce combat n’aboutit qu’en 1987. Ce qu’il rappela au moment de quitter la commission échecs de l’Union sportive des cheminots de France (USCF). Sur le plan national, cette reconnaissance n’eut lieu qu’en 2000, lorsque Marie-Georges Buffet, ministre de la Jeunesse et des Sports, reconnut les échecs comme activité sportive.

En 1986, le transfert des activités sociales aux représentants élus du personnel modifia l’organisation de l’USCF et l’obligea à se fixer de nouveaux objectifs. Bernard Vallée, porté par la confiance de ses camarades, fut proposé à la direction du Comité Ile-de-France dont il devint secrétaire général en 1988. En 1992, il fut chargé de piloter le tournoi international d’échecs de l’USCF qui réunit 21 pays et 10 grands maîtres. Toutefois, au cours des préparations, Bernard Vallée tomba malade. Il décéda un an plus tard à quelques mois de prendre sa retraite. En son hommage, son nom fut donné à l’une des salles du complexe sportif des Batignolles et au concours d’échecs de l’USCF qui, à compter de 1995, fut dénommé « challenge Robert Crépeaux-Bernard Vallée ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article248977, notice VALLÉE Bernard, Marcel, Victor par Madeleine Peytavin, version mise en ligne le 27 septembre 2022, dernière modification le 22 septembre 2022.

Par Madeleine Peytavin

SOURCES : Arch. IHS-CGT de la Fédération des cheminots. — Arch. CCGPF SNCF. — Arch. de l’USCF. — Témoignages de l’épouse de Bernard Vallée, de Christian Beaumanoir, Pierre Gadet, Alain Guyot, Bernard Laizé et Lucien Lecanu, recueillis en 2021.

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